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Pour les jeunes lecteurs
Imagine un livre composé surtout de conversations : un maître rend visite à des rois, discute avec des adversaires très malins et répond aux questions de ses élèves. Ce livre, c’est le Mengzi. Il porte le nom de son personnage principal, maître Meng, que les Européens ont plus tard appelé « Mencius ». Il vivait en Chine il y a plus de 2 300 ans, à une époque où beaucoup de royaumes se faisaient la guerre.
Le livre a sept parties, et chaque partie est coupée en deux moitiés : cela fait quatorze sections en tout. Chaque section contient beaucoup de petits textes : certains sont de longs débats, d’autres ne font qu’une ou deux phrases, comme un proverbe.
Maître Meng adorait les comparaisons. Pour montrer que tout le monde a bon cœur, il demandait : que ressentirais-tu si tu voyais tout à coup un petit enfant ramper vers un puits ? Tu aurais peur pour lui et tu voudrais l’aider, sans même penser à une récompense. Ce sentiment qui apparaît tout de suite, disait-il, est comme une graine de bonté qui pousse si l’on en prend soin.
Il racontait aussi l’histoire d’une colline autrefois couverte d’arbres. Les gens ont coupé les arbres et laissé les vaches et les moutons manger chaque nouvelle pousse, si bien que la colline est devenue toute nue. Les visiteurs croyaient qu’elle n’avait jamais eu d’arbres. Maître Meng disait que les gens sont comme cette colline : quand quelqu’un semble méchant, sa bonté a peut-être été abîmée, comme les arbres de la colline ; cela ne veut pas dire qu’il n’en avait pas au départ.
Certaines de ses idées rendaient les rois nerveux. Il disait que le peuple compte plus que le souverain, et qu’un roi cruel n’est pas un vrai roi. Bien des siècles plus tard, un empereur de Chine s’est tellement fâché qu’il a fait retirer du livre des dizaines de passages. Mais le livre complet est revenu, et pendant des centaines d’années, les élèves de Chine, de Corée et du Japon l’ont lu avec attention, ligne après ligne.
En bref
- Quoi
- Un recueil de dialogues, de débats, d’anecdotes et de courtes maximes centré sur le penseur confucéen Meng Ke (Mencius)
- Langue
- Chinois classique
- Structure
- 7 livres, chacun divisé en deux parties (A et B) ; Zhao Qi a compté 261 chapitres et 34 685 caractères
- Compilation
- Fin du IVe au début du IIIe siècle av. J.-C., par Mencius et ses disciples selon Sima Qian ; beaucoup de chercheurs pensent que les disciples l’ont achevé après sa mort
- Cadre
- Les dialogues se déroulent dans des cours comme Liang (Wei), Qi et Teng ; on ignore où le livre fut compilé, et la tradition l’associe à Zou, la région natale de Mencius (autour de l’actuelle Zoucheng, Shandong)
- Plus ancien commentaire
- Zhao Qi (mort en 201 apr. J.-C.), dont l’édition est l’ancêtre de tous les textes conservés
- Textes perdus
- Un catalogue des Han recense 11 sections ; Zhao Qi rejeta quatre « livres extérieurs » comme des imitations tardives, et ils sont perdus
- Statut canonique
- L’un des Quatre Livres de Zhu Xi (imprimés ensemble en 1190) ; programme des examens en Chine depuis le décret des Yuan de 1313 (premiers examens en 1315) jusqu’en 1905
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Qu’est-ce que le Mengzi ?
Le Mengzi (« maître Meng »), qu’on appelle aussi le Mencius, est un livre de conversations, d’arguments et de courtes maximes centré sur le penseur chinois Meng Ke, qui enseigna dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C., pendant la période des Royaumes combattants. On l’y voit conseiller des rois et des ducs, discuter avec des penseurs rivaux et répondre aux questions de ses élèves. Avec les Entretiens de Confucius, il devint l’un des deux livres les plus importants de la tradition confucéenne.
L’ouvrage se compose de sept livres (pian), chacun divisé en une première et une seconde partie, soit quatorze parties en tout. Zhao Qi, le lettré du IIe siècle dont l’édition est à l’origine de toutes les copies dont nous disposons, a compté 261 chapitres et 34 685 caractères. Les lecteurs modernes citent un passage par livre, partie et chapitre : « 2A6 » signifie livre 2, première partie, chapitre 6.
La plupart des sept livres tirent leur titre d’un personnage présenté tout au début : le roi Hui de Liang, Gongsun Chou, le duc Wen de Teng, Wan Zhang et Gaozi. Deux ont plutôt pour titre leurs premiers mots : « Li Lou », nom d’un homme légendaire à la vue perçante, et « Jin xin », « Épuiser son cœur ». Comme dans les Entretiens, les titres sont des repères pour s’orienter, non des résumés du contenu.
