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Pour les jeunes lecteurs
Il y a plus de 4 000 ans, les rois d’Égypte étaient enterrés dans des pyramides. La plupart des gens connaissent les pyramides de l’extérieur, comme d’immenses montagnes de pierre. Mais à l’intérieur de certaines d’entre elles, tout au fond, il y a des salles dont les murs sont couverts du sol au plafond de rangées d’une écriture en images gravée, appelée hiéroglyphes.
Ces écrits s’appellent les Textes des Pyramides. Ce ne sont pas des récits de la vie du roi. Ce sont des formules, un peu comme des prières ou des paroles magiques, que les prêtres chantaient à voix haute lors des funérailles du roi et que l’on gravait dans la pierre pour qu’elles continuent d’agir pour toujours.
Les formules disent au roi ce qu’il doit faire après sa mort : se réveiller, secouer la terre de son corps, rassembler ses os et monter au ciel. Elles décrivent de nombreuses façons d’y parvenir : par une échelle, sur un bateau-ferry, sur les ailes d’un oiseau, ou en volant comme un faucon. Là-haut, dans le ciel, il rejoindrait le dieu-soleil et les étoiles qui ne se couchent jamais.
Certaines formules demandent aux dieux du pain et de la bière pour que le roi n’ait jamais faim. D’autres protègent son corps et sa tombe des serpents, des scorpions et des voleurs. Quelques-unes sont surprenantes, comme celle où le roi semble chasser et manger les dieux pour s’emparer de leur pouvoir.
La première pyramide contenant ces textes appartenait à un roi appelé Ounas, qui vécut il y a environ 4 350 ans. Pendant longtemps, les spécialistes pensaient que les pyramides ne contenaient aucune écriture à l’intérieur. Puis, en 1880 et 1881, un archéologue français nommé Gaston Maspero se glissa dans plusieurs pyramides d’un endroit appelé Saqqara et découvrit des murs couverts de formules.
Aujourd’hui, les Textes des Pyramides nous aident à comprendre ce que les Égyptiens de l’Antiquité croyaient au sujet de la mort, des dieux et de l’au-delà. Des Égyptiens plus tardifs recopièrent et modifièrent nombre de ces formules, et certaines finirent dans le célèbre Livre des Morts.
En bref
- Date de gravure
- De la fin de la Ve dynastie (pyramide d’Ounas, vers le XXIVe siècle av. J.-C.) jusqu’à la VIe dynastie et à la VIIIe dynastie ; certaines formules ont probablement une origine bien plus ancienne
- Où
- Chambres funéraires, antichambres et couloirs de pyramides royales à Saqqara, près de Memphis en Basse-Égypte
- Pour qui
- Des rois (Ounas, Téti, Pépi Ier, Merenrê, Pépi II, Qakarê Ibi) et plusieurs reines (dont Neith, Ipout II, Oudjebten et Behenou)
- Langue et écriture
- Égyptien ancien, écrit en hiéroglyphes disposés en colonnes verticales, généralement remplis de pigment bleu ou vert
- Étendue
- L’édition de Sethe compte 714 formules (énoncés) ; des découvertes ultérieures portent le total à environ 759 ; Ounas seul en compte 283
- Redécouverte
- Gaston Maspero, 1880-1881 ; première édition en 1894 ; édition de référence par Kurt Sethe (1908-1922)
- Héritiers
- Adaptés dans les Textes des Sarcophages (Moyen Empire) puis dans le Livre des Morts (Nouvel Empire et après)
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Que sont les Textes des Pyramides ?
Les Textes des Pyramides forment un vaste ensemble de formules, de prières et de discours rituels gravés sur les parois des salles souterraines des pyramides royales égyptiennes. Ils sont écrits en égyptien ancien, le premier état de la langue égyptienne, et constituent le plus ancien grand corpus de textes religieux connu de l’Égypte antique, l’un des plus anciens écrits religieux au monde.
Ils apparaissent pour la première fois dans la pyramide d’Ounas, dernier roi de la Ve dynastie, qui régna vers le XXIVe siècle av. J.-C. Des rois de la VIe dynastie et un roi de la VIIIe dynastie, ainsi que plusieurs reines, les firent également graver dans leurs pyramides, toutes situées à Saqqara, la grande nécropole royale de l’ancienne capitale Memphis, près du Caire actuel.
