Histoire

Samguk sagi (Histoire des Trois Royaumes)

三國史記 (삼국사기)

1145 · Gaegyeong (Goryeo)

En une phrase

Le Samguk sagi est le plus ancien ouvrage d’histoire coréenne conservé : rédigé en 1145 par une équipe dirigée par le lettré et haut fonctionnaire Kim Busik, ce livre de 50 volumes raconte l’histoire des anciens royaumes de Goguryeo, Baekje et Silla.

Samguk sagi (Histoire des Trois Royaumes)
Image: Gomanari · Public domain · Wikimedia Commons

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Pour les jeunes lecteurs

Il y a très longtemps, la péninsule coréenne et les terres situées au nord étaient partagées entre trois royaumes : Goguryeo au nord, Baekje au sud-ouest et Silla au sud-est. Ils ont été voisins et rivaux pendant environ 700 ans, jusqu’à ce que Silla devienne le plus puissant.

Des centaines d’années plus tard, dans un nouveau royaume appelé Goryeo, le roi a demandé à un ministre savant nommé Kim Busik de raconter l’histoire de ces trois anciens royaumes. Kim Busik avait environ soixante-dix ans. Il a travaillé avec dix autres personnes. En 1145, ils ont terminé un livre d’histoire en 50 volumes, appelé Samguk sagi. Ce titre signifie « Chroniques historiques des Trois Royaumes ».

Le livre ressemble à un immense album de famille des trois royaumes. Une partie raconte ce que chaque roi a fait, année après année. Une autre présente une frise chronologique. Une autre encore explique comment les gens s’habillaient, quelle musique ils jouaient et comment le gouvernement fonctionnait. La dernière raconte la vie de personnes célèbres : le général Kim Yusin, le général Eulji Mundeok qui a vaincu une grande armée chinoise, le général de Baekje Gyebaek et une jeune fille appelée Jieun qui travaillait dur pour s’occuper de sa mère.

Beaucoup de livres anciens que Kim Busik avait lus ont disparu depuis. Le Samguk sagi est donc le plus ancien livre d’histoire coréenne que nous possédions encore. Sans lui, nous saurions beaucoup moins de choses sur la Corée ancienne.

Aujourd’hui encore, les gens ne sont pas tous d’accord sur ce livre. Certains pensent que Kim Busik admirait trop la Chine et parlait surtout de Silla. D’autres pensent qu’il était fier de l’histoire coréenne et voulait la faire connaître. Lire ce livre attentivement, comme un détective, aide à comprendre le passé.

En bref

Achèvement
1145 (23e année du règne du roi Injong de Goryeo)
Rédacteurs
Kim Busik (1075–1151), rédacteur en chef, avec huit rédacteurs adjoints et deux responsables de la révision
Lieu
Gaegyeong (aujourd’hui Kaesong), capitale de Goryeo
Langue
Chinois classique (hanmun)
Forme
Ouvrage historique en annales et biographies (gijeonche), sur le modèle des histoires dynastiques chinoises
Longueur
50 gwon (rouleaux) : 28 d’annales, 3 de tableaux chronologiques, 9 de traités et 10 de biographies
Période couverte
Goguryeo, Baekje et Silla, depuis la fondation traditionnelle de Silla en 57 av. J.-C. jusqu’à la fin de ce royaume en 935
Importance
Le plus ancien ouvrage d’histoire coréenne conservé et une source fondamentale sur les Trois Royaumes et le Silla unifié

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Qu’est-ce que le Samguk sagi ?

Le Samguk sagi (三國史記, « Chroniques historiques des Trois Royaumes ») raconte l’histoire des trois anciens royaumes coréens de Goguryeo, Baekje et Silla, y compris la période qui suivit l’unification de la majeure partie de la péninsule par Silla. Il fut compilé sur ordre du roi Injong de la dynastie Goryeo par une équipe dirigée par Kim Busik, puis présenté au roi en 1145.