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Visite guidée des sept livres
Le livre 1, « Le roi Hui de Liang », suit Mencius de cour en cour. C’est le livre le plus homogène, et on le lit d’ordinaire comme une série à peu près chronologique de scènes de sa carrière de conseiller itinérant. Il s’ouvre sur le roi qui demande quel profit Mencius apportera à son État, et comprend la rencontre avec le roi Xuan de Qi à propos d’un bœuf destiné au sacrifice (1A7) ainsi que la question de savoir s’il est permis de tuer les tyrans (1B8).
Le livre 2, « Gongsun Chou », s’organise autour de conversations avec un disciple sur la culture de soi, dont le « qi débordant », le paysan qui tirait ses pousses vers le haut et l’enfant au bord du puits (2A6) ; sa seconde partie raconte les années difficiles de Mencius à Qi. Le livre 3, « Le duc Wen de Teng », donne à un petit État des conseils pratiques sur la terre et les impôts (3A3), rapporte un débat avec des disciples de l’agrarien Xu Xing (3A4) et contient la défense de Mencius contre l’accusation d’aimer la controverse (3B9).
Le livre 4, « Li Lou », se compose surtout de courtes maximes sans contexte. Lorsqu’un contexte apparaît, c’est Qi ; le traducteur Robert Eno suggère donc qu’il pourrait rassembler des enseignements notés pendant que Mencius conseillait le roi Xuan, vers 315–313 av. J.-C. Le livre 5, « Wan Zhang », répond à des questions sur les anciens rois sages Yao et Shun : comment le trône passa d’un souverain à l’autre, comment le Ciel « voit » à travers le peuple (5A5) et comment lire les poèmes anciens (5A4).
Le livre 6, « Gaozi », est célèbre pour sa première partie, presque entièrement consacrée à la nature humaine ; la seconde mêle dialogues et maximes. Le livre 7, « Épuiser son cœur », réunit surtout de courts aphorismes sur le cœur, la nature, le Ciel et le gouvernement, parmi lesquels la maxime selon laquelle le peuple est ce qui compte le plus (7B14).
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Passages célèbres (1) : l’enfant au bord du puits, Gaozi et le mont Niu
Le passage le plus connu aujourd’hui est une expérience de pensée (2A6) : « Supposons que quelqu’un voie soudain un petit enfant sur le point de tomber dans un puits : n’importe qui éprouverait de l’effroi et de la détresse. » Mencius écarte ensuite, un par un, trois motifs possibles : ce sentiment ne vient ni du désir de gagner la faveur des parents, ni de l’envie d’être loué par les voisins, ni du déplaisir causé par les cris de l’enfant. À partir de ce seul cas, il fait un pas audacieux : celui qui n’a pas un tel cœur n’est pas humain, et chacun possède quatre « germes » (duan) de ce genre, ceux de la bienveillance, de la droiture, de la bienséance rituelle et de la sagesse, tout comme il possède quatre membres. Le passage se termine sur une image de croissance : les germes sont comme un feu qui commence à prendre ou une source qui commence à jaillir, et s’ils sont « pleinement développés », ils suffisent à protéger tous ceux qui vivent entre les quatre mers.
Le livre 6A conserve un débat avec Gaozi. Gaozi dit : « La nature humaine est comme le bois de saule ; la droiture est comme les coupes et les bols. » Mencius demande si l’on peut tailler des coupes sans faire violence au saule, laissant entendre que la thèse de Gaozi fait de la morale une atteinte à l’être humain. Gaozi essaie une autre image — la nature est comme l’eau qui tourbillonne et s’écoule vers l’est ou vers l’ouest selon l’endroit où l’on ouvre un canal — et Mencius la retourne : l’eau est certes indifférente à l’est et à l’ouest, mais elle ne l’est pas au haut et au bas. « La tendance de la nature humaine au bien est comme la tendance de l’eau à descendre. » Eno fait remarquer que ces premiers échanges mettent à l’épreuve les métaphores de l’adversaire plus que la thèse elle-même, et qu’ils ont peut-être été conservés comme modèles pour des disciples qui apprenaient à débattre.
En 6A6, un élève, Gongduzi, énumère trois opinions rivales qui circulaient : que la nature n’est ni bonne ni mauvaise ; qu’elle peut être rendue bonne ou mauvaise ; et que certaines personnes sont bonnes par nature et d’autres non. Mencius répond avec prudence : quant à ses dispositions véritables, la nature humaine peut devenir bonne, et c’est ce qu’il veut dire en la disant bonne ; quand les gens agissent mal, ce n’est pas la faute de leurs dispositions innées. Dans le texte reçu, la formule « la nature humaine est bonne » (xing shan) n’apparaît que dans un résumé du narrateur (3A1) et dans la question de Gongduzi.
Le passage du mont Niu (le « mont du Bœuf », 6A8) explique pourquoi les gens semblent si souvent mauvais. La montagne proche d’une grande ville portait autrefois de beaux arbres ; les haches les ont abattus, et les pousses que faisaient naître la pluie, la rosée et le repos de la nuit ont été mangées par les bœufs et les moutons. En la voyant nue, les gens croient qu’elle n’a jamais porté de bois — « est-ce là la nature de la montagne ? » De la même manière, le calme « souffle de l’aube », moment où ce qu’une personne aime et rejette est proche de ce que ressentent tous les autres, est détruit par ce qu’elle fait pendant la journée. Mencius conclut : « Nourrie, aucune chose ne manque de croître ; privée de nourriture, aucune ne manque de dépérir. » La mauvaise conduite est la preuve d’un dommage, non d’une mauvaise nature.
