Patrimoine

Tour Eiffel

La tour Eiffel

1887–1889 · Paris (France)

En une phrase

La tour Eiffel est une tour de fer de 300 mètres construite à Paris pour l’Exposition universelle de 1889 ; beaucoup l’ont d’abord trouvée laide, mais elle est devenue le symbole le plus célèbre de Paris et un monument majeur de l’ingénierie moderne.

Tour Eiffel
Image: Benh LIEU SONG · Public domain · Wikimedia Commons

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Pour les jeunes lecteurs

En 1889, la France a organisé une grande exposition à Paris pour montrer ses nouvelles inventions et fêter les 100 ans de la Révolution française. Les organisateurs voulaient une construction extraordinaire à l’entrée. L’entreprise de l’ingénieur Gustave Eiffel a proposé de bâtir la plus haute tour du monde.

La tour est faite d’environ 18 000 pièces de fer, assemblées avec des millions de petites tiges de métal appelées rivets. Chaque pièce était fabriquée dans un atelier, transportée sur le chantier par une charrette tirée par des chevaux, puis mise en place comme dans un immense jeu de construction. Il a fallu un peu plus de deux ans pour bâtir la tour.

Une fois terminée, la tour mesurait 300 mètres, à peu près la hauteur d’un immeuble de 100 étages. Pendant 41 ans, aucune construction humaine au monde n’a été plus haute. Elle ressemble à une grande lettre A : large en bas et étroite en haut. Le vent peut passer entre ses pièces sans la renverser.

Tout le monde ne l’aimait pas. Des artistes et des écrivains célèbres ont signé une lettre qui la disait « inutile et monstrueuse ». Ils pensaient qu’elle gâcherait la beauté de Paris. La tour ne devait rester que 20 ans. Elle a été sauvée en partie parce qu’elle était très utile pour envoyer des messages par radio.

Aujourd’hui, environ six à sept millions de personnes montent dans la tour chaque année, en ascenseur ou par les escaliers. La nuit, elle brille d’une lumière dorée et scintille grâce à des milliers de lampes. Partout dans le monde, les gens la reconnaissent comme le symbole de Paris.

En bref

Construction
Fondations commencées le 28 janvier 1887 ; structure achevée le 31 mars 1889 ; ouverture au public le 15 mai 1889
Lieu
Champ-de-Mars, près de la Seine, Paris, France
Concepteurs
Les ingénieurs Maurice Koechlin et Émile Nouguier et l’architecte Stephen Sauvestre, de la Compagnie des Établissements Eiffel, dirigée par Gustave Eiffel
Hauteur
300 m à l’achèvement ; environ 330 m aujourd’hui avec les antennes de diffusion
Matériau
Fer puddlé (fer forgé), environ 7 300 tonnes ; 18 038 pièces assemblées par environ 2,5 millions de rivets
Fonction initiale
Élément central et entrée de l’Exposition universelle de 1889, organisée pour le centenaire de la Révolution française
Statut
Monument historique français (1964) ; fait partie du site du patrimoine mondial de l’UNESCO « Paris, rives de la Seine » (1991)
Record
Plus haute construction humaine du monde de 1889 jusqu’à l’achèvement du Chrysler Building à New York (1930)

Facile

Qu’est-ce que la tour Eiffel ?

La tour Eiffel est une tour de fer à structure en treillis située sur le Champ-de-Mars, un grand parc de l’ouest de Paris près de la Seine. Elle a été construite entre 1887 et 1889 pour être l’élément central de l’Exposition universelle, organisée afin de célébrer le centième anniversaire de la Révolution française et de présenter l’industrie et les sciences françaises.

Avec ses 300 mètres, elle dépassait de loin toutes les constructions humaines antérieures. Elle mesurait presque le double des plus hauts monuments de l’époque, comme le Washington Monument. Elle a conservé ce record jusqu’en 1930. Les Parisiens l’ont bientôt surnommée « la Dame de fer ».