C’est le plus ancien ouvrage d’histoire coréenne conservé dans son intégralité. Des ouvrages antérieurs existaient certainement et les rédacteurs les ont utilisés, mais ils sont aujourd’hui perdus. Rédigé en chinois classique, la langue écrite commune à l’Asie orientale de l’époque, le Samguk sagi constitue donc un point de départ pour presque toutes les études sur les débuts de l’histoire coréenne.

Ce livre était un projet officiel de l’État de Goryeo. Il reflète donc les opinions et les intérêts de la cour et des lettrés fonctionnaires confucéens, ce dont les lecteurs d’aujourd’hui doivent tenir compte. Il conserve aussi une immense quantité de renseignements introuvables ailleurs.

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Les trois royaumes décrits dans le livre

Selon les dates données dans le Samguk sagi, Silla fut fondé en 57 av. J.-C. par Bak Hyeokgeose, Goguryeo en 37 av. J.-C. par Jumong (le roi Dongmyeong) et Baekje en 18 av. J.-C. par Onjo. Beaucoup d’historiens estiment que ces dates traditionnelles, surtout celle de Silla, ne sont pas exactes au sens strict. Elles montrent toutefois comment les royaumes se représentaient leurs origines.

Situé au nord et dans une partie de l’actuel nord-est de la Chine, Goguryeo devint un État puissant qui combattit des dynasties chinoises comme les Sui et les Tang. Baekje, au sud-ouest, était réputé pour le raffinement de sa culture et ses liens avec le Japon et la Chine méridionale. Silla, au sud-est, fut d’abord le plus petit et le plus éloigné des trois, mais il se renforça avec le temps.

Dans les années 660, Silla, allié à la Chine des Tang, conquit Baekje (660) et Goguryeo (668), puis repoussa les forces Tang hors de la majeure partie de la péninsule en 676. Le Samguk sagi poursuit l’histoire de cet État de Silla agrandi jusqu’à la reddition de son dernier roi à Goryeo, en 935.

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L’organisation du livre

Le Samguk sagi suit le modèle des « annales et biographies » (gijeonche), créé par l’historien chinois Sima Qian dans ses Mémoires historiques. Il comprend quatre parties. Les annales (bongi, 28 gwon) relatent année par année les règnes des rois : 12 gwon pour Silla, 10 pour Goguryeo et 6 pour Baekje.

Les tableaux chronologiques (yeonpyo, 3 gwon) présentent côte à côte les règnes des trois royaumes et ceux des dynasties chinoises. Les traités (ji, 9 gwon) décrivent les institutions : les rites et la musique ; les vêtements, les véhicules, les ustensiles et les habitations ; la géographie, notamment les noms de lieux ; et les fonctions officielles.

Les biographies (yeoljeon, 10 gwon) racontent la vie d’environ 69 personnes. À lui seul, le général Kim Yusin, qui dirigea les guerres d’unification de Silla, occupe trois gwon. On y trouve aussi les généraux Eulji Mundeok de Goguryeo et Gyebaek de Baekje, les lettrés Seol Chong et Choe Chiwon, des sujets loyaux et des figures de piété filiale. Les deux derniers gwon portent sur des personnes que les rédacteurs jugeaient rebelles ou traîtres, comme le puissant dirigeant de Goguryeo Yeon Gaesomun et les chefs de guerre de la fin de Silla Gungye et Gyeon Hwon.

Les annales et les biographies contiennent 31 commentaires d’historien (saron), dans lesquels Kim Busik interrompt le récit pour juger les événements et les personnes selon une perspective confucéenne.

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Récits tirés des biographies

Les biographies sont la partie du Samguk sagi dont on se souvient le plus. En 612, une immense armée de la dynastie chinoise des Sui envahit Goguryeo. Le général Eulji Mundeok attira les envahisseurs loin à l’intérieur du pays, adressa un poème moqueur à leur commandant, puis les attaqua pendant leur retraite alors qu’ils traversaient la rivière Salsu. Selon le Samguk sagi, seule une petite partie des soldats Sui rentra chez elle.