Les textes avaient un but principal : garantir que le roi défunt surmonterait la mort, serait transformé en akh, un esprit glorifié et efficace, et prendrait sa place parmi les dieux dans le ciel. Contrairement aux textes funéraires plus tardifs, ils n’étaient pas illustrés et, à l’Ancien Empire, ils étaient réservés à la royauté.
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Une écriture cachée à l’intérieur des pyramides
Les premières grandes pyramides, comme celles de Gizeh, ne portent aucune écriture dans leurs chambres. Vers 2350 av. J.-C., cela changea. Dans la petite pyramide d’Ounas, les murs de la chambre funéraire, de l’antichambre et d’une partie du couloir furent couverts de colonnes de hiéroglyphes, gravés dans la pierre et remplis de couleur. Le plafond de la chambre funéraire fut peint en bleu, parsemé d’étoiles, comme le ciel nocturne.
La pyramide d’Ounas est la plus petite pyramide de l’Ancien Empire, haute d’environ 43 mètres seulement, mais ses textes sont les mieux conservés. Elle contient 283 formules. Les murs autour du sarcophage de pierre étaient décorés pour ressembler à un naos de nattes de roseau, et le reste était couvert d’écriture. Les pyramides plus tardives de la VIe dynastie contiennent davantage de textes et une plus grande variété de formules.
Le placement des textes n’était pas laissé au hasard. Différentes salles accueillaient différents types de formules : des rituels d’offrande près du sarcophage, des formules protectrices sur les pignons, et des textes sur la sortie de la tombe et l’ascension au ciel dans l’antichambre et le couloir. L’architecture de la tombe et les mots gravés sur ses murs fonctionnaient ensemble.
Les Textes des Pyramides n’étaient pas réservés aux rois. Trois reines de Pépi II, Neith, Ipout II et Oudjebten, firent graver des textes dans leurs propres pyramides, plus petites, et en 2010 d’autres furent découverts dans la tombe d’une autre reine, Behenou. Les tombes des reines sont plus simples, et la pyramide de Neith n’a pas d’antichambre, si bien que les formules qui y auraient normalement pris place furent gravées sur d’autres murs. Malgré cela, les textes suivent le même plan général que dans les pyramides des rois. Le nom de Neith est écrit partout pour que les formules lui soient propres, bien que de nombreux pronoms restent masculins, signe que les textes furent adaptés à partir de modèles royaux.
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Le voyage du roi vers le ciel
De nombreuses formules disent au roi défunt de se réveiller et de se relever. Dans une formule célèbre pour Ounas, le prêtre l’assure qu’il n’est pas parti mort mais parti vivant, et lui dit de s’asseoir sur le trône d’Osiris et de régner. Une autre formule, pour le roi Téti, l’appelle à lever la tête, rassembler ses os, secouer la terre de sa chair et prendre le pain qui ne rassit jamais et la bière qui ne s’aigrit jamais.
Les formules décrivent de nombreuses façons d’atteindre le ciel. Le roi peut gravir une échelle tenue par les dieux, monter une rampe ou un escalier, traverser en ferry les eaux du ciel, ou voler comme un faucon ou sur l’aile du dieu Thot. Si un passeur refuse de le transporter, le roi menace de trouver un autre moyen.
Dans le ciel, le roi rejoint le dieu-soleil Rê dans son voyage quotidien et devient l’une des « étoiles impérissables », les étoiles circumpolaires du ciel nord qui ne se couchent jamais sous l’horizon. Il est aussi identifié à Osiris, le dieu tué puis ramené à la vie, et son fils Horus agit pour lui. Ces différentes images de l’au-delà, solaire, stellaire et osirienne, coexistent dans les textes.
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Les types de formules
Les égyptologues répartissent les Textes des Pyramides en deux grands groupes. Le premier rassemble les textes rituels ou « sacerdotaux », prononcés par un prêtre-lecteur au roi défunt à la deuxième personne (« tu »). Ils comprennent des formules d’offrande récitées à la présentation de chaque élément de nourriture, de boisson, de tissu ou d’encens, ainsi que des textes issus de rituels comme l’Ouverture de la bouche, censée restituer au défunt sa capacité à manger, parler et voir.