La tour devait être temporaire : son constructeur avait le droit de l’exploiter pendant 20 ans, après quoi la Ville de Paris pouvait la démonter. Elle a pourtant été conservée, a trouvé de nouvelles utilisations dans la recherche scientifique et la radio, et est devenue un symbole de Paris et de la France. Elle appartient aujourd’hui à la Ville de Paris et compte parmi les monuments payants les plus visités au monde.

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Facile

Comment observer la tour

Regardez d’abord les quatre piliers. Ils reposent sur une base carrée d’environ 125 mètres de côté et se courbent vers l’intérieur en s’élevant, jusqu’à se rejoindre au sommet. Entre les piliers, à la base, se trouvent quatre grandes arches décoratives. Elles ne portent presque aucun poids ; l’architecte Stephen Sauvestre les a ajoutées pour donner à la tour une allure plus majestueuse et former une entrée pour l’exposition.

La tour possède trois niveaux ouverts au public. Le premier étage est à environ 57 mètres du sol, le deuxième à environ 115 mètres et la plateforme supérieure à environ 276 mètres. Plus haut se trouvent le lanternon, l’ancien appartement que Gustave Eiffel utilisait pour recevoir des invités et faire des expériences, ainsi que les antennes actuelles de radio et de télévision.

La courbe des piliers ne sert pas seulement à embellir la tour. Eiffel expliquait qu’elle découlait de calculs portant sur la force du vent : la tour est large et solide près de sa base, où elle doit le mieux résister à cette force, puis plus étroite et ajourée en hauteur. Le vent passe à travers les espaces de sa structure en treillis. Même par vent fort, le sommet ne bouge que de quelques centimètres, bien que la tour puisse s’incliner légèrement à l’opposé du soleil les jours de chaleur, lorsque le fer se dilate.

Autour de la tour, juste sous le premier étage, les noms de 72 savants, ingénieurs et mathématiciens français, dont Lavoisier, Ampère et Laplace, sont inscrits en lettres dorées. Eiffel les a choisis pour présenter la tour comme un monument consacré à la science. Ce sont tous des hommes ; des commentateurs soulignent depuis longtemps l’absence de femmes comme la mathématicienne Sophie Germain.

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Facile

D’où vient l’idée ?

La tour ne vient pas d’un premier dessin de Gustave Eiffel. En 1884, deux ingénieurs principaux de son entreprise, Maurice Koechlin et Émile Nouguier, ont dessiné un pylône géant : quatre poutres en treillis écartées à la base et réunies au sommet. Eiffel n’était pas très enthousiaste au début, mais il les a laissés développer leur idée. L’architecte Stephen Sauvestre a ensuite ajouté des arches décoratives, une salle vitrée au premier étage et d’autres détails.

Cette nouvelle version a plu à Eiffel. Il a racheté à ses collaborateurs leurs droits sur le brevet et a défendu énergiquement le projet sous son propre nom. En 1885, il l’a présenté à la Société des ingénieurs civils, en affirmant qu’il symboliserait « le siècle de l’Industrie et de la Science » et la Révolution de 1789.

En mai 1886, le gouvernement français a annoncé un concours pour l’élément central de l’exposition. Les conditions, qui demandaient une tour métallique de 300 mètres sur le Champ-de-Mars, assuraient presque la victoire d’Eiffel. Un contrat signé en janvier 1887 lui a accordé 1,5 million de francs, soit moins du quart du coût prévu, ainsi que le droit de percevoir toutes les recettes de la tour pendant l’exposition et les 20 années suivantes. Il devait trouver lui-même le reste du financement.

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Comment la tour a été construite

Les travaux de fondation ont commencé le 28 janvier 1887. Les deux piliers les plus éloignés du fleuve reposaient sur des dalles de béton posées sur un sol ferme. Pour les deux piliers proches de la Seine, où le sol était plus meuble, les ouvriers ont enfoncé jusqu’à environ 22 mètres des caissons métalliques, de grandes chambres remplies d’air comprimé pour empêcher l’eau d’entrer, puis y ont coulé les fondations en béton. Au-dessus du béton, des blocs de calcaire portaient les pièces de fer sur lesquelles chaque pilier devait reposer.

