Patrimoine

Zones historiques de Gyeongju

慶州歷史遺蹟地區 (경주역사유적지구)

v. 350–935 apr. J.-C. · Gyeongju (Silla)

En une phrase

Les zones historiques de Gyeongju sont cinq ensembles de ruines, de tombes royales, de temples et de fortifications situés à Gyeongju et alentour, en Corée du Sud, qui fut la capitale du royaume de Silla pendant environ mille ans.

Zones historiques de Gyeongju
Image: Sung Soo KIM · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

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Pour les jeunes lecteurs

Il y a longtemps, un royaume appelé Silla régnait sur le sud-est de la Corée, puis sur la majeure partie de la péninsule coréenne. Sa capitale était la ville que nous appelons aujourd’hui Gyeongju. Silla a duré près de mille ans, ce qui est plus long que la plupart des royaumes de l’histoire.

Aujourd’hui, en vous promenant dans Gyeongju, vous verrez de grandes collines herbeuses au milieu de la ville. Ce ne sont pas des collines ordinaires : ce sont les tombes des rois, des reines et des nobles de Silla. Quand les archéologues en ont ouvert certaines, ils y ont trouvé des couronnes d’or brillantes, des ceintures d’or, des coupes de verre venues de pays lointains et une peinture représentant un cheval blanc volant.

Près des tombes se dresse une tour de pierre en forme de bouteille. Elle s’appelle Cheomseongdae, et beaucoup pensent que les habitants de Silla l’utilisaient pour observer les étoiles. On y trouve aussi un joli étang, à l’emplacement du palais d’un prince, et un vaste champ couvert d’énormes blocs de pierre, là où se trouvait autrefois le plus grand temple de Corée. Il possédait une tour de bois aussi haute qu’un immeuble de 25 étages.

Juste au sud de la ville se trouve une montagne appelée Namsan. Cachés dans ses forêts, on trouve plus d’une centaine d’anciens sites de temples et de nombreux bouddhas sculptés dans la roche, si bien qu’on l’appelle « le musée sans murs ».

En l’an 2000, l’UNESCO a inscrit ces lieux sur la Liste du patrimoine mondial, afin que le monde entier aide à en prendre soin.

En bref

Nature
Un bien du patrimoine mondial en série composé de cinq zones distinctes, préservant les vestiges de la capitale de Silla et de sa montagne sacrée
Lieu
Gyeongju, province du Gyeongsang du Nord, sud-est de la Corée du Sud
Période
Royaume de Silla (traditionnellement 57 av. J.-C. – 935 apr. J.-C.) ; la plupart des vestiges conservés datent du IVe au Xe siècle apr. J.-C.
Les cinq zones
Namsan (mont Nam), Wolseong (palais royal), Daereungwon/parc des tumulus (tombes royales), Hwangnyongsa (grand temple) et Sanseong (forteresse)
Superficie
Environ 2 880 ha, avec une zone tampon d’environ 350 ha (chiffres du bien inscrit) ; 52 éléments patrimoniaux désignés selon le Service coréen du patrimoine
Patrimoine mondial
Inscrit en décembre 2000 (24e session, Cairns, Australie) selon les critères (ii) et (iii) ; n° de référence 976
Sites célèbres
Cheomseongdae, Wolseong, palais de Donggung et étang de Wolji, tombes de Cheonmachong et Hwangnam Daechong, site de Hwangnyongsa, pagode de Bunhwangsa, bouddhas rupestres de Namsan, Poseokjeong, Myeonghwalseong
Non inclus
La grotte de Seokguram et le temple de Bulguksa, également à Gyeongju, forment un bien du patrimoine mondial distinct, inscrit en 1995

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Que sont les zones historiques de Gyeongju ?

Gyeongju est une ville de taille moyenne dans le sud-est de la Corée. Pendant près de mille ans, elle fut la capitale de Silla, l’un des trois royaumes de la Corée ancienne, qui finit par dominer la majeure partie de la péninsule au VIIe siècle. La tradition coréenne date la fondation de Silla de 57 av. J.-C. et sa fin de 935 apr. J.-C., lorsque son dernier roi remit son royaume à la nouvelle dynastie Goryeo. La ville s’appelait alors Seorabeol ou Geumseong ; le nom de Gyeongju lui fut donné après la chute de Silla.

Contrairement à beaucoup de capitales anciennes, celle de Silla n’a jamais été enfouie sous une mégapole ultérieure. Des tombes royales s’élèvent encore entre les maisons et les routes, les terrains du palais restent ouverts comme des parcs, et les fondations des temples se trouvent dans des rizières. Les zones historiques de Gyeongju regroupent une sélection de ces vestiges, répartis en cinq zones distinctes et inscrites ensemble sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000.