En 660, alors que les armées de Silla et des Tang approchaient de Baekje, le général Gyebaek mena 5 000 soldats à Hwangsanbeol pour livrer un dernier combat. Selon le récit, il tua d’abord sa propre famille pour éviter qu’elle soit réduite en esclavage, puis repoussa quatre fois une armée de Silla beaucoup plus nombreuse avant de tomber. Du côté de Silla, le jeune hwarang Gwanchang chargea seul les lignes de Baekje et fut tué ; son courage inspira les troupes de Silla. Le livre rend hommage aux personnes courageuses des deux camps.

D’autres récits sont plus doux. Ondal de Goguryeo, qui passe pour un simple d’esprit, épouse la princesse Pyeonggang, sortie du palais pour le rejoindre, et devient grâce à elle un grand général. Le lettré de Silla Seol Chong raconte au roi une parabole sur un Roi des fleurs qui doit choisir entre une belle rose et une vieille fleur blanche et honnête : c’est une leçon sur l’importance d’écouter les bons conseils plutôt que les flatteries. La jeune Jieun se vend comme servante pour nourrir sa mère, et le roi récompense son dévouement.

Ces récits ont été choisis pour enseigner la loyauté, le courage, la piété filiale et l’art de bien gouverner. Ce ne sont pas des comptes rendus neutres, mais ils nous montrent les qualités que les lettrés de Goryeo attendaient d’une bonne personne.

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Kim Busik et la cour de Goryeo

Kim Busik (1075–1151) appartenait au clan Kim de Gyeongju, qui se disait issu de la famille royale de Silla. Il réussit l’examen de la fonction publique en 1096, occupa des postes littéraires à l’Académie Hallim et ailleurs, se rendit en Chine des Song comme envoyé et accéda aux plus hautes fonctions ministérielles. On dit que ses frères et lui reçurent des noms inspirés du célèbre écrivain Song Su Shi et de son frère Su Zhe. Un envoyé Song à Goryeo, Xu Jing, loua son érudition et son talent littéraire.

En 1135, le moine Myocheong et ses partisans se rebellèrent. Ils voulaient déplacer la capitale à Pyongyang, la « capitale de l’Ouest », et adopter une attitude plus offensive envers la dynastie jürchen des Jin. Kim Busik dirigea les forces gouvernementales qui écrasèrent la rébellion en 1136 et devint la personnalité dominante de la cour. Il se retira de ses fonctions en 1142 et dirigea la rédaction du Samguk sagi pendant sa retraite.

Ce travail ne fut pas le sien uniquement. L’encyclopédie de l’Académie des études coréennes recense onze fonctionnaires : Kim Busik comme rédacteur en chef, huit rédacteurs adjoints (chamgo) et deux responsables (gwangu) chargés de la supervision et de la révision. Son rôle fut néanmoins décisif, notamment dans les commentaires d’historien et dans la conception générale de l’ouvrage.

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Pourquoi ce livre a-t-il été écrit ? Le mémoire présenté au roi

Kim Busik exposa son objectif dans un mémoire présenté avec le livre (Jin Samguk sagi pyo). Trois raisons principales s’en dégagent : les lettrés coréens connaissaient bien les classiques et les histoires de Chine, mais ignoraient le passé de leur propre pays ; les ouvrages historiques chinois parlaient trop peu des trois royaumes ; et les anciens récits disponibles étaient sommaires et incomplets, si bien que les bonnes et les mauvaises actions des souverains et de leurs sujets ne pouvaient servir de leçons aux générations suivantes.

Le livre visait donc à préserver la mémoire du pays tout en enseignant la morale politique confucéenne. Rédiger une histoire officielle des dynasties antérieures permettait aussi à une maison régnante de se présenter comme un État légitime et civilisé, selon une pratique chinoise.