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Passages célèbres (2) : les tyrans, le peuple et les champs en forme de puits
En 1B8, le roi Xuan de Qi demande s’il est vrai que les fondateurs des dynasties Shang et Zhou renversèrent les derniers rois des dynasties précédentes, et si un sujet peut tuer son souverain. Mencius répond en redéfinissant les noms : celui qui viole la bienveillance est un « brigand », celui qui viole la droiture est un « scélérat », et un tel homme n’est qu’« un simple individu ». « J’ai entendu parler de l’exécution d’un simple individu nommé Zhòu ; je n’ai pas entendu parler du meurtre d’un souverain. » L’argument ne dit pas que la rébellion est tout simplement permise ; il dit qu’un souverain cesse d’en être un par sa propre conduite. Fait remarquable, aucun texte conservé de la dynastie Han ne cite ce passage, devenu plus tard l’un des plus célèbres du livre.
En 7B14, Mencius dit : « Le peuple est ce qui compte le plus, les autels du sol et des grains viennent ensuite, et le souverain compte le moins. » La suite du chapitre est moins souvent citée. Gagner le cœur des gens du commun fait d’un homme le Fils du Ciel ; un seigneur féodal qui met les autels en danger est remplacé ; et même les autels sont remplacés si la sécheresse ou l’inondation surviennent malgré des sacrifices corrects. Lu ainsi, le passage classe ce qui peut être remplacé : les souverains, et même les autels, peuvent être changés, tandis que rien n’est dit d’un remplacement du peuple. Ailleurs (5A5), Mencius cite un document ancien selon lequel le Ciel voit comme voit le peuple et entend comme entend le peuple.
En 3A3, le duc Wen de Teng demande comment gouverner. Mencius commence par les moyens de subsistance : ceux qui ont des moyens de subsistance stables gardent un cœur constant, et punir ceux que la pauvreté pousse au crime, c’est tendre un piège au peuple. Il esquisse ensuite le système des champs en forme de puits (jingtian) : « Un li carré forme un “puits” de neuf cents mu ; la parcelle du milieu est le champ public. » Huit familles cultivent chacune cent mu à titre privé et travaillent ensemble le champ public, en terminant d’abord le travail commun. On discute pour savoir si un tel système a jamais existé : certains récits en font une institution des premiers Zhou, tandis qu’Eno écrit que peu d’historiens croient qu’il ait jamais été mis en pratique et qu’il servit surtout de modèle idéal.
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Rhétorique et forme dialoguée
Zhao Qi observait déjà que Mencius « excellait dans les analogies », et que ses paroles n’étaient pas véhémentes, mais que leur sens était clair. Le livre en regorge : le soldat qui avait fui de cinquante pas et se moquait de celui qui avait fui de cent (1A3) ; grimper à un arbre pour y chercher des poissons (1A7) ; le paysan de Song qui tirait ses pousses vers le haut pour les aider à grandir (2A2) ; l’homme qui volait un poulet par jour et promit de se limiter à un par mois (3B8) ; l’homme de Qi qui se vantait auprès de sa femme et de sa concubine de dîners somptueux alors qu’en réalité il mendiait des restes sur les tombes (4B33). Beaucoup de ces images sont devenues des expressions courantes en chinois.
Les dialogues sont aussi des pièges. En 1B6, Mencius demande au roi Xuan ce qu’il faudrait faire d’un ami qui a négligé la famille qu’on lui avait confiée, puis d’un fonctionnaire incapable de tenir ses subordonnés ; le roi répond « rompre avec lui » et « le destituer ». Vient alors la troisième question : et si tout l’État est mal gouverné ? « Le roi regarda à gauche et à droite et parla d’autre chose. » C’est au lecteur de tirer la conclusion que le roi a esquivée.
Eno soutient que Mencius reprit l’outil favori des moïstes, l’argumentation raisonnée, pour les combattre, et il suggère que beaucoup de dialogues servaient aussi à entraîner les disciples à défendre l’enseignement confucéen contre les objections. Ses contemporains le jugeaient déjà exceptionnellement porté à la controverse. Quand un élève lui rapporte que l’on dit qu’il aime débattre, il répond (3B9) : « Est-ce que j’aime débattre ? Je n’ai tout simplement pas le choix », car il fallait résister aux enseignements de Yang Zhu et de Mozi.
Le livre a été façonné par ses compilateurs autant que par son héros. Un narrateur introduit les scènes, et certains passages se terminent par un commentaire du narrateur plutôt que par des paroles de Mencius (4B33 en est un exemple). Ses qualités littéraires en firent un modèle de la prose chinoise ancienne. L’un de ses principes de lecture devint célèbre à lui seul : pour interpréter un poème, il ne faut pas laisser les mots déformer la phrase ni la phrase déformer l’intention, mais « aller au-devant de l’intention avec son propre esprit » (5A4).