La description de l’UNESCO met l’accent sur deux points. D’abord, Gyeongju rassemble une concentration exceptionnelle d’art bouddhique coréen — sculptures, reliefs, pagodes et ruines de temples et de palais —, en particulier des VIIe au Xe siècles. Ensuite, prises ensemble, ces zones témoignent de l’ensemble de la culture de Silla : le plan de la ville, sa structure sociale et son mode de vie.

Il est utile de savoir ce qui n’est pas inclus. La grotte de Seokguram et le temple de Bulguksa, sur le mont Toham à l’est de la ville, ont été inscrits séparément en 1995. Les zones historiques regroupent la capitale et ses environs : le palais, les tombes, les grands temples de la ville, la montagne sacrée du sud et la ceinture de fortifications.

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Comment « lire » la carte : cinq zones, cinq facettes de la vie

Les cinq zones ne sont pas choisies au hasard. Chacune représente un aspect de la vie dans une capitale royale. Le Service coréen du patrimoine les résume ainsi : Namsan est un trésor d’art bouddhique ; Wolseong est le terrain du palais de la dynastie millénaire ; Daereungwon (aussi appelé parc des tumulus) rassemble les grands tumulus des rois et des nobles ; Hwangnyongsa représente le cœur du bouddhisme de Silla ; et Sanseong, la zone des fortifications, montre le noyau des défenses de la capitale.

Imaginez l’ancienne ville comme un cercle. Au centre, sur une éminence en forme de croissant, au bord du ruisseau Namcheon, se dressait le palais royal de Wolseong. Juste au nord et à l’ouest s’étendaient les champs de tumulus géants. Au nord-est se dressaient les plus grands temples de la ville. Au sud de tout cela se trouvait Namsan, une montagne couverte de sanctuaires et de bouddhas sculptés. Et sur les collines à l’est, des murailles fortifiées comme Myeonghwalseong protégeaient les approches.

Lors d’une visite, on peut lire l’histoire de Silla en se déplaçant entre ces zones. Les tombes appartiennent surtout à la période antérieure à l’adoption du bouddhisme comme religion d’État ; les temples montrent comment le bouddhisme a transformé la ville à partir du VIe siècle ; l’étang du palais et ses trouvailles montrent la cour raffinée du royaume unifié ; et Namsan montre comment la foi s’est répandue jusque dans le paysage lui-même.

La liste officielle recense 52 éléments patrimoniaux désignés dans les cinq zones, mais certaines sources donnent des comptes différents, car une montagne entière comme Namsan contient des centaines de vestiges individuels regroupés sous un plus petit nombre de désignations.

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Des collines pleines d’or : les tombes royales

Le spectacle le plus frappant du centre de Gyeongju, ce sont ses tumulus — de grands monticules funéraires couverts d’herbe, dont certains dépassent dix mètres de haut. La zone de Daereungwon comprend plusieurs groupes de tumulus, dont ceux de Hwangnam-ri, Nodong-ri et Noseo-ri, la tombe traditionnellement attribuée au roi Michu, et les Cinq Tombes royales (Oreung) associées aux fondateurs légendaires de Silla.

Beaucoup des plus grands tumulus furent construits selon la technique du tombeau à chambre de bois recouverte de pierres. Les bâtisseurs érigeaient une chambre en bois pour le cercueil et les objets funéraires, la recouvraient d’une épaisse couche de galets de rivière, puis enterraient le tout sous la terre. Quand le bois pourrissait, les pierres s’effondraient vers l’intérieur et scellaient la chambre. Cela rendait les tombes très difficiles à piller, ce qui explique que tant de trésors aient survécu jusqu’à nos jours. Ces tombes furent construites à grande échelle dans la plaine de Gyeongju, environ du Ve au début du VIe siècle.

Deux fouilles des années 1970 sont particulièrement célèbres. Cheonmachong, la « tombe du cheval céleste » (tombe n° 155), fut fouillée en 1973 ; elle mesure environ 47 m de diamètre et 12,7 m de haut et a livré plus de 11 000 objets, dont une couronne d’or et un panneau de selle en écorce de bouleau peint représentant un cheval blanc volant, qui a donné son nom à la tombe. Non loin, Hwangnam Daechong (tombe n° 98), fouillée de 1973 à 1975, est la plus grande tombe de Silla connue : deux monticules ronds reliés du nord au sud, longs d’environ 120 m au total.