Le contexte politique comptait également. Au début du XIIe siècle, Goryeo faisait face à l’essor de la dynastie jürchen des Jin, qui conquit la Chine du Nord dans les années 1120. Le royaume venait aussi de traverser la rébellion de Myocheong et des luttes de pouvoir antérieures à la cour. Beaucoup d’historiens voient dans le Samguk sagi un effort pour rétablir l’ordre et l’autorité royale selon les principes confucéens après ces crises.

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Quelles sources les rédacteurs ont-ils utilisées ?

Les rédacteurs ont puisé dans des documents coréens aujourd’hui disparus, qu’ils citent sous des noms comme Gogi (« Anciens récits »), Samhan gogi, Silla gosa et Haedong gogi, ainsi que dans des œuvres des auteurs de Silla Kim Daemun et Choe Chiwon. Une histoire antérieure des trois royaumes, généralement appelée Gu Samguk-sa (« Ancienne histoire des Trois Royaumes »), est connue grâce au poète Yi Gyu-bo, qui la cita dans son poème sur le roi Dongmyeong en 1193. Ses liens avec le Samguk sagi restent discutés.

Ils ont également utilisé de nombreux ouvrages historiques chinois, dont les Chroniques des Trois Royaumes, le Livre des Han postérieurs, le Livre des Jin, le Livre des Wei, le Livre des Song, les Histoires des dynasties du Sud et du Nord, l’Ancien et le Nouveau Livre des Tang, ainsi que le Miroir général pour aider au gouvernement (Zizhi tongjian).

Lorsque les documents coréens et chinois divergeaient, les rédacteurs privilégiaient souvent les sources coréennes et signalaient fréquemment les différentes versions. Certains passages reprennent toutefois presque mot pour mot des sources chinoises, en particulier ceux qui traitent des guerres entre les royaumes coréens et les empires Sui et Tang. Distinguer dans le texte les documents coréens des matériaux chinois est l’une des grandes tâches de la recherche actuelle.

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Intermédiaire

Comment le texte nous est parvenu

Aucun exemplaire de 1145 n’a été conservé. Le livre fut imprimé à partir de planches de bois. Un volume contenant sept gwon d’une impression datant de la période Goryeo, conservé au musée Seongam des livres anciens à Séoul, est le plus ancien témoin du texte qui subsiste ; il est classé Trésor de Corée.

Au début de la dynastie Joseon, le livre fut réimprimé à Gyeongju en 1394. Une nouvelle impression y fut réalisée en 1512 sous la direction du magistrat Yi Gye-bok. Cette version de 1512, appelée édition Jeongdeok, servit de base à la plupart des textes ultérieurs. Des exemplaires imprimés au début de l’époque Joseon, conservés à l’académie Oksan Seowon de Gyeongju et au musée Seongam des livres anciens, furent classés Trésors nationaux de Corée en 2018.

Au XXe siècle, le Samguk sagi a été édité, annoté et traduit à de nombreuses reprises en coréen moderne. Des traductions partielles ont également paru en anglais et dans d’autres langues. Des éditions numériques rendent aujourd’hui le texte largement accessible.

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Débat : histoire « sinocentrée » ou patriotisme de Goryeo ?

La critique la plus célèbre fut formulée par le militant indépendantiste et historien Sin Chae-ho (1880–1936). Il reprocha à Kim Busik le sadaejuui, une attitude de soumission envers la Chine. Dans un essai de 1925, il qualifia la rébellion de Myocheong, réprimée par Kim Busik, de plus grand événement de l’histoire coréenne depuis mille ans : selon lui, son échec marqua la victoire d’une vision confucéenne et sinocentrée sur l’esprit d’indépendance. Les critiques ont relevé les commentaires d’historien qui jugent les royaumes selon les règles de convenance chinoises, la place centrale accordée à Silla et des omissions comme Gojoseon, Gaya, qui ne possède pas ses propres annales, et Balhae, royaume qui succéda à Goguryeo dans le nord.