Le véritable secret du chantier était sa préparation. Le bureau d’études d’Eiffel a produit quelque 1 700 plans d’ensemble et plus de 3 600 plans détaillés des 18 038 pièces différentes. L’emplacement des trous destinés aux rivets était défini au millimètre près et les angles calculés à une fraction de degré près. Les pièces étaient fabriquées dans les ateliers de l’entreprise à Levallois-Perret, aux portes de Paris, souvent préassemblées en sections, puis transportées sur le chantier dans des charrettes tirées par des chevaux. Si une pièce ne s’ajustait pas, elle retournait à l’atelier au lieu d’être modifiée sur place.

Les piliers se sont d’abord élevés en porte-à-faux inclinés, puis ont reposé sur des échafaudages provisoires en bois. De petites grues « grimpantes » montaient le long des piliers sur les futurs rails des ascenseurs pour mettre les pièces en place. Le moment le plus délicat est arrivé en mars 1888, quand les quatre piliers ont dû se rejoindre exactement au niveau du premier étage. Des vérins hydrauliques et des boîtes de sable placés sous les piliers permettaient aux ingénieurs d’ajuster leur position par fractions de millimètre.

Environ 300 ouvriers travaillaient sur le chantier. Grâce aux garde-corps, aux écrans de protection et aux plateformes mobiles, la mort d’un seul ouvrier est recensée pendant la construction, un chiffre remarquablement faible pour un tel projet au XIXe siècle. Le 31 mars 1889, Eiffel a conduit des représentants officiels et des journalistes au sommet par l’escalier et y a hissé un drapeau français.

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Intermédiaire

« Inutile et monstrueuse » : la protestation des artistes

Avant même de s’élever, la tour suscitait une vive opposition. Certains doutaient qu’il soit possible de construire une tour de 300 mètres. D’autres s’y opposaient pour des raisons esthétiques. Le 14 février 1887, le journal Le Temps a publié une protestation signée par des artistes et des écrivains renommés, dont l’architecte de l’Opéra de Paris Charles Garnier, l’écrivain Guy de Maupassant et le compositeur Charles Gounod.

Ils protestaient « au nom du goût français méconnu » contre « cette inutile et monstrueuse tour Eiffel ». Ils la comparaient à une gigantesque cheminée d’usine noire qui humilierait Notre-Dame, le Louvre et les autres monuments de Paris. Ce débat reprenait une ancienne question en France : les ingénieurs, plutôt que les architectes, devaient-ils façonner la ville, et des matériaux industriels comme le fer pouvaient-ils être beaux ?

Eiffel a répondu que l’ingénierie et la beauté n’étaient pas incompatibles : selon lui, les lois des forces naturelles obéissaient aux lois secrètes de l’harmonie, et sa tour serait grandiose à sa manière, comme les pyramides d’Égypte. Certains opposants ont ensuite changé d’avis. Selon une anecdote connue mais impossible à vérifier, Maupassant mangeait souvent au restaurant de la tour parce que c’était le seul endroit de Paris d’où il ne pouvait pas la voir.

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L’Exposition universelle de 1889 et ses parts d’ombre

L’Exposition universelle a ouvert le 6 mai 1889 et s’est achevée le 31 octobre. Elle a accueilli plus de 30 millions de visites. La tour a ouvert au public le 15 mai ; avant la mise en service des ascenseurs, des dizaines de milliers de personnes ont gravi ses 1 710 marches jusqu’au sommet. À la fin de l’exposition, près de 1,9 million de personnes y étaient montées. On trouvait des restaurants au premier étage, une imprimerie du journal Le Figaro au deuxième et un bureau de poste au sommet. Parmi les visiteurs célèbres figurait Thomas Edison, qui a laissé un message admiratif dans le livre d’or d’Eiffel.