Le monticule sud de Hwangnam Daechong contenait un homme, et le monticule nord une femme. Une garniture de ceinture en argent portant l’inscription « buindae » (夫人帶, « ceinture de dame ») provenait du monticule nord. Les objets trouvés comprenaient des couronnes d’or, des ceintures, des bijoux, des armes, de la poterie et des récipients de verre, dont certains venaient de très loin. Ils montrent que Silla, bien que située à l’extrémité orientale de l’Eurasie, était reliée à des réseaux commerciaux atteignant la Chine et au-delà.

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Intermédiaire

La zone de Wolseong : palais, bois sacré, observatoire et étang d’agrément

Wolseong (« forteresse de la Lune ») était le principal palais royal de Silla. C’est une longue enceinte de terre en forme de demi-lune, d’environ 890 m d’est en ouest et 260 m du nord au sud, avec un périmètre d’environ 2 340 m. Le Samguk sagi, l’histoire officielle compilée en 1145, indique qu’en l’an 101 une forteresse fut construite au sud-est de Geumseong et nommée Wolseong. L’archéologie raconte une histoire un peu plus tardive : les fouilles montrent que ses fondations furent posées vers le milieu du IVe siècle et ses murs achevés au début du Ve siècle. Il ne reste presque rien des bâtiments du palais en surface ; la seule structure de pierre encore debout, une glacière (seokbinggo), date de 1741, sous la période Joseon.

Près du palais se trouve Gyerim, un petit bois d’arbres anciens. Dans la légende de Silla, c’est là que l’ancêtre du clan royal Kim aurait été trouvé bébé dans une boîte dorée. Non loin se dresse Cheomseongdae, une tour de granit d’environ 9 m de haut (les chiffres publiés varient de 9,17 à 9,51 m) : une base carrée, un corps courbe en forme de bouteille fait de 27 assises de pierre, et un sommet carré en forme de cadre de puits. Il y a une petite fenêtre à mi-hauteur. Le Samguk yusa, un recueil d’histoires et de légendes du XIIIe siècle, dit qu’elle fut construite sous le règne de la reine Seondeok (632-647). Elle fut désignée Trésor national en 1962.

Au nord-est de Wolseong se trouve l’étang connu aujourd’hui sous le nom de Wolji (autrefois Anapji), avec le site de Donggung, le « Palais de l’Est », utilisé pour le prince héritier et les banquets royaux. Le Samguk sagi rapporte que le roi Munmu fit creuser un nouvel étang dans le palais en 674, et que des souverains ultérieurs y tinrent des festins. L’étang comporte trois petites îles et un rivage sinueux ; on dit souvent qu’aucun point de vue sur la berge ne permet de voir tout l’étang à la fois.

Les fouilles menées à Wolji à partir de 1975 ont mis au jour des dizaines de milliers d’objets (Wikipédia donne le chiffre d’environ 33 000) dans la vase de l’étang, dont des tuiles de toit, de la poterie, des figures bouddhiques en bronze doré et des objets de la vie quotidienne à la cour. Trois pavillons furent reconstruits sur les anciennes fondations, et l’étang illuminé la nuit est aujourd’hui l’un des lieux les plus visités de Gyeongju en soirée.

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Intermédiaire

La zone de Hwangnyongsa : le temple du Dragon jaune

Hwangnyongsa (« temple du Dragon jaune ») était le plus grand temple de Silla et l’un des plus grands d’Asie de l’Est. Selon la tradition, en 553 le roi Jinheung ordonna la construction d’un nouveau palais à l’est de Wolseong, mais lorsqu’un dragon jaune fut signalé sur le site, il le transforma en temple. Les murs entourant l’enceinte furent achevés en 569. En 574, une statue colossale de Bouddha de plus de 5 m de haut fut coulée, et son pavillon d’or fut achevé en 584.

Le bâtiment le plus célèbre du temple était une pagode de bois à neuf étages, commencée en 643 et achevée en 645 sous la reine Seondeok. La tradition dit qu’elle fut proposée par le moine Jajang et construite avec l’aide d’un maître artisan du royaume rival de Baekje nommé Abiji. Sa hauteur totale fut consignée comme étant de 225 cheok, que les chercheurs convertissent en environ 80 m. Chaque étage était censé représenter un peuple voisin que Silla espérait vaincre, ce qui montre à quel point le bouddhisme et la protection de l’État étaient liés. Le Bouddha principal et la pagode comptaient parmi les « Trois Trésors de Silla ».