Depuis les années 1970, de nombreux historiens, dont le spécialiste Shin Hyung-sik, auteur de l’article de l’encyclopédie de l’Académie des études coréennes consacré au livre, ont proposé une lecture plus nuancée. Ils soulignent que l’ouvrage appelle les récits des rois coréens bongi, « annales fondamentales », un terme réservé aux empereurs dans les histoires chinoises ; qu’il accorde aux trois royaumes le même statut formel d’États indépendants ; que Kim Busik voulait expressément que les Coréens connaissent leur propre histoire ; et que les rédacteurs ont conservé les titres royaux locaux et les traditions coréennes. Selon cette lecture, le Samguk sagi exprime un patriotisme confucéen propre au Goryeo du XIIe siècle, plutôt qu’une simple servilité.

La critique de la place centrale accordée à Silla fait elle aussi débat. Silla a duré plus longtemps et a laissé davantage de documents ; Goryeo se considérait en partie comme son successeur. Le déséquilibre peut donc tenir aux sources autant qu’aux préférences des rédacteurs. Par ailleurs, le livre consacre dix gwon d’annales à Goguryeo et décrit avec une admiration manifeste sa résistance aux Sui et aux Tang.

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Avancé

Les premières annales sont-elles fiables ?

La fiabilité des annales consacrées aux premiers siècles de chaque royaume fait débat depuis longtemps. Au début du XXe siècle, certains chercheurs japonais, notamment Tsuda Sōkichi, affirmèrent que les premiers récits sur Silla et Baekje avaient été en grande partie inventés. Cette thèse, appelée en coréen « théorie de la non-fiabilité des premiers récits » (chogi girok bulsillon), exerça une influence sur les études de l’époque coloniale.

Les recherches coréennes et internationales ultérieures ont évolué vers une utilisation critique de ces récits. Les traces archéologiques de la formation des premiers États de la péninsule et les comparaisons avec des sources chinoises, comme le récit sur les « Barbares de l’Est » dans les Chroniques des Trois Royaumes, laissent penser que les premières annales conservent des traditions authentiques, même si leur chronologie a souvent été condensée ou modifiée. Les propositions visant à la corriger, par exemple en considérant que certains premiers règnes se chevauchaient, restent discutées.

Sur le plan méthodologique, les historiens étudient le Samguk sagi par couches : les documents coréens, les sources chinoises, puis les choix de rédaction et les commentaires des compilateurs. Ils le comparent à des inscriptions, comme la stèle de Gwanggaeto de Goguryeo (414) et les monuments de pierre de Silla, ainsi qu’aux tablettes de bois (mokgan) découvertes au cours des dernières décennies et aux textes japonais et chinois. Chaque nouvelle fouille peut confirmer, corriger ou compliquer l’image donnée par le livre.

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Avancé

Les traités, une ressource pour la recherche

Les neuf gwon de traités sont brefs en comparaison de ceux des histoires chinoises, et les rédacteurs reconnaissaient que beaucoup de renseignements sur les institutions de Goguryeo et de Baekje avaient été perdus. Ils sont néanmoins précieux. Le traité sur les fonctions officielles conserve la hiérarchie des titres de Silla fondée sur les rangs osseux ; celui sur les vêtements et les véhicules décrit des règles de luxe qui variaient selon ces rangs ; et celui sur la musique nomme des instruments comme le gayageum et le geomungo et explique leurs origines.

Le traité de géographie est particulièrement important pour les linguistes. En 757, le roi Gyeongdeok de Silla remplaça de nombreux noms de lieux locaux par des noms à deux caractères de style chinois. Le traité consigne souvent les nouveaux noms et les anciens. Comme beaucoup d’anciens noms étaient transcrits à l’aide de caractères chinois choisis pour leur son ou leur sens, les chercheurs ont utilisé ces paires pour reconstituer des mots des langues parlées dans les trois royaumes, notamment des fragments de la langue de Goguryeo. L’interprétation de ces données et ce qu’elles révèlent sur les liens entre les langues de la péninsule restent débattus.