Comme l’exposition célébrait la Révolution de 1789, la plupart des monarchies européennes n’y ont pas participé officiellement, même si des entreprises de leurs pays étaient présentes. L’exposition présentait la France comme une république moderne fondée sur la science et le progrès. L’immense Galerie des Machines, faite de fer et de verre, se dressait près de la tour.

L’exposition montrait aussi la face sombre de cette confiance dans le progrès. Des expositions coloniales présentaient des personnes venues des colonies françaises d’Afrique et d’Asie dans des « villages » reconstitués, sous le regard des visiteurs. Des historiens ont ensuite qualifié ces présentations de zoos humains. Des recherches récentes ont également attiré l’attention sur le financement de la tour : une banque qui y a contribué, le Crédit Industriel et Commercial, tirait à la même époque profit de lourds emprunts contractés par Haïti, liés à l’indemnité que la France lui avait imposée après sa révolution. Ces faits font désormais partie du récit de l’histoire de la tour.

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Sauvée par la science et la radio

Eiffel savait que sa tour risquait d’être démolie à la fin de sa concession. Il s’est donc efforcé de lui donner une utilité scientifique. Il y a installé des instruments météorologiques et s’est servi d’un câble tendu entre le deuxième étage et le sol pour laisser tomber des objets et mesurer la résistance de l’air. En 1909, il a construit une soufflerie au pied de la tour, puis a transféré son laboratoire d’aérodynamique à Auteuil ; ses recherches ont aidé les premiers concepteurs d’avions.

La radio a joué un rôle décisif. En 1898, Eugène Ducretet a transmis des signaux sans fil entre la tour et le Panthéon. Eiffel a ensuite encouragé l’armée à utiliser la tour pour ses communications radio, et le capitaine Gustave Ferrié, devenu plus tard général, y a développé une puissante station. En 1909, un centre radio souterrain permanent a été construit près du pilier sud, et la tour a été autorisée à rester. À partir de 1910, elle a diffusé des signaux horaires de l’Observatoire de Paris destinés aux navires en mer et au reste du monde, contribuant à coordonner l’heure internationale.

Pendant la Première Guerre mondiale, la station de la tour a intercepté des messages ennemis utilisés par les services de renseignement français. Selon de nombreux récits, ils ont contribué au succès des Alliés lors de la bataille de la Marne en 1914 et à l’enquête contre la danseuse Mata Hari en 1917. Plus tard, la tour a porté des émetteurs de radio puis de télévision. Elle diffuse encore aujourd’hui des programmes de radio et de télévision numérique.

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La suite de son histoire : guerres, illuminations et millions de visiteurs

De 1925 à 1934, le constructeur automobile Citroën a illuminé la tour avec une immense publicité électrique. Quand les troupes allemandes ont occupé Paris en juin 1940, les Français ont coupé les câbles des ascenseurs afin que les occupants soient obligés de monter par l’escalier. En août 1944, à l’approche des forces alliées, Hitler aurait ordonné la destruction des monuments de Paris, mais le commandant allemand Dietrich von Choltitz n’a pas exécuté cet ordre. Les historiens débattent de la place précise qu’occupait la tour parmi les cibles et des raisons de la désobéissance de Choltitz.

En 1956, un incendie dans l’émetteur de télévision a endommagé le sommet. Une nouvelle antenne installée en 1957 a augmenté la hauteur de la tour. En 1964, celle-ci a été classée monument historique. Les ascenseurs ont été modernisés plusieurs fois, un plancher de verre a été ajouté au premier étage en 2014, et la tour est entièrement repeinte environ tous les sept ans avec quelque 60 tonnes de peinture pour protéger le fer de la rouille.

Depuis la fin de 1985, la tour est éclairée de l’intérieur par des lumières dorées. Depuis le passage à l’an 2000, elle scintille aussi, avec quelques interruptions, grâce à des milliers d’ampoules clignotantes pendant quelques minutes chaque heure après la tombée de la nuit. Elle sert de décor aux célébrations nationales, aux feux d’artifice du Nouvel An et aux Jeux olympiques de Paris de 2024. Plus de 300 millions de personnes l’ont visitée depuis 1889.