La pagode fut réparée plusieurs fois après des impacts de foudre et des tremblements de terre. En 1238, lors des invasions mongoles, tout le temple brûla et ne fut jamais reconstruit. Des fouilles menées de 1976 à 1983 ont révélé son plan — une pagode devant trois pavillons d’or, le tout entouré de galeries couvertes — et mis au jour environ 40 000 objets, dont un immense ornement de faîtage en céramique. L’enceinte couvrait environ 80 000 m² (les estimations varient selon les sources).

De l’autre côté de la route se trouve Bunhwangsa, fondé en 634 sous la reine Seondeok. Sa pagode est construite en pierre sombre taillée pour ressembler à des briques, imitant les pagodes de brique chinoises. Trois étages subsistent d’une structure décrite dans les archives comme plus haute ; des lions de pierre gardent ses angles. Elle fut désignée Trésor national en 1962.

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Intermédiaire

La zone de Namsan : une montagne transformée en terre de Bouddha

Namsan (« montagne du Sud ») s’élève juste au sud de l’ancienne ville. Elle n’est pas très haute — ses sommets atteignent environ 466 à 495 m — et mesure environ 8 km du nord au sud et 4 km d’est en ouest. C’est pourtant la plus vaste et la plus riche des cinq zones. Les relevés ont recensé plus d’une centaine de sites de temples, environ 80 bouddhas de pierre, environ 60 pagodes de pierre et plus de 20 lanternes de pierre. Les relevés donnent des totaux différents, car de nouveaux vestiges sont encore découverts dans ses vallées.

Les sculptures vont de petites figures simples à des reliefs monumentaux. À Chilburam (« l’ermitage des Sept Bouddhas »), une triade de Bouddha est sculptée en haut-relief sur une paroi rocheuse d’environ 4,26 m de haut, avec quatre autres Bouddhas sur un bloc de pierre devant, un de chaque côté ; le groupe fut désigné Trésor national en 2009. Parmi les autres œuvres célèbres figurent la triade de Bouddha debout en pierre de Bae-ri, le grand Bouddha rupestre de la vallée de Samneung, et le relief d’un bodhisattva assis dans une pose détendue à Sinseonam.

Namsan était sacrée avant l’arrivée du bouddhisme. Silla avait une forte tradition de culte des montagnes et des rochers, et les chercheurs coréens voient souvent dans les sculptures bouddhiques la rencontre de cette croyance ancienne avec la nouvelle foi : un bouddha peut sembler émerger de la roche vivante plutôt que d’y être simplement placé. Certains auteurs décrivent la montagne comme une sorte de mont Sumeru, la montagne-monde au centre de l’univers bouddhique, posée à côté de la capitale.

La montagne abrite aussi des sites profanes et royaux. Najeong, un puits à son pied, est l’endroit où, selon la légende, le fondateur Hyeokgeose serait né d’un œuf. Plusieurs tombes royales se trouvent sur ses pentes. Poseokjeong est le vestige d’un canal d’eau courbe en pierre d’environ 22 m de long, utilisé dans un palais annexe pour des banquets où des coupes de vin flottaient le long du courant pendant que les invités composaient des poèmes. Le Samguk sagi rapporte qu’en 927, le roi Gyeongae tenait un festin à cet endroit lorsque Gyeon Hwon, fondateur du Baekje postérieur, attaqua la capitale ; le roi mourut, et Silla ne s’en releva jamais.

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La zone de Sanseong et la forteresse de Namsan : défendre la capitale

La capitale de Silla ne possédait pas une seule muraille continue comme les capitales chinoises. Elle s’appuyait plutôt sur des forteresses de montagne établies sur les collines environnantes. La zone de Sanseong (forteresse) du bien du patrimoine mondial se compose principalement de Myeonghwalseong, sur une colline à l’est de la ville. Les archives mentionnent une attaque contre elle en 405, puis des réparations aux Ve et VIe siècles ; le roi Jabi y aurait déplacé sa résidence pour un temps en 475. Elle semble avoir perdu de son importance après 647, année où elle fut associée à la rébellion du noble Bidam.

Sur Namsan se dresse une autre forteresse de pierre, Namsan Sinseong (« nouvelle forteresse de Namsan »), que le Samguk sagi dit avoir été construite en 591 sous le roi Jinpyeong. Elle a laissé un témoignage exceptionnel : des stèles de pierre gravées, érigées par les équipes de travailleurs. Neuf d’entre elles furent trouvées entre les années 1930 et 1994 et sont conservées au Musée national de Gyeongju.

