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Pour les jeunes lecteurs
Chaka raconte l’histoire de Shaka, un vrai roi qui a vécu il y a environ deux cents ans dans le sud de l’Afrique. Il a créé un puissant royaume zoulou. Mais ce livre est un roman : l’auteur a inventé une partie de l’histoire. Il ressemble un peu à une légende, avec une fin très triste.
Dans le roman, Chaka est un garçon que les autres maltraitent. Même son père le chasse. En grandissant, il devient très courageux. Il tue seul un lion puis une hyène pour sauver des gens. Pourtant, personne ne le remercie. Il se dit alors que le monde est injuste et que seule la force compte.
Chaka rencontre ensuite Isanusi, un mystérieux guérisseur qui pratique la magie. Isanusi lui promet de devenir un grand roi, mais lui demande quelque chose de terrible en échange. Plus Chaka devient puissant, plus il devient cruel. Il finit même par faire du mal aux personnes qu’il aime le plus.
L’écrivain Thomas Mofolo venait du Lesotho, un petit pays montagneux entouré par l’Afrique du Sud. Il a écrit ce livre dans sa langue, le sesotho, il y a plus de cent ans. Comme d’autres grandes histoires tragiques, le roman montre ce qui peut arriver quand quelqu’un veut le pouvoir plus que tout.
Le livre a attendu quinze ans avant d’être imprimé. Les missionnaires qui dirigeaient l’imprimerie ne savaient pas s’ils devaient le publier. Il est enfin paru en 1925. Il est devenu célèbre et a été traduit dans de nombreuses langues.
En bref
- Auteur
- Thomas Mokopu Mofolo (1876–1948), enseignant et écrivain mosotho originaire du Basutoland (aujourd’hui le Lesotho)
- Langue
- Sesotho (sotho du Sud)
- Rédaction
- Vers 1907–1910 ; le manuscrit a été remis en 1910
- Publication
- Décembre 1925, par le Morija Sesuto Book Depot de la Société des missions évangéliques de Paris, à Morija, au Basutoland
- Genre
- Roman historique et tragédie, inspirés des traditions orales sotho et zouloue ainsi que de la morale chrétienne
- Sujet
- La vie romancée de Shaka (v. 1787–1828), fondateur du royaume zoulou
- Traductions
- Anglais (1931, F. H. Dutton ; 1981, Daniel P. Kunene), français (1940), allemand, afrikaans, swahili, italien, espagnol et d’autres langues
- Importance
- Œuvre majeure de la littérature écrite en langues africaines ; classée en 2002 parmi les douze meilleurs livres africains du XXe siècle
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Qu’est-ce que Chaka ?
Chaka est un roman que Thomas Mofolo a écrit en sesotho, la langue des Basotho du Lesotho et de certaines régions d’Afrique du Sud. Il raconte la vie de Shaka, souverain du début du XIXe siècle qui transforma une petite chefferie zouloue en un puissant royaume dans l’actuel KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud. En sesotho, son nom s’écrit Chaka, d’où le titre du livre.
Le roman suit Chaka depuis sa naissance et son enfance difficiles jusqu’à son assassinat par ses demi-frères, en passant par son ascension comme guerrier et comme roi. Il mêle histoire, légende et invention : de nombreux événements s’appuient sur les traditions relatives à Shaka, mais des personnages importants, comme le sorcier Isanusi, ses deux serviteurs et Noliwa, la femme aimée de Chaka, sont des créations de Mofolo.
Mofolo écrivit le livre vers 1907–1910, mais celui-ci ne fut publié qu’en 1925. Il est souvent considéré comme l’un des premiers grands romans écrits dans une langue africaine et a été traduit dans de nombreuses langues. Lecteurs et critiques l’ont comparé à Macbeth de Shakespeare et à l’histoire de Faust, l’homme qui vend son âme au diable, car il montre comment l’ambition détruit un homme doué.
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L’histoire
Senzangakhona, le père de Chaka et chef de son peuple, a un enfant avec Nandi avant leur mariage, ce qui enfreint la coutume. Lorsque ses épouses principales donnent ensuite naissance à des fils, elles menacent de révéler le secret de la naissance de Chaka. Senzangakhona cède : il prive Chaka de son héritage et se retourne contre lui et sa mère. Les autres enfants battent le garçon et se moquent de lui, tandis qu’une guérisseuse le fortifie à l’aide de remèdes et de bains rituels dans la rivière. Un matin, à l’aube, une énorme créature semblable à un serpent sort de