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D’un « livre de maître » à un classique des examens
Pendant mille ans, le Mengzi fut un livre respecté parmi beaucoup d’autres. Les auteurs Han le citaient quand cela leur était utile : dans la Dispute sur le sel et le fer (compte rendu d’un débat à la cour en 81 av. J.-C.), les adversaires des monopoles d’État invoquèrent sa conversation d’ouverture sur le profit et la droiture. Le philosophe Wang Chong (né en 27 apr. J.-C.) alla jusqu’à écrire un essai critiquant Mencius, sur un ton que les lettrés ultérieurs n’auraient pas osé employer. Zhao Qi et Liu Xi écrivirent des commentaires ; seul celui de Zhao a survécu.
Le statut du livre s’éleva à partir de la fin des Tang. Han Yu soutint que la vraie Voie était passée de Confucius à Mencius, puis s’était perdue. Sous les Song du Nord, le Mengzi fut admis dans le canon des classiques, et un sous-commentaire attribué à Sun Shi (962–1033) fut plus tard inclus dans les Treize Classiques avec commentaires. Zhu Xi (1130–1200) écrivit ses Commentaires réunis sur le Mengzi et, en 1190, l’imprima avec les Entretiens, la Grande Étude et le Juste Milieu : les Quatre Livres.
En 1313, l’empereur Renzong des Yuan décréta que les examens de recrutement des fonctionnaires, alors rétablis, reposeraient sur les Quatre Livres de Zhu Xi, et les premiers examens selon les nouvelles règles eurent lieu en 1315. Avec des interruptions et des changements, ce programme resta la base en Chine jusqu’à l’abolition des examens en 1905. Pendant six siècles, la plupart des hommes instruits découvrirent Mencius à travers le commentaire de Zhu Xi.
Le statut canonique ne mit pas le livre à l’abri. Le fondateur des Ming, Zhu Yuanzhang (l’empereur Hongwu), s’indigna en 1372 d’un passage disant qu’un souverain qui traite ses ministres comme de la boue sera traité par eux comme un ennemi. En 1394, le lettré Liu Sanwu et d’autres membres de l’Académie Hanlin produisirent le Mengzi jiewen (Mengzi abrégé), qui supprimait jusqu’à 85 passages, et les passages supprimés ne pouvaient pas être utilisés aux examens. Le texte complet fut officiellement rétabli en 1415, dans la Grande Somme sur les Quatre Livres, même si les passages sensibles restèrent rares dans les sujets d’examen.
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Pendant ce temps dans le monde : débattre de la nature et du pouvoir, en Chine et en Grèce
Le Mengzi consigne un débat vivant, et ce débat s’est poursuivi. En une ou deux générations vint la réponse du confucéen Xunzi (né vers 310 av. J.-C.). Le chapitre « La nature humaine est mauvaise » du Xunzi reçu, traditionnellement attribué à Xunzi (certains chercheurs pensent que le chapitre fut remanié plus tard), commence ainsi : « La nature humaine est mauvaise ; sa bonté vient de l’effort délibéré. » Il nomme Mencius à plusieurs reprises. Le bois tordu, dit-il, doit être passé à la vapeur et pressé dans un gabarit pour devenir droit ; de même, les gens ont besoin de maîtres, de rites et de lois. Si la nature était bonne, à quoi bon les rois sages et les rites ? Pourtant Xunzi dit aussi que « n’importe qui dans la rue peut devenir Yu », un roi sage, ce qui est proche de l’affirmation de Mencius selon laquelle n’importe qui peut devenir Yao ou Shun (6B2). Il s’agit d’un lien réel : le chapitre répond directement à l’enseignement de Mencius, qu’il cite nommément.
Presque exactement à la même époque, Aristote (384–322 av. J.-C.) enseignait à Athènes. Rien n’indique que l’une ou l’autre tradition ait connu l’autre ; ce qui suit est donc une comparaison, non une histoire de contacts. Les deux hommes vivaient dans des mondes d’États rivaux — les Royaumes combattants en Chine, les cités grecques face à la montée de la Macédoine — et tous deux se demandaient comment se forme un bon caractère et ce qui rend un pouvoir légitime.
Fait frappant, tous deux recoururent à l’image du mouvement naturel vers le bas, mais en tirèrent des conclusions opposées. Dans l’Éthique à Nicomaque (II, 1), Aristote soutient qu’une pierre, qui tombe par nature, ne peut être habituée à monter, même si on la lance en l’air dix mille fois ; ainsi les vertus « ne naissent en nous ni par nature ni contrairement à la nature : nous sommes naturellement aptes à les recevoir, et c’est par l’habitude que nous nous perfectionnons ». Mencius se sert de l’eau qui descend la pente pour dire que la bonté est la direction même de la nature humaine. Pourtant, les deux positions sont plus proches que ne le laissent croire les formules. Aristote admet une capacité naturelle qui demande l’habitude ; Mencius admet des germes qui demandent à être nourris et peuvent être détruits. La Stanford Encyclopedia relève des traits communs — la sagesse pratique comme capacité à répondre de façon adaptée aux situations, la formation du caractère plutôt que le recours à des règles — et une différence : Aristote valorise la contemplation théorique, que les confucéens ne prisaient pas pour elle-même.