Le second groupe rassemble les textes « personnels », que le roi lui-même peut prononcer ou qui concernent sa propre transformation. On y trouve des formules d’approvisionnement, où le roi réclame de la nourriture aux dieux ; des formules de transition, aussi appelées glorifications (sakhou), sur le passage à l’état d’akh et l’ascension au ciel ; et des formules apotropaïques, courtes incantations protectrices contre les serpents, les scorpions et d’autres dangers.
Les formules protectrices sont écrites dans un style particulièrement archaïque et sont considérées comme faisant partie du matériau le plus ancien. Les textes de transition, qui constituent la plus grande part du corpus, semblent plus récents, composés à la Ve et peut-être à la VIe dynastie. Certaines formules rituelles pourraient remonter à la IIe ou à la IIIe dynastie.
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Dieux et idées dans les textes
Les Textes des Pyramides sont l’une de nos principales sources sur la mythologie égyptienne ancienne. Ils mentionnent le dieu créateur Atoum, qui engendra le premier couple divin, et la famille de dieux connue comme l’Ennéade héliopolitaine : Shou et Tefnout, le dieu de la terre Geb et la déesse du ciel Nout, ainsi que leurs enfants Osiris, Isis, Seth et Nephthys. De nombreux mythes plus tardifs apparaissent ici pour la première fois, souvent sous forme de simples allusions.
Les textes s’appuient sur des conceptions des composantes de la personne. Le ka était la force vitale qui avait besoin d’offrandes alimentaires ; le ba était un aspect mobile de la personne, souvent imaginé comme un oiseau à tête humaine ; l’akh était l’esprit efficace et transfiguré que le roi espérait devenir. Le corps, le nom et l’ombre comptaient aussi. La mort n’était pas vue comme une fin, mais comme une transition dangereuse que l’on pouvait maîtriser par les mots et les rituels appropriés.
Le langage lui-même avait un pouvoir. Les Égyptiens croyaient que des paroles correctement prononcées ou écrites pouvaient faire advenir les choses. Certaines formules s’adressent donc aux dieux avec audace, allant jusqu’à les menacer s’ils n’aident pas le roi. Les prêtres modifiaient parfois les signes d’animaux dangereux, comme les serpents, ou les coupaient en deux dans les inscriptions, afin que les créatures écrites ne puissent nuire au roi.
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L’« Hymne cannibale » et d’autres formules surprenantes
Les formules 273-274, trouvées seulement dans les pyramides d’Ounas et de Téti, sont connues de nos jours sous le nom d’« Hymne cannibale ». Le roi, aidé par le dieu Chezmou, y chasse, dépèce, cuisine et mange les dieux comme des taureaux sacrificiels, absorbant leur pouvoir magique afin de devenir la plus grande puissance du ciel.
Les chercheurs lisent ce texte non pas comme la preuve d’un cannibalisme réel, mais comme une image mythologique et rituelle. Il fait écho à un rituel de boucherie et joue sur des métaphores vives et des jeux de mots. L’égyptologue victorien Peter le Page Renouf mettait déjà en garde contre l’explication de tels mythes comme de simples souvenirs de pratiques « sauvages ». Certains rapprochent cette image de la déesse du ciel Nout, représentée avalant les étoiles à l’aube.
Un autre texte inhabituel, la formule 534 dans la pyramide de Pépi Ier, est une malédiction contre quiconque nuirait à la pyramide. Il rappelle que les textes avaient aussi des visées pratiques : protéger la tombe royale et ses offrandes autant que guider l’esprit du roi.
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Redécouverte et éditions
Pendant des siècles, personne ne savait que ces textes existaient. En 1880, l’égyptologue français Gaston Maspero commença à fouiller au sud de Saqqara et pénétra dans une pyramide qui se révéla être celle de Pépi Ier, dont les parois souterraines étaient couvertes de hiéroglyphes. Le principal égyptologue en Égypte à l’époque, Auguste Mariette, refusa de croire qu’il s’agissait d’une pyramide, car aucune chambre de pyramide gravée n’avait jamais été trouvée. Maspero découvrit des textes semblables dans la pyramide de Merenrê, puis, en 1881, dans celles d’Ounas, de Téti et de Pépi II.