Chaque stèle consigne la date — le 26e jour du deuxième mois de l’année 591 —, les fonctionnaires et villageois responsables, leurs districts d’origine et leurs rangs, ainsi que la longueur de mur qu’ils construisirent. Fait remarquable, les bâtisseurs juraient que si leur section s’effondrait dans les trois ans, ils accepteraient un châtiment. Ces textes montrent comment l’État de Silla mobilisait la main-d’œuvre des provinces à la fin du VIe siècle, et ils comptent parmi les sources écrites les plus importantes sur l’administration locale de Silla.

Prises ensemble, les fortifications montrent que Gyeongju était une capitale défendue par son paysage : un bassin cerné de collines, avec le palais royal protégé d’un côté par le ruisseau Namcheon et de tous côtés par des hauteurs fortifiées.

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Intermédiaire

La société qui l’a bâtie : Silla, d’une chefferie au royaume unifié

Silla débuta comme Saro, l’une des nombreuses petites entités politiques du sud-est de la péninsule. Du IVe au VIe siècle, elle se transforma en un royaume centralisé. Les immenses tombes remplies d’or appartiennent à cette phase, où l’aristocratie dirigeante affichait son pouvoir à travers les sépultures. La société de Silla était organisée selon le système des « rangs osseux » (golpum), une hiérarchie héréditaire qui déterminait quelles charges, maisons, vêtements et même quels véhicules une famille pouvait posséder.

Le bouddhisme atteignit Silla plus tard que les autres royaumes coréens. Il fut officiellement reconnu vers 527-528, un tournant que la tradition associe au martyre du courtisan Ichadon. Dès lors, la construction de grands temples comme Hwangnyongsa et Bunhwangsa transforma le visage de la capitale, et l’inhumation dans d’immenses tumulus céda peu à peu la place à des tombes plus petites, puis, plus tard, à la crémation chez certaines élites.

Dans les années 660, Silla s’allia avec la Chine des Tang pour vaincre Baekje (660) et Goguryeo (668), puis combattit les Tang jusqu’en 676 pour assurer son contrôle sur la majeure partie de la péninsule. La période qui suivit, souvent appelée Silla unifié, fut l’époque de l’étang du palais de Wolji, de Seokguram et Bulguksa, et de nombreuses sculptures de Namsan. Le Samguk yusa affirme que la capitale comptait à son apogée 178 936 foyers ; les historiens modernes débattent de la fiabilité de ce chiffre et de la façon de l’interpréter.

À partir de la fin du VIIIe siècle, les luttes entre factions nobles affaiblirent le trône. Des hommes forts régionaux firent sécession, et pendant la période des « Trois Royaumes postérieurs », Gyeon Hwon fonda le Baekje postérieur et Gungye fonda Taebong, que le général Wang Geon reprit en 918 sous le nom de Goryeo. Après le sac de la capitale par Gyeon Hwon en 927, le dernier roi, Gyeongsun, se rendit à Wang Geon de Goryeo en 935.

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Intermédiaire

Après Silla : abandon, redécouverte et patrimoine mondial

Après 935, Gyeongju devint une ville de province. Elle conserva un statut symbolique — pendant un temps sous Goryeo, elle fut une « capitale de l’Est » — mais le pouvoir politique se déplaça vers le nord. Les invasions mongoles du XIIIe siècle détruisirent Hwangnyongsa en 1238. Sous la dynastie Joseon, dont l’élite néo-confucéenne était souvent défavorable au bouddhisme, de nombreux temples de Namsan tombèrent en ruine, et certaines sculptures furent endommagées.

L’archéologie moderne à Gyeongju débuta sous la domination coloniale japonaise (1910-1945). La découverte de Geumgwanchong (« tombe de la couronne d’or ») en 1921, lors de travaux de construction dans une maison privée, produisit la première couronne d’or de Silla et suscita un grand intérêt pour les tombes. Les fouilles de l’époque coloniale ont livré des objets spectaculaires mais furent souvent menées à la hâte et mal documentées selon les critères modernes, sous un régime qui utilisait l’archéologie pour appuyer son propre récit de l’histoire coréenne. Les historiens coréens étudient aujourd’hui cette période avec un regard critique.

Après la libération, et surtout à partir des années 1970, la Corée du Sud fit de Gyeongju un centre du patrimoine national et du tourisme. Les fouilles de Cheonmachong et Hwangnam Daechong (1973-1975), de Wolji (à partir de 1975) et de Hwangnyongsa (1976-1983) furent des jalons de l’archéologie coréenne. Une grande partie de la zone fut protégée par la loi nationale sur le patrimoine et incluse dans le parc national de Gyeongju. Les fouilles de Wolseong se poursuivent depuis 1990 sous l’égide de l’institut national de recherche pour Gyeongju.