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Avancé

Postérité, Samguk yusa et historiographie de l’Asie orientale

Le Samguk sagi est souvent lu avec le Samguk yusa (« Souvenirs des Trois Royaumes »), compilé vers 1281 par le moine bouddhiste Iryeon, plus d’un siècle après lui. Les deux œuvres sont très différentes. Le Samguk sagi est une histoire officielle d’inspiration confucéenne ; le Samguk yusa est un recueil privé de légendes, de récits de miracles bouddhiques, de traditions populaires et de chants.

Le Samguk yusa contient des éléments absents du Samguk sagi, notamment le mythe fondateur de Dangun et de Gojoseon, l’histoire de la confédération de Gaya et quatorze hyangga, des chants en langue vernaculaire de Silla. Iryeon écrivit en partie pour compléter ce que l’histoire officielle avait laissé de côté.

Le Samguk sagi établit en Corée une tradition de rédaction historique soutenue par l’État. La dynastie Joseon compila plus tard l’Histoire de Goryeo (Goryeosa) sous la même forme d’annales et de biographies, ainsi que de vastes chroniques de ses propres règnes. Des historiens indépendants ultérieurs, comme An Jeong-bok au XVIIIe siècle, retravaillèrent et critiquèrent le Samguk sagi. L’appel de Yu Deuk-gong, dans le Balhaego de 1784, à intégrer Balhae à l’histoire coréenne peut aussi être lu en partie comme une réponse à ses omissions.

Dans le contexte plus large de l’Asie orientale, on peut le comparer au Nihon shoki japonais (720), histoire officielle antérieure rédigée elle aussi en chinois classique et associant des traditions locales à des modèles chinois, ainsi qu’aux histoires dynastiques chinoises dont il s’inspire. La comparaison de ces ouvrages montre comment différents États ont adapté une forme historiographique commune à leurs besoins politiques.

Aujourd’hui, le Samguk sagi reste indispensable, mais ses lecteurs l’abordent comme une interprétation du XIIe siècle d’un passé beaucoup plus ancien. Ses récits, notamment ceux d’Ondal et de la princesse Pyeonggang, de Seol Chong et des guerriers hwarang, font aussi toujours partie de la culture coréenne : ils sont racontés dans les manuels scolaires, les romans et les séries télévisées.

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Idées clés

Histoire officielle
Une histoire rédigée sur ordre du roi par des fonctionnaires de l’État, qui reflète les valeurs de la cour et du confucianisme.
Annales et biographies (gijeonche)
Une forme créée par Sima Qian qui associe les annales des souverains, des tableaux chronologiques, des traités et des biographies individuelles.
L’histoire comme leçon morale
Kim Busik voulait que les actes des souverains et de leurs sujets servent d’exemples et d’avertissements aux générations suivantes.
Commentaires d’historien (saron)
31 passages dans lesquels le rédacteur juge les événements et les personnes selon une perspective confucéenne.
Sources perdues
Le livre conserve des éléments provenant de documents coréens plus anciens qui ont disparu.
Débat sur le sadaejuui
Débat contemporain sur la question de savoir si le livre est sinocentré ou s’il exprime le patriotisme de Goryeo.
Critique des sources
Les lecteurs d’aujourd’hui distinguent les documents coréens, les sources chinoises et les interprétations des rédacteurs.

Notices

  1. 57 av. J.-C. — Date traditionnelle de la fondation de Silla (57 av. J.-C.) selon le Samguk sagi.
  2. 37 av. J.-C. — Date traditionnelle de la fondation de Goguryeo (37 av. J.-C.).
  3. 18 av. J.-C. — Date traditionnelle de la fondation de Baekje (18 av. J.-C.).
  4. 668 apr. J.-C. — Silla et les Tang conquièrent Goguryeo, après la chute de Baekje en 660.
  5. 935 apr. J.-C. — Le dernier roi de Silla se rend à Goryeo ; le récit du Samguk sagi s’achève.
  6. 1075 — Naissance de Kim Busik.
  7. 1135 — La rébellion de Myocheong éclate ; Kim Busik la réprime avant la fin de 1136.
  8. 1145 — Kim Busik et son équipe présentent le Samguk sagi au roi Injong.
  9. 1151 — Mort de Kim Busik.
  10. v. 1281 — Le moine Iryeon compile le Samguk yusa, qui complète l’histoire officielle.
  11. 1512 — L’édition Jeongdeok, qui servira de base à la plupart des textes ultérieurs, est imprimée à Gyeongju.
  12. 2018 — Des exemplaires imprimés au début de l’époque Joseon sont classés Trésors nationaux de Corée.