Maspero publia les textes à partir de 1882 et les rassembla en 1894 sous le titre Les inscriptions des pyramides de Saqqarah. L’égyptologue allemand Kurt Sethe produisit ensuite une édition de référence, Die altägyptischen Pyramidentexte (1908-1922), qui numérota les formules et rassembla les versions parallèles des différentes pyramides ; sa numérotation est encore utilisée aujourd’hui. Samuel Mercer (1952), Raymond Faulkner (1969) et James P. Allen (2005) publièrent des traductions anglaises.
Les fouilles se poursuivirent au XXe siècle. Gustave Jéquier étudia les pyramides de Pépi II, de ses reines et du roi Ibi entre 1926 et 1932. À partir de 1958, une mission française dirigée par Jean-Philippe Lauer, Jean Sainte-Fare Garnot et Jean Leclant restaura les pyramides d’Ounas, de Téti, de Pépi Ier et de Merenrê et réassembla des milliers de fragments gravés effondrés. D’autres textes furent découverts dans la tombe de la reine Behenou en 2010.
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Des Textes des Pyramides aux Textes des Sarcophages et au Livre des Morts
Après l’Ancien Empire, les pyramides royales cessèrent de porter ces inscriptions, mais les formules ne disparurent pas. Pendant la Première Période intermédiaire et le Moyen Empire, beaucoup d’entre elles, accompagnées de compositions nouvelles, furent écrites à l’intérieur des cercueils de bois de fonctionnaires et de personnes plus aisées. Cet ensemble, appelé les Textes des Sarcophages, comprend environ 1 185 formules et accorde une plus grande place au monde souterrain gouverné par Osiris.
Au Nouvel Empire et par la suite, un nouvel ensemble se développa, écrit surtout sur des rouleaux de papyrus déposés dans les tombes : le Livre des Morts. Il comprend des descendants de certaines formules des Textes des Pyramides, accompagnées d’illustrations comme la célèbre scène de la pesée du cœur. Des formules des Textes des Pyramides furent aussi recopiées dans les tombes de fonctionnaires, et à la Basse Époque on observa un regain d’intérêt pour elles.
Une copie remarquable se trouve dans la tombe de Senousretankh, un grand prêtre de la XIIe dynastie à el-Lisht, qui reproduit presque tous les textes d’Ounas. Cela montre que les textes furent conservés dans des copies de temple ou d’archive longtemps après la fermeture des pyramides.
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Quel âge ont les textes ? Origines orales et composition
Bien que les textes aient été gravés pour la première fois au XXIVe siècle av. J.-C., la plupart des égyptologues pensent que beaucoup furent composés plus tôt et transmis oralement ou par écrit sur papyrus. La grammaire et l’orthographe archaïques de certaines formules, les références à des pratiques de périodes antérieures, ainsi que la diversité de leurs styles, suggèrent tous que le corpus est une anthologie constituée sur une longue période.
Les chercheurs ont tenté de dater les formules individuellement d’après leur langue et leur contenu. Les formules protectrices sont généralement considérées comme les plus anciennes ; les textes rituels dramatiques pourraient remonter aux premières dynasties ; le vaste groupe de formules d’ascension semble appartenir à la Ve dynastie, époque où le culte solaire de Rê revêtait une importance particulière. Certaines formules mentionnent des pratiques funéraires ou des types de tombes qui ne correspondent pas aux pyramides où elles furent gravées, ce qui appuie l’idée qu’elles furent adaptées à partir de sources plus anciennes.
La raison pour laquelle les textes commencèrent soudainement à être gravés sous Ounas reste débattue. Les explications avancées comprennent des évolutions des idées religieuses, en particulier l’importance croissante d’Osiris ; le souhait de graver durablement les rituels dans la pierre au cas où le culte funéraire cesserait ; et des développements de l’idéologie royale à la fin de la Ve dynastie. Aucune de ces explications n’est certaine, et elles ne s’excluent pas mutuellement.
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Lire les textes comme un système
Les premières éditions, y compris celle de Sethe, traitaient les Textes des Pyramides comme une liste de formules séparées. Des recherches plus récentes, surtout à partir des années 1970, ont souligné que chaque pyramide présente un programme soigneusement organisé. Des chercheurs comme James P. Allen ont soutenu que les textes doivent être lus en relation avec l’architecture : la chambre funéraire représentait le monde souterrain (Douat), l’antichambre l’horizon (Akhet), et le couloir le chemin de sortie vers le ciel.