En décembre 2000, lors de sa 24e session à Cairns, en Australie, le Comité du patrimoine mondial inscrivit les zones historiques de Gyeongju selon les critères (ii) et (iii). Le Service coréen du patrimoine note que le bien a été jugé supérieur même à Kyoto et Nara au Japon par la densité et la diversité de ses vestiges — une évaluation de l’autorité patrimoniale coréenne, à lire davantage comme une appréciation nationale que comme un classement neutre.

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Avancé

Débats scientifiques : qui est enterré ici, et à quoi servait Cheomseongdae ?

Les grandes tombes de Silla ne comportent presque aucune identification écrite, ce qui rend difficile leur attribution à des souverains précis. Hwangnam Daechong en est le cas classique. Les chercheurs ne s’accordent pas sur sa datation, entre les IVe-Ve siècles ou les Ve-VIe siècles, et donc sur l’identité de l’homme enterré dans le monticule sud : le roi Naemul, premier souverain héréditaire de Silla bien attesté, le roi Nulji, ou un autre souverain encore. La réponse dépend de la manière dont on date la poterie et la métallurgie de Silla par rapport aux comparaisons chinoises et de Goguryeo, et de la confiance accordée aux dates de règne du Samguk sagi. Cheonmachong est souvent, avec prudence, associée au roi Jijeung, et Geumgwanchong a livré un fourreau portant l’inscription « roi Isaji » (尒斯智王), un nom absent des annales historiques — exemple frappant du décalage entre les images archéologique et textuelle.

L’origine du tombeau à chambre de bois recouverte de pierres fait aussi débat depuis longtemps. Certains chercheurs ont proposé une influence des peuples cavaliers de la steppe du nord, en s’appuyant sur des parallèles de forme funéraire et sur des couronnes d’or aux montants en forme d’arbres ou de bois de cerf. D’autres y voient une adaptation des formes funéraires de Goguryeo ou d’autres régions de la péninsule, ou un développement local propre à la région de Gyeongju. L’Encyclopédie de la culture coréenne présente ces différentes vues côte à côte sans trancher la question.

La fonction de Cheomseongdae est débattue depuis au moins les années 1960-1970. La thèse traditionnelle, fondée sur son nom (« tour pour observer les étoiles ») et des textes ultérieurs, veut qu’il s’agisse d’un observatoire astronomique, peut-être avec un instrument ou un observateur sur sa plateforme sommitale. Des critiques notent que la plateforme est petite et malaisée d’accès, et des interprétations alternatives en font un autel rituel, un monument ou une structure symbolique d’inspiration bouddhique — représentant par exemple le mont Sumeru — ou encore un gnomon marquant les saisons. La symbolique numérique est souvent invoquée : environ 365 pierres, 27 assises, 12 assises au-dessus et en dessous de la fenêtre. Comme ces comptages dépendent des pierres incluses, de telles lectures doivent être considérées avec prudence.

Une controverse plus récente concerne le sacrifice humain à Wolseong. En 2017, des fouilleurs ont annoncé la découverte de deux squelettes placés côte à côte sous le mur ouest, et en 2021, un troisième, celui d’une jeune femme, trouvé à proximité. Les fouilleurs y voient des sacrifices de fondation effectués lors de la construction des murs, premier soutien archéologique en Corée aux légendes de personnes enterrées pour que les murailles tiennent bon. D’autres chercheurs appellent à la prudence dans l’interprétation, et les découvertes sont encore à l’étude.

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Avancé

Restauration, authenticité et ville vivante

Gyeongju soulève une question fondamentale des pratiques patrimoniales : faut-il reconstruire des bâtiments disparus ? La majeure partie de l’architecture de bois de Silla a disparu, ne laissant que des pierres de fondation, des ouvrages en terre et des fragments exhumés. La reconstruction attire les visiteurs et aide à imaginer le passé, mais elle risque de produire des bâtiments qui doivent plus aux conjectures modernes qu’aux preuves. L’accent mis par le système du patrimoine mondial sur l’authenticité — qu’un bien doit refléter de manière crédible sa forme et ses matériaux historiques — entre en tension avec les ambitions de recréer des palais et des pagodes disparus.