Glossaire

Trois Royaumes
Goguryeo, Baekje et Silla, les royaumes rivaux de la Corée ancienne.
Goryeo
La dynastie coréenne (918–1392) qui commanda le Samguk sagi ; le nom « Corée » vient de son nom.
Gwon
Un « rouleau » ou une division d’un texte traditionnel d’Asie orientale.
Bongi (annales)
Récits des règnes des souverains, année par année.
Yeoljeon (biographies)
Récits de la vie de personnes remarquables.
Ji (traités)
Chapitres thématiques sur des institutions telles que les rites, la géographie et les fonctions officielles.
Chinois classique
La langue écrite commune aux personnes instruites de l’Asie orientale prémoderne.
Sadaejuui
« Servir le grand » : terme critique moderne désignant la soumission à la Chine.
Rébellion de Myocheong
Révolte de 1135–1136 dirigée par le moine Myocheong, établie à Pyongyang et réprimée par Kim Busik.
Samguk yusa
Recueil privé de récits historiques et de légendes compilé par le moine Iryeon vers 1281.

Questions et réponses

Le Samguk sagi est-il le premier livre d’histoire coréenne jamais écrit ?

Non, mais c’est le plus ancien qui nous soit parvenu. Des ouvrages historiques antérieurs existaient et les rédacteurs les ont utilisés, mais ils ont disparu.

Pourquoi est-il écrit en caractères chinois ?

La Corée ne possédait pas encore son propre alphabet avant la création du hangeul dans les années 1440. Les Coréens instruits écrivaient donc en chinois classique, la langue écrite commune à l’Asie orientale.

Quelle est la personne la plus célèbre des biographies ?

Probablement le général Kim Yusin, dont la biographie occupe trois des dix gwon consacrés aux biographies.

Kim Busik méprisait-il vraiment la Corée ?

Sin Chae-ho et d’autres l’ont accusé de soumission à la Chine, mais beaucoup d’historiens actuels estiment qu’il voulait faire connaître aux Coréens leur propre histoire et qu’il considérait les trois royaumes comme des États indépendants. Les deux interprétations s’appuient sur des aspects réels du texte.

Peut-on se fier aux premières dates de fondation ?

Les historiens les examinent avec prudence. Les dates de 57, 37 et 18 av. J.-C. reflètent des traditions plus tardives, et beaucoup de chercheurs pensent que la chronologie ancienne a été modifiée, surtout pour Silla.

Quelle est la différence entre le Samguk sagi et le Samguk yusa ?

Le Samguk sagi est une histoire officielle d’inspiration confucéenne rédigée sur ordre du roi en 1145 ; le Samguk yusa est un recueil privé de légendes et de récits bouddhiques composé par le moine Iryeon vers 1281.

Pourquoi Balhae n’y figure-t-il pas ?

Les rédacteurs se sont limités aux trois royaumes et à Silla. Des historiens ultérieurs, comme Yu Deuk-gong en 1784, ont critiqué ce choix et soutenu que Balhae devait figurer dans l’histoire coréenne.

Sources et lectures complémentaires

  1. 신형식 (Shin Hyung-sik), 삼국사기 (三國史記). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  2. 정구복 (Chung Ku-bok), 김부식 (金富軾). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  3. 옥영정 (Ok Young-jeong), 삼국유사 (三國遺事). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  4. Samguk sagi. Wikipedia
  5. Kim Busik. Wikipedia
  6. 삼국사기. 위키백과 (Korean Wikipedia)
  7. Samguk yusa. Wikipedia

À découvrir aussi

Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.

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