Selon cette lecture, les textes tracent le parcours du roi depuis le sarcophage, à travers l’antichambre et le couloir, vers le ciel du nord, suivant le chemin par lequel son esprit était censé quitter la pyramide. D’autres chercheurs ont proposé des ordres de lecture différents, partant de l’entrée et progressant vers l’intérieur, en suivant le cortège funéraire. Les deux approches s’accordent sur le fait que les textes doivent être étudiés dans leur cadre matériel, et non seulement comme des textes abstraits.
La comparaison des versions dans différentes pyramides montre aussi comment les textes furent édités. Les formules étaient choisies, réorganisées, adaptées pour les reines (conservant parfois des pronoms masculins), et transposées de la première à la troisième personne. Les textes de la reine Neith, par exemple, adaptent le programme royal à une tombe plus petite dépourvue d’antichambre. Ces éléments aident les chercheurs à comprendre comment les prêtres égyptiens travaillaient avec un corpus traditionnel de savoir religieux.
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Portée et débats sur l’au-delà
Les Textes des Pyramides constituent une source essentielle pour l’histoire de la religion, de la langue et de la royauté en Égypte. Ils montrent un roi à la fois souverain humain et être destiné à rejoindre les dieux, dont l’au-delà est assuré par l’action rituelle. Ils conservent les plus anciens textes continus de la langue égyptienne et sont indispensables à l’étude de la grammaire de l’égyptien ancien.
Une idée ancienne voulait que l’au-delà ait d’abord été un privilège royal, et que la diffusion des formules funéraires aux non-membres de la famille royale dans les Textes des Sarcophages représente une « démocratisation de l’au-delà ». Des chercheurs comme Harco Willems et Mark Smith ont critiqué ce modèle. Ils soulignent que les non-royaux avaient déjà, à l’Ancien Empire, des espoirs et des rituels concernant l’au-delà, et que le changement portait davantage sur qui pouvait utiliser certains textes écrits et symboles royaux que sur une ouverture soudaine de l’éternité à tous.
Les textes soulèvent aussi des questions sur la manière dont nous traduisons et comprenons la religion ancienne. Leur langage est souvent allusif et riche en jeux de mots, et les dieux et les lieux qu’ils mentionnent peuvent être interprétés de plusieurs façons. Les traductions peuvent différer considérablement les unes des autres. Cela fait des Textes des Pyramides à la fois un trésor et un défi pour les lecteurs modernes.
Idées clés
- Akh
- L’esprit transfiguré et efficace que le roi défunt espérait devenir, capable de vivre parmi les dieux.
- Ascension
- Le roi s’élève au ciel par une échelle, une rampe, un ferry ou en volant, pour rejoindre Rê et les étoiles impérissables.
- Osiris et renouveau
- Le roi est identifié à Osiris, le dieu mort puis rendu à la vie, et est pris en charge par Horus.
- Pouvoir des mots
- On croyait que les mots correctement prononcés et écrits agissaient sur le monde, protégeant et transformant le roi.
- Le rituel gravé dans la pierre
- Graver les formules rendait les rituels funéraires permanents, indépendamment de leur poursuite par des prêtres.
- Offrande et approvisionnement
- Le défunt avait besoin de nourriture et de boisson ; les formules garantissaient un approvisionnement durable pour le ka du roi.
- Tradition et adaptation
- Les textes formaient une anthologie de matériaux plus anciens, choisis et agencés pour chaque pyramide, puis adaptés plus tard pour des personnes non royales.
Notices
- v. 2550 av. J.-C. — Les grandes pyramides de Gizeh sont construites sans inscriptions dans leurs chambres.
- v. 2350 av. J.-C. — Règne d’Ounas : les Textes des Pyramides apparaissent pour la première fois dans sa pyramide de Saqqara.
- v. 2300 av. J.-C. — Les rois de la VIe dynastie Téti, Pépi Ier et Merenrê élargissent le corpus.
- v. 2200 av. J.-C. — Textes des Pyramides dans les pyramides de Pépi II et de ses reines Neith, Ipout II et Oudjebten.
- v. 2150 av. J.-C. — VIIIe dynastie : la petite pyramide du roi Qakarê Ibi porte les derniers Textes des Pyramides royaux.
- v. 2000 av. J.-C. — Moyen Empire : de nombreuses formules sont adaptées dans les Textes des Sarcophages ; une copie presque complète des textes d’Ounas est réalisée pour Senousretankh.