Ce débat s’est concrétisé avec la loi spéciale sur la restauration et l’entretien des sites historiques clés de la capitale royale de Silla, promulguée en décembre 2019 (loi n° 16779) et entrée en vigueur en décembre 2020. Elle désigne Wolseong, Hwangnyongsa, Donggung et Wolji, ainsi que Cheomseongdae, parmi les sites centraux et prévoit leur restauration et leur mise en valeur. Ses partisans présentent la loi comme un moyen de restaurer le cœur d’une capitale millénaire ; ses critiques — dont des archéologues et des spécialistes du patrimoine — ont craint que des reconstructions à grande échelle, par exemple de la pagode de Hwangnyongsa, ne puissent s’appuyer sur des preuves suffisantes. Les reconstitutions numériques, ou de nouveaux bâtiments à l’écart du site d’origine — tel Hwangnyongwon, une tour moderne inspirée de la pagode, dans le complexe touristique de Bomun — sont des compromis possibles.

Les zones historiques sont aussi une ville vivante. On y habite, y cultive et y circule au milieu des tombes, et la ville moderne a grandi autour des zones protégées. Concilier les droits des habitants, le tourisme, les nouvelles infrastructures et la protection archéologique est un défi constant. Les tremblements de terre constituent une préoccupation supplémentaire : Cheomseongdae fait l’objet d’une surveillance de son inclinaison et de ses mouvements structurels depuis 2007, et la région a connu un fort séisme en 2016.

Pour les chercheurs, les fouilles en cours représentent à la fois une opportunité et un problème méthodologique. Chaque campagne modifie l’image que l’on se fait de Silla, mais chaque fouille détruit aussi une partie des preuves qu’elle étudie. De nombreux archéologues plaident donc pour des fouilles plus lentes et plus sélectives, une meilleure publication des anciennes fouilles, y compris celles de l’époque coloniale, et un recours accru aux méthodes de prospection non invasives comme le géoradar.

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Idées clés

Une capitale sans mégapole ultérieure
Comme Gyeongju devint une ville de province après 935, les tombes, les terrains du palais et les sites de temples de Silla restent à ciel ouvert dans et autour de la ville moderne.
Bien en série
L’inscription au patrimoine mondial regroupe cinq zones distinctes, représentant chacune un aspect de la capitale : palais, tombes, temples de la ville, montagne sacrée et défenses.
Des tombes aux temples
Le passage des tumulus funéraires remplis d’or aux grands temples bouddhiques retrace la transformation de Silla après l’adoption du bouddhisme au début du VIe siècle.
Bouddhisme protecteur de l’État
Des monuments comme la pagode à neuf étages de Hwangnyongsa étaient censés protéger le royaume de ses ennemis.
Paysage sacré
Sur Namsan, l’ancien culte des montagnes et des rochers se mêla au bouddhisme, transformant la montagne en un sanctuaire à ciel ouvert.
Textes contre archéologie
Les dates et les noms du Samguk sagi et du Samguk yusa diffèrent souvent de ce que révèlent les fouilles, d’où la nécessité de les évaluer avec un regard critique.
Authenticité et reconstruction
Les projets de reconstruction des bâtiments disparus de Silla posent des questions de preuves, d’authenticité et de finalité du patrimoine.

Notices

  1. v. 57 av. J.-C. — Date traditionnelle de la fondation de Silla (Saro) par Hyeokgeose, selon le Samguk sagi.
  2. v. 101 apr. J.-C. — Le Samguk sagi rapporte la construction de Wolseong ; l’archéologie suggère que les murs furent bâtis aux IVe-Ve siècles.
  3. v. 528 apr. J.-C. — Silla reconnaît officiellement le bouddhisme (527 ou 528), traditionnellement après le martyre d’Ichadon.
  4. 553 apr. J.-C. — Le roi Jinheung commence Hwangnyongsa sur le site d’un palais projeté.
  5. 591 apr. J.-C. — La forteresse de Namsan Sinseong est construite ; ses bâtisseurs érigent des stèles de serment gravées.
  6. 645 apr. J.-C. — La pagode de bois à neuf étages de Hwangnyongsa, haute d’environ 80 m, est achevée.
  7. 674 apr. J.-C. — Le roi Munmu fait creuser un nouvel étang dans le palais — l’actuel Wolji.
  8. 927 apr. J.-C. — Gyeon Hwon du Baekje postérieur met à sac la capitale ; le roi Gyeongae meurt à Poseokjeong.
  9. 935 apr. J.-C. — Le roi Gyeongsun se rend à Goryeo, mettant fin à Silla.
  10. 1238 — Les envahisseurs mongols incendient Hwangnyongsa et sa pagode.
  11. 1973 — Les fouilles de Cheonmachong et Hwangnam Daechong débutent (jusqu’en 1975).
  12. 2000 — Les zones historiques de Gyeongju sont inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Glossaire