En politique, la Politique d’Aristote (III, 7) distingue la royauté, gouvernement d’un seul pour l’avantage commun, de la tyrannie, gouvernement d’un seul pour son propre avantage. La réponse de Mencius en 1B8 applique un critère semblable : dans l’intérêt de qui le souverain gouverne-t-il ? Mais les cadres diffèrent. Mencius rattache la légitimité au Ciel, dont la volonté se manifeste dans l’adhésion du peuple, et ne conçoit pas que les citoyens puissent exercer les fonctions publiques à tour de rôle ; Aristote compte le gouvernement du grand nombre, dans de bonnes conditions, parmi les constitutions droites. Tous deux acceptaient de profondes hiérarchies : Aristote défendit l’esclavage par nature, et Mencius la division entre ceux qui travaillent avec leur esprit et gouvernent et ceux qui travaillent avec leur force physique et sont gouvernés (3A4).
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Réception en Corée, au Japon et au-delà
En Corée, le Mengzi arriva avec le confucianisme, mais selon l’Encyclopédie de la culture coréenne, il reçut relativement peu d’attention jusqu’à l’époque Joseon, quand la doctrine de Zhu Xi devint l’orthodoxie d’État et que la connaissance du livre devint indispensable aux lettrés. En 1590, l’Office royal de collation (Gyojeongcheong) publia le Maengja eonhae, qui imprime chaque passage en chinois suivi d’une traduction coréenne en hangul ; son orthographe en fait une source importante pour l’histoire de la langue coréenne.
Les lettrés coréens discutèrent aussi le livre sur le plan philosophique. Le débat des Quatre et des Sept, commencé dans une correspondance entre Yi Hwang et Gi Dae-seung, portait sur le rapport entre les quatre germes de 2A6 et les sept émotions du Livre des rites ; il ouvrit une série de controverses sur l’esprit et la nature humaine que les lettrés coréens poursuivirent pendant quelque deux cents ans. Dans son Maengja yoeui (Sens essentiels du Mengzi, 1814), Jeong Yak-yong soutint que la « nature » désigne une préférence ou une inclination plutôt qu’un principe fixe, critiquant la thèse néo-confucéenne selon laquelle la nature est principe.
Au Japon, Itō Jinsai (1627–1705) bâtit sa philosophie sur une lecture serrée des termes clés des Entretiens et du Mengzi, dans son Gomō jigi (Le sens des mots dans les Entretiens et le Mengzi), et tenta de lire Mencius sans le cadre de Zhu Xi. L’idée mencienne qu’un tyran peut être renversé était une question plus délicate ; selon la Stanford Encyclopedia, ces enseignements politiques circulèrent surtout au sein de l’élite dirigeante, même si leurs implications finirent par être plus largement connues.
En Europe, le jésuite François Noël inclut Mencius dans ses Six livres classiques de l’Empire chinois en latin (Prague, 1711), et James Legge publia en 1861 une traduction anglaise accompagnée du texte chinois. En Chine même, des critiques anticonfucéens du mouvement du 4 Mai 1919 attaquèrent Mencius comme le « deuxième patron de la boutique de Confucius », mais le livre reste un texte vivant pour les penseurs confucéens modernes et pour les philosophes du monde entier.
Avancé
Différents points de vue
Bonne ou mauvaise par nature ? Réduites à des slogans, les thèses de Mencius et de Xunzi se contredisent. Beaucoup de chercheurs soutiennent aujourd’hui que le désaccord est plus étroit : tous deux pensaient que n’importe qui peut devenir bon par un effort soutenu, et ils divergeaient sur l’origine des ressources — des germes intérieurs qu’il faut protéger (Mencius), ou des rites et des maîtres qui remodèlent des désirs indisciplinés (Xunzi). Même ainsi, la différence n’est pas mince : pour Mencius, les normes morales naissent de sentiments que tous les êtres humains partagent, tandis que pour Xunzi elles sont créées par les sages et doivent être apprises. Le débat ne fut jamais clos : le penseur Han Wang Chong, par exemple, estimait que la théorie de Mencius ne s’appliquait qu’aux personnes supérieures à la moyenne.
Un Mencius démocrate ? Certains philosophes modernes s’appuient sur des passages comme 7B14 et 5A5 : « A Mencian Version of Limited Democracy » (2008), de Bai Tongdong, s’en sert pour plaider, avec des réserves et dans une perspective confucéenne, en faveur d’institutions démocratiques. « A Right of Rebellion in the Mengzi? » (2008), de Justin Tiwald, se demande avec plus de prudence ce que le texte accorde réellement au peuple. Eno souligne qu’aucune idée de démocratie active n’existait dans la Chine ancienne : Mencius acceptait la royauté héréditaire, et son « populisme » revient à un droit théorique à la révolution, qui aurait signifié en pratique des aristocrates à la tête de roturiers mécontents. Les souverains prirent pourtant au sérieux le critère de légitimité du livre : les discussions sur le mandat du Ciel et le renversement des tyrans étaient déjà politiquement sensibles sous les Han, quand l’empereur Jing interrompit un débat de cour sur ce sujet, et le fondateur des Ming alla jusqu’à censurer le Mengzi lui-même en 1394.