- 1880 — Gaston Maspero découvre des chambres gravées dans la pyramide de Pépi Ier, au sud de Saqqara.
- 1881 — Des textes sont découverts dans les pyramides d’Ounas, de Téti et de Pépi II.
- 1894 — Maspero publie Les inscriptions des pyramides de Saqqarah.
- 1908 — Kurt Sethe commence la publication de l’édition de référence, Die altägyptischen Pyramidentexte.
- 1958 — Une mission française entreprend la restauration des pyramides gravées et le réassemblage des fragments.
- 2010 — Des Textes des Pyramides sont découverts dans la tombe de la reine Behenou.
Glossaire
- Énoncé / formule
- Une unité des Textes des Pyramides, numérotée dans l’édition de Sethe (par ex. PT 213).
- Akh
- L’esprit glorifié et efficace d’un défunt ayant réussi son passage vers l’au-delà.
- Ka
- La force vitale d’une personne, entretenue après la mort par des offrandes de nourriture.
- Ba
- Un aspect mobile de la personne, souvent représenté sous la forme d’un oiseau à tête humaine.
- Prêtre-lecteur
- Le prêtre qui lisait à voix haute les textes rituels lors des cérémonies.
- Ouverture de la bouche
- Un rituel destiné à restituer les sens et les capacités du défunt ou d’une statue.
- Étoiles impérissables
- Les étoiles proches du pôle céleste qui ne se couchent jamais, vues comme une demeure des bienheureux défunts.
- Saqqara
- La nécropole royale de l’ancienne Memphis, où se dressent toutes les pyramides gravées.
- Textes des Sarcophages
- Formules funéraires du Moyen Empire écrites sur les cercueils, dont beaucoup dérivent des Textes des Pyramides.
- Livre des Morts
- Recueil funéraire plus tardif, généralement sur papyrus, accompagné d’illustrations.
Questions et réponses
Les Textes des Pyramides sont-ils des récits ?
Non. Ce sont des formules et des discours rituels, destinés à être prononcés à voix haute, pour aider le roi à traverser la mort et à vivre parmi les dieux.
Y a-t-il des Textes des Pyramides dans la Grande Pyramide de Gizeh ?
Non. Les pyramides de Gizeh ne portent aucune inscription dans leurs chambres. Les textes apparaissent environ deux siècles plus tard, à commencer par Ounas à Saqqara.
Qui pouvait les lire ?
Une fois la tombe scellée, on ne s’attendait pas à ce qu’une personne vivante les lise. Ils étaient destinés à l’esprit du roi et à leur effet magique. Avant l’inhumation, les prêtres les récitaient lors des rituels funéraires.
Le roi mangeait-il vraiment les dieux dans l’« Hymne cannibale » ?
Non. Le texte utilise une image rituelle saisissante de boucherie et de repas pour exprimer l’absorption du pouvoir divin par le roi ; c’est un langage mythologique, non le compte rendu d’une pratique réelle.
Quel âge ont réellement les formules ?
Elles furent gravées à partir du XXIVe siècle av. J.-C., mais beaucoup de formules furent probablement composées plus tôt. Leur âge exact fait débat et varie d’une formule à l’autre.
Est-il vrai que seuls les rois avaient droit à un au-delà à l’Ancien Empire ?
Les textes eux-mêmes étaient alors réservés à la royauté, mais d’autres sources montrent que les non-royaux espéraient eux aussi un au-delà. L’idée d’une « démocratisation » ultérieure est aujourd’hui débattue.
Quelle édition les chercheurs utilisent-ils ?
L’édition de Kurt Sethe (1908-1922) fournit la numérotation de référence ; parmi les traductions modernes figurent celles de Faulkner (1969) et d’Allen (2005), qui tiennent compte des découvertes ultérieures.
Sources et lectures complémentaires
- Pyramid Texts. Wikipedia
- Pyramid of Unas. Wikipedia
- Coffin Texts. Wikipedia
- 피라미드 텍스트. Wikipedia (Korean)
- Kurt Sethe, Die altägyptischen Pyramidentexte. J. C. Hinrichs, 1908–1922
- R. O. Faulkner, The Ancient Egyptian Pyramid Texts. Clarendon Press, 1969
- James P. Allen, The Ancient Egyptian Pyramid Texts. Society of Biblical Literature, 2005
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Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.