Silla
Un royaume coréen (traditionnellement de 57 av. J.-C. à 935 apr. J.-C.) dont la capitale était Gyeongju ; il unifia la majeure partie de la péninsule au VIIe siècle.
Tumulus (pluriel tumuli)
Un monticule de terre élevé au-dessus d’une tombe.
Tombeau à chambre de bois recouverte de pierres
Un type de tombe de Silla où une chambre funéraire en bois était recouverte d’un amoncellement de pierres, puis de terre.
Bien en série
Une inscription au patrimoine mondial composée de plusieurs sites distincts qui expriment ensemble une valeur exceptionnelle unique.
Pagode
Un monument bouddhique en forme de tour, souvent destiné à conserver des reliques, construit en bois, en brique ou en pierre.
Système des rangs osseux
Le système de classes héréditaires de Silla qui fixait des limites en matière de charges, de tenue vestimentaire et de logement.
Bouddha rupestre (maae-bul)
Une image du Bouddha sculptée en relief directement dans une falaise ou un rocher.
Samguk sagi
« Histoire des Trois Royaumes », l’histoire officielle coréenne compilée par Kim Busik en 1145.
Samguk yusa
« Mémorables des Trois Royaumes », un recueil du XIIIe siècle d’histoire, de légendes et de contes bouddhiques compilé par le moine Iryeon.
Critères (ii) et (iii)
Critères du patrimoine mondial pour un échange important de valeurs humaines et pour un témoignage exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation.

Questions et réponses

Pourquoi y a-t-il de grandes collines au milieu de Gyeongju ?

Ce sont les monticules funéraires des rois, des reines et des nobles de Silla, construits surtout entre le IVe et le VIe siècle.

Cheomseongdae est-il vraiment un observatoire ?

Traditionnellement oui, et on l’appelle souvent le plus ancien observatoire subsistant d’Asie de l’Est, mais des chercheurs ont aussi proposé qu’il s’agissait d’un autel, d’un monument ou d’une structure symbolique. La question reste débattue.

Peut-on encore voir la pagode de Hwangnyongsa ?

Non. Elle a brûlé en 1238. Seules ses pierres de fondation subsistent, avec le reste du plan au sol du temple.

Seokguram et Bulguksa font-ils partie des zones historiques de Gyeongju ?

Non. Ils se trouvent à Gyeongju mais forment un bien du patrimoine mondial distinct, inscrit en 1995.

Quelle est la fiabilité de la date traditionnelle de 57 av. J.-C. pour la fondation de Silla ?

Elle provient du Samguk sagi, écrit au XIIe siècle. La plupart des historiens considèrent les dates anciennes comme traditionnelles ; l’archéologie montre que Silla émerge comme un royaume puissant à partir d’environ le IVe siècle.

Pourquoi est-il si difficile de savoir quel roi est enterré dans une tombe de Silla ?

Les tombes contiennent rarement des inscriptions nommant le défunt, et la datation par la poterie et la métallurgie donne des fourchettes, non des années précises, si bien que les identifications avec des rois restent des hypothèses.

L’ancien palais et la pagode seront-ils reconstruits ?

Une loi spéciale de 2019 prévoit la restauration de sites clés, mais une reconstruction à grande échelle est controversée en raison de preuves limitées et des préoccupations du patrimoine mondial concernant l’authenticité.

Sources et lectures complémentaires

  1. Gyeongju Historic Areas. UNESCO World Heritage Centre
  2. 경주역사유적지구 (Gyeongju Historic Areas). Korea Heritage Service, National Heritage Portal
  3. 윤성호 (Yun Seong-ho), 경주 월성 (Wolseong, Gyeongju). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies, 2022
  4. 경주 황룡사지 (Hwangnyongsa Temple Site, Gyeongju). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  5. 유경로 (Yu Gyeong-ro), 경주 첨성대 (Cheomseongdae, Gyeongju). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies, 1995
  6. 황남대총 (Hwangnam Daechong). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  7. 돌무지덧널무덤 (Stone-mound wooden-chamber tombs). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  8. 경주 남산 일원 (Namsan Area, Gyeongju). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies
  9. 진홍섭 (Chin Hong-sup), 경주 남산 신성비 (Namsan Sinseong Steles, Gyeongju). Encyclopedia of Korean Culture, Academy of Korean Studies, 1995
  10. 신라왕경 핵심유적 복원·정비에 관한 특별법 (Special Act on the Restoration and Maintenance of Key Historic Sites of the Silla Royal Capital), Act No. 16779. Wikisource (Korean), 2019

À découvrir aussi

Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.

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