Quelle est la fiabilité du texte ? Goldin souligne que l’édition de Zhao Qi a remplacé tout ce qui l’avait précédée, si bien que « nous ne savons presque rien » des versions antérieures. L’auteur Han Wang Chong décrit la position de Mencius en des termes absents du texte reçu — la nature humaine est entièrement bonne et devient mauvaise lorsque les choses extérieures la troublent —, et Goldin note qu’ils conservent peut-être une citation du chapitre « extérieur » perdu sur la bonté de la nature, sans que l’on puisse en être certain, faute de guillemets dans les textes chinois anciens. Xunzi attribue de même à Mencius une phrase sur ceux qui apprennent et leur bonne nature qui ne figure pas dans notre texte. Goldin signale aussi l’hypothèse du sinologue Van Ess selon laquelle l’affirmation de 3B9, d’après laquelle Confucius aurait écrit les Annales des Printemps et Automnes, pourrait être une interpolation tardive. Contre un scepticisme radical, Eno fait valoir que le portrait cohérent, et souvent peu flatteur, de Mencius que présente le livre est difficile à expliquer s’il n’a pas été peint d’après nature par des gens qui le connaissaient.
De quel Mencius parlons-nous ? L’étude de Goldin sur les citations Han constate que des passages aujourd’hui jugés typiquement menciens — l’enfant au bord du puits (2A6), le tyran comme « simple individu » (1B8), la belle-sœur qui se noie (4A17) et la « connaissance innée » (7A15) — ne sont jamais cités dans les textes Han conservés, alors que l’entretien d’ouverture avec le roi Hui l’est sans cesse. Il prévient que le silence est un indice fragile, mais conclut que les lectures modernes restent profondément marquées par le néo-confucianisme.
Avancé
Indices et méthode : lire à travers les commentaires
Le commentaire de Zhao Qi est à la fois indispensable et invérifiable. C’est le plus ancien guide sur l’identité de nombreux personnages secondaires du livre, et les commentateurs ultérieurs en dépendent largement ; mais il fut écrit quelque quatre siècles après Mencius, et beaucoup de ses identifications ne reposent sur aucun indice indépendant. Eno rappelle donc aux lecteurs que, dans chaque cas particulier, nous ne pouvons pas déterminer avec certitude à quel point les informations de Zhao étaient fiables. Zhao expliqua aussi l’ordre des sept livres comme une progression délibérée : de la bienveillance et de la droiture présentées à un roi, en passant par leur application, le rite et la piété filiale, jusqu’à la nature humaine et enfin à « épuiser son cœur » pour s’accorder au Ciel. On ne peut pas prouver que les compilateurs aient vraiment conçu une telle séquence.
Les commentaires ultérieurs lisent les mêmes mots de façons différentes. Zhu Xi lut le Mengzi de manière philosophique, en termes de principe (li) et de nature reçue du Ciel. Les lettrés Qing de l’école de la recherche fondée sur les preuves (kaozheng) réagirent contre cette lecture : Dai Zhen (1724–1777) soutint que les néo-confucéens avaient mal compris les termes clés de Mencius, et Jiao Xun (1763–1820) réunit le recueil le plus complet de commentaires philologiques dans son Sens correct du Mengzi. Les traducteurs modernes consultent d’ordinaire toutes ces strates.
Dater les conversations est un autre problème. Le livre nomme des souverains comme le roi Hui de Liang et le roi Xuan de Qi, mais les dates de règne des rois des Royaumes combattants diffèrent entre la chronologie de Sima Qian et les reconstitutions ultérieures : le règne du roi Xuan de Qi est situé entre 342 et 324 av. J.-C. dans certains ouvrages de référence, et entre 319 et 301 av. J.-C. dans d’autres. Toute chronologie des scènes du livre repose donc sur un choix entre chronologies, et c’est pourquoi les dates de sa composition ne sont données que sous forme de fourchettes approximatives.
Idées clés
- Quatre germes (四端)
- La compassion, la honte, la déférence et le sens du juste et de l’injuste : commencements naturels de la bienveillance, de la droiture, de la bienséance rituelle et de la sagesse, illustrés par l’enfant au bord du puits (2A6).
- La nature comme l’eau qui descend
- La réponse de Mencius à Gaozi (6A2) : la nature humaine a une direction, vers le bien, comme l’eau tend vers le bas.
- Nourrir la bonté ou lui porter atteinte
- Le passage du mont Niu (6A8) : la bonté croît quand on la nourrit et dépérit quand on lui porte atteinte ; une mauvaise conduite ne prouve donc pas une mauvaise nature.