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Intermédiaire

Un symbole dans l’art et la culture

Les artistes se sont rapidement emparés de la tour. Georges Seurat l’a peinte en 1889 ; Henri Rivière a réalisé une série d’estampes intitulée Les Trente-six Vues de la tour Eiffel (1902), en hommage aux Trente-six Vues du mont Fuji de Hokusai ; Robert Delaunay l’a peinte à maintes reprises à partir de 1909 comme symbole de l’énergie moderne ; et le poète Guillaume Apollinaire a écrit en 1918 un poème en forme de tour. Cinéastes, photographes et publicitaires en ont fait une image immédiatement évocatrice de Paris.

Dans un essai célèbre de 1964, le critique français Roland Barthes soutenait que la tour est presque un pur signe : elle est peu utile en tant que bâtiment, mais chacun peut lui donner le sens qu’il souhaite, de la science à l’amour ou à Paris même. Elle est à la fois un objet que l’on regarde et un lieu d’où l’on regarde la ville.

La tour a aussi inspiré des imitations dans le monde entier, de la tour de Blackpool en Angleterre (1894) à la tour de Tokyo (1958), ainsi que des répliques à Las Vegas et dans un ensemble résidentiel chinois. Son image est l’une des plus reproduites au monde, sur des souvenirs, des logos et des émojis.

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Avancé

Débats : conception, ingénierie et signification

Qui l’a conçue ? La tour porte le nom d’Eiffel, mais l’idée initiale vient de Koechlin et Nouguier, et son traitement architectural de Sauvestre. Eiffel a racheté leurs droits sur le brevet et a été reconnu publiquement comme le père du projet. Il a aussi apporté l’expérience technique de son entreprise, organisé le chantier et pris un risque financier. Aujourd’hui, les historiens décrivent généralement la tour comme l’œuvre collective d’une entreprise d’ingénierie, ce qui rejoint les débats plus larges sur l’attribution du mérite dans les grands projets techniques.

Comment sa forme a-t-elle été calculée ? Eiffel disait que la courbe des piliers résultait des contraintes exercées par le vent. Son équipe utilisait des méthodes graphiques et des hypothèses prudentes, en traitant la moitié supérieure comme si elle était pleine. Des ingénieurs plus récents ont proposé des modèles mathématiques pour expliquer l’efficacité de cette forme. Une étude publiée en 2004, fondée sur le mémoire présenté par Eiffel à la Société des ingénieurs civils en 1885, la décrivait comme la solution d’une équation intégrale non linéaire équilibrant la pression du vent et les efforts de traction dans la structure. On ne sait pas si Eiffel a consciemment utilisé une telle équation ou s’il est parvenu à cette forme grâce à son expérience pratique.

Ingénierie et architecture. La protestation de 1887 s’inscrivait dans un débat du XIXe siècle : les ouvrages de fer conçus par des ingénieurs, tels que les ponts, les halles ferroviaires et les bâtiments d’exposition, pouvaient-ils être considérés comme de l’architecture ? L’entreprise d’Eiffel avait déjà construit de grands ponts, dont le pont Maria Pia à Porto (1877) et le viaduc de Garabit (1884), et conçu l’ossature intérieure de la statue de la Liberté (1886). Les historiens de l’architecture voient aujourd’hui souvent dans la tour une œuvre majeure sur la voie de l’expression moderne des structures.

Quelle histoire raconte-t-on ? Des travaux historiques et journalistiques récents ont élargi le regard au-delà de la fierté nationale, en reliant l’exposition de 1889 aux exhibitions coloniales et le financement de la tour à la dette d’indemnité d’Haïti. Certains y voient une correction nécessaire ; d’autres craignent de projeter les valeurs actuelles sur le passé. La plupart des historiens s’accordent à dire que l’histoire de la tour doit inclure à la fois sa prouesse technique et le monde impérial dans lequel elle est née.