- Le peuple compte le plus (民為貴)
- En 7B14, le peuple passe avant les autels de l’État et avant le souverain ; les souverains, et même les autels, peuvent être remplacés.
- Le tyran, « simple individu »
- En 1B8, un souverain qui détruit la bienveillance et la droiture a cessé d’être souverain ; son exécution n’est donc pas un régicide.
- Moyens de subsistance stables, cœur constant
- Le gouvernement doit assurer aux gens leurs moyens de vivre avant d’attendre d’eux une conduite morale (3A3), comme l’illustre l’idéal des champs en forme de puits.
- Aller au-devant de l’intention de l’auteur (以意逆志)
- Un principe de lecture tiré de 5A4 : comprendre un texte en allant au-devant de son intention avec son propre esprit, sans s’arrêter à des mots isolés.
Notices
- v. 320 av. J.-C. — Vers cette date, peu avant la mort du roi Hui en 319 av. J.-C., Mencius rencontre le roi Hui de Liang, scène qui ouvre le livre.
- v. 314 av. J.-C. — Qi envahit l’État de Yan (vers 314 av. J.-C.) ; les conversations de Mencius sur cette guerre sont rapportées dans les livres 1 et 2.
- v. 289 av. J.-C. — Date traditionnelle de la mort de Mencius ; ses disciples continuent de compiler et de transmettre ses enseignements.
- v. 100 av. J.-C. — Sima Qian rapporte que Mencius et ses disciples « firent le Mengzi en sept sections ».
- v. 170 apr. J.-C. — Zhao Qi (mort en 201) écrit son commentaire, divise les sept livres en quatorze parties et écarte quatre « livres extérieurs » ; la date exacte est inconnue.
- 1190 — Zhu Xi imprime le Mengzi avec les Entretiens, la Grande Étude et le Juste Milieu sous le nom de Quatre Livres, avec ses commentaires.
- 1313 — La cour des Yuan décrète que les examens reposeront sur les Quatre Livres de Zhu Xi ; les premiers examens de ce type suivent en 1315.
- 1394 — Le Mengzi jiewen, un Mengzi abrégé qui supprime jusqu’à 85 passages, est publié sous l’empereur Hongwu ; le texte complet est rétabli en 1415.
- 1590 — L’Office de collation de Joseon publie le Maengja eonhae, traduction du Mengzi en coréen vernaculaire.
- 1711 — La traduction latine de François Noël, qui comprend le Mengzi, est publiée à Prague.
- 1814 — Jeong Yak-yong achève le Maengja yoeui, qui réinterprète la nature humaine comme une préférence.
- 1905 — Les examens impériaux, fondés sur les Quatre Livres, sont abolis en Chine.
Glossaire
- Pian (篇)
- Une section ou un « livre » d’un texte chinois ancien ; le Mengzi en compte sept, chacun divisé plus tard en deux parties.
- Zhang (章)
- Un chapitre ou passage à l’intérieur d’une section ; Zhao Qi en a compté 261 dans le Mengzi.
- Livres extérieurs (外書)
- Quatre sections que Zhao Qi rejeta comme des imitations tardives ; elles sont perdues.
- Commentaire
- Notes explicatives rédigées en regard d’un classique ; les principaux commentaires du Mengzi sont ceux de Zhao Qi, de Zhu Xi et de Jiao Xun.
- Quatre Livres
- La Grande Étude, les Entretiens, le Mengzi et le Juste Milieu, regroupés par Zhu Xi comme le cœur de l’étude confucéenne.
- Examens impériaux
- Examens d’État pour recruter les fonctionnaires ; à partir de la dynastie Yuan, ils reposaient sur les Quatre Livres avec les commentaires de Zhu Xi.
- Mengzi jiewen (孟子節文)
- Le Mengzi abrégé de 1394, dont furent retirés les passages qui offensaient le fondateur des Ming.
- Système des champs en forme de puits (井田)
- Un système agraire idéal dans lequel huit familles cultivent des parcelles privées autour d’un champ public commun, selon la forme du caractère 井.
- Eonhae (諺解)
- Une traduction d’un texte chinois en coréen vernaculaire, écrite en hangul en regard de l’original.
- Xing (性)
- « Nature » : les tendances caractéristiques d’un être vivant, terme central des débats du livre 6A.
Questions et réponses
Mencius a-t-il écrit le livre lui-même ?
Selon Sima Qian et Zhao Qi, Mencius écrivit lui-même le livre avec l’aide de ses disciples. D’autres lettrés, à partir de Han Yu, pensaient que ses disciples l’avaient compilé. Aujourd’hui, beaucoup de chercheurs estiment qu’il remonte à Mencius et à son cercle, mais qu’il fut achevé par ses disciples après sa mort.
Pourquoi chaque livre a-t-il deux parties ?
Cette division vient de Zhao Qi, au IIe siècle apr. J.-C., qui sépara chacun des sept livres en une partie supérieure et une partie inférieure. C’est pourquoi les passages sont cités avec A et B, comme dans 2A6.
Manque-t-il quelque chose au livre ?
Probablement. Un catalogue des Han recense onze sections, mais Zhao Qi n’en garda que sept et rejeta quatre « livres extérieurs », qui sont perdus. Certaines citations que des auteurs anciens attribuent à Mencius ne figurent pas dans le texte que nous avons.
Pourquoi un empereur a-t-il voulu retirer des passages du livre ?
Le fondateur des Ming n’aimait pas les passages disant qu’un souverain doit mériter la loyauté de ses ministres et que le peuple compte plus que le souverain. En 1394, une édition abrégée supprima jusqu’à 85 passages, mais le texte complet fut rétabli en 1415.
Le système des champs en forme de puits a-t-il existé ?
Mencius le décrit comme une institution ancienne et le recommande à l’État de Teng. Certains récits en font une pratique des premiers Zhou, mais beaucoup d’historiens doutent qu’il ait jamais existé sous la forme régulière qu’il décrit.
Mencius et Aristote avaient-ils entendu parler l’un de l’autre ?
Aucun indice connu ne le montre. Ils vécurent à peu près à la même époque, mais rien ne suggère le moindre contact entre leurs mondes. Les comparer est utile parce qu’ils se posaient des questions semblables sur le caractère et le pouvoir et y donnaient des réponses différentes.
En quoi le Mengzi diffère-t-il des Entretiens ?
Les Entretiens se composent surtout de courtes maximes. Le Mengzi contient de longs dialogues et arguments, pleins d’analogies, et donne un portrait bien plus complet de la personnalité de son personnage principal.
Sources et lectures complémentaires
- Bryan Van Norden, Mencius. Stanford Encyclopedia of Philosophy, 2024
- Robert Eno, Mencius: An Online Teaching Translation. Indiana University ScholarWorks, 2016
- Paul R. Goldin, Mencius in the Han Dynasty (in Dao Companion to the Philosophy of Mencius). Springer, 2023
- Ulrich Theobald, Mengzi 孟子. ChinaKnowledge.de
- Zhao Qi, Mengzi tici 孟子題辭 (Zhao Qi’s preface, Sibu congkan edition). Wikisource (Chinese)
- Mengzi 孟子 (Chinese text). Wikisource (Chinese)
- Sima Qian, Shiji, chapter 74: Biographies of Mencius and Xun Qing. Wikisource (Chinese)
- Ban Gu, Hanshu, chapter 30: Treatise on Arts and Letters. Wikisource (Chinese)
- Xunzi, “Human Nature Is Bad” (Xing e). Wikisource (Chinese)
- Xunzi. Stanford Encyclopedia of Philosophy
- Liangyan Ge, The Scholar and the State: Fiction as Political Discourse in Late Imperial China, ch. 2. University of Washington Press, 2015
- Ulrich Theobald, Sishu zhangju jizhu 四書章句集注. ChinaKnowledge.de
- Feiran Du, Zhu Xi’s Four Books 朱熹四書. Database of Religious History (Zenodo), 2024
- Hoyt Cleveland Tillman, Zhu Xi. EBSCO Research Starters
- Mencius (book). Wikipedia
- Well-field system. Wikipedia
- Aristotle, Nicomachean Ethics, Book II (trans. W. D. Ross). The Internet Classics Archive (MIT)
- Aristotle’s Ethics. Stanford Encyclopedia of Philosophy
- Fred Miller, Aristotle’s Political Theory. Stanford Encyclopedia of Philosophy
- 맹자 (孟子). Encyclopedia of Korean Culture (Academy of Korean Studies)
- 맹자언해 (孟子諺解). Encyclopedia of Korean Culture (Academy of Korean Studies)
- 맹자언해 (collection object). National Museum of Korea
- 사서: 정약용 선생의 저술 (Jeong Yak-yong’s works on the Four Books). Namyangju City, Dasan Jeong Yak-yong Cultural Festival
- Japanese Confucian Philosophy. Stanford Encyclopedia of Philosophy
- François Noël (missionary). Wikipedia
- 《孟子外书》考述 (A study of the “Outer Books” of the Mencius). Institute of Ancient Books, Sichuan University, 2005
À découvrir aussi
- MenciusPenseur confucéen qui soutenait que les êtres humains portent en eux les germes de la bonté morale et que les souverains doivent prendre soin de leurs sujets.
- Entretiens de ConfuciusRecueil de paroles et de courts dialogues de Confucius et de ses disciples, compilé après sa mort et lu dans toute l’Asie orientale pendant deux millénaires.
- ConfuciusMaître originaire de l’État de Lu dont les propos, réunis dans les Entretiens, ont marqué l’éthique et le gouvernement dans toute l’Asie de l’Est.
- Zhu XiPhilosophe de l’époque Song qui donna une forme durable à la pensée néoconfucéenne.
- Examen impérialSystème chinois d'examens écrits pour la fonction publique, instauré sous les Sui vers 605 et aboli en 1905, qui choisissait les fonctionnaires selon un savoir vérifié plutôt que selon la naissance.
- AristoteÉlève de Platon et précepteur d’Alexandre. Il fonda le Lycée et écrivit sur la logique, l’éthique, la politique et la nature.
Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.