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Avancé

Conservation et gestion aujourd’hui

La tour est un monument historique appartenant à la Ville de Paris et géré par une société d’exploitation, la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (SETE). Maintenir en service une structure de fer forgé vieille de plus de 135 ans demande un travail technique constant : il faut combattre la corrosion en la repeignant, et chaque campagne exige de retirer d’anciennes couches de peinture, dont certaines contiennent du plomb, utilisé jusqu’en 2001.

Les travaux de peinture soulèvent des questions de couleur autant que de conservation. La tour était à l’origine brun rougeâtre. Elle a ensuite reçu diverses nuances de jaune et d’ocre, puis, à partir de 1968, une couleur bronze appelée « brun tour Eiffel ». Elle est peinte en trois nuances, plus foncée en bas et plus claire en haut, afin de paraître uniforme sur le fond du ciel. Le choix de sa couleur fait débat au regard de l’authenticité historique.

D’autres débats portent sur les ajouts à la tour et sur le contrôle de son image. En 2024, le projet de la Ville de Paris de conserver en permanence les anneaux olympiques sur la tour a été critiqué par des descendants d’Eiffel et certains habitants, qui y voyaient une modification d’un monument protégé. La société d’exploitation revendique aussi des droits d’auteur sur les illuminations nocturnes de la tour, bien que la tour elle-même soit dans le domaine public depuis 1993. L’utilisation commerciale des photographies prises de nuit se trouve ainsi dans une zone d’incertitude juridique.

Enfin, il faut concilier l’afflux de millions de visiteurs, les besoins de sécurité — comme les parois de verre installées autour de la base à partir de 2018 — et les exigences d’entretien avec l’idée d’une tour ouverte à tous en tant que monument public.

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Idées clés

Structure en treillis de fer
Une ossature composée de nombreuses petites pièces de fer assemblées en triangles, solide mais légère et laissant passer le vent.
Préfabrication
La fabrication en atelier de pièces mesurées avec précision, puis leur assemblage sur le chantier : cette méthode a permis d’élever la tour en environ deux ans.
L’ingénierie comme art
Le débat, ravivé par la tour, sur la beauté des structures conçues par des ingénieurs et sur leur place dans l’architecture.
Exposition universelle
Une grande exposition internationale consacrée à l’industrie, aux sciences et à la culture ; celle de Paris en 1889 célébrait le centenaire de la Révolution française.
Du provisoire au permanent
Construite avec une autorisation de 20 ans, la tour a survécu grâce à son utilité, surtout pour la radio.
Symbole et signe
La tour est devenue une image représentant Paris et la modernité, comme l’a analysé Roland Barthes.
Histoires moins connues
Les exhibitions coloniales de l’exposition et le financement de la tour relient ce monument à l’empire colonial et à la dette d’Haïti.

Notices

  1. 1884 — Maurice Koechlin et Émile Nouguier dessinent le projet d’un pylône géant en treillis.
  2. 1886 — Le concours gouvernemental pour l’élément central de l’exposition désigne, de fait, le projet d’Eiffel.
  3. 1887 — Le contrat est signé (8 janvier) ; les fondations sont commencées (28 janvier) ; la protestation des artistes est publiée (14 février).
  4. 1888 — Les quatre piliers sont réunis au niveau du premier étage (mars).
  5. 1889 — La structure est achevée (31 mars) ; l’Exposition universelle ouvre (6 mai) ; la tour ouvre au public (15 mai).
  6. 1898 — Eugène Ducretet transmet des signaux radio entre la tour et le Panthéon.
  7. 1909 — Une station radio permanente est construite à la base et la tour est autorisée à rester ; Eiffel ouvre une soufflerie sur le Champ-de-Mars.
  8. 1910 — La tour commence à diffuser des signaux horaires dans le cadre d’un service international de l’heure.
  9. 1930 — Le Chrysler Building de New York dépasse la tour et devient la plus haute construction du monde.
  10. 1940 — Les câbles des ascenseurs sont coupés lors de l’occupation de Paris par les forces allemandes ; les ascenseurs ne seront réparés qu’en 1946.
  11. 1964 — La tour est officiellement classée monument historique français.
  12. 1991 — Les rives de la Seine à Paris, qui comprennent la tour, sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Glossaire

Treillis
Une ossature de barres entrecroisées qui laisse des espaces vides entre elles.
Fer forgé (fer puddlé)
Un fer résistant et pauvre en carbone, obtenu en brassant du fer fondu dans un four, très utilisé avant que l’acier ne devienne bon marché.
Rivet
Une tige métallique chauffée puis martelée pour assembler définitivement deux pièces de métal.
Caisson
Une chambre étanche, souvent remplie d’air comprimé, utilisée pour construire des fondations sous le niveau de l’eau.
Porte-à-faux
Une poutre ou une structure soutenue à une seule extrémité et qui avance dans le vide.
Concession
Un droit accordé par une autorité publique d’exploiter quelque chose, comme la tour, pendant une durée déterminée.
Exposition universelle
Une grande exposition internationale, également appelée exposition mondiale.
Champ-de-Mars
Un grand parc public de Paris, autrefois terrain de parade militaire, où se trouve la tour.
Soufflerie
Une installation dans laquelle on fait circuler de l’air autour de modèles pour étudier les forces exercées par le vent.

Questions et réponses

Quelle est la hauteur de la tour Eiffel ?

Elle mesurait 300 mètres lors de son achèvement en 1889. Avec les antennes ajoutées depuis, elle mesure aujourd’hui environ 330 mètres.

Gustave Eiffel l’a-t-il conçue seul ?

Non. Le premier projet venait de ses ingénieurs Maurice Koechlin et Émile Nouguier, et les détails architecturaux de Stephen Sauvestre. L’entreprise d’Eiffel a construit la tour, tandis qu’Eiffel a défendu et financé le projet.

Pourquoi a-t-elle été construite ?

Pour être l’élément central de l’Exposition universelle de 1889 à Paris, qui célébrait le centième anniversaire de la Révolution française et présentait le savoir-faire des ingénieurs français.

Devait-elle vraiment être démontée ?

L’autorisation d’Eiffel courait pendant 20 ans après l’exposition. La Ville de Paris pouvait ensuite retirer la tour. Elle a été conservée, en grande partie parce qu’elle était devenue utile pour la radio.

Combien y a-t-il de marches ?

En 1889, les visiteurs gravissaient 1 710 marches jusqu’au sommet. Aujourd’hui, le public peut emprunter l’escalier jusqu’au deuxième étage seulement ; on atteint le sommet en ascenseur.

La tour bouge-t-elle ?

Un peu. Par vent fort, son sommet oscille de quelques centimètres. Les jours de chaleur, le côté chauffé par le soleil se dilate et le sommet peut se déplacer d’environ 18 cm au maximum.

Pourquoi les historiens relient-ils la tour à Haïti ?

Une banque qui a contribué au financement de la tour tirait, à la même époque, des profits de prêts accordés à Haïti et liés à l’indemnité imposée par la France après l’indépendance haïtienne. Des enquêtes récentes ont mis ce lien en lumière.

À quoi les opposants de 1887 s’attaquaient-ils ?

Ils trouvaient qu’une immense tour de fer était laide et qu’elle dominerait et gâcherait la beauté du Paris historique. Beaucoup doutaient aussi que les ingénieurs puissent créer une œuvre d’art.

Sources et lectures complémentaires

  1. Eiffel Tower. Wikipedia
  2. Gustave Eiffel. Wikipedia
  3. Exposition Universelle (1889). Wikipedia
  4. Paris, Banks of the Seine. Wikipedia
  5. Paris, Banks of the Seine. UNESCO World Heritage Centre
  6. Roland Barthes, La Tour Eiffel (The Eiffel Tower), 1964

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Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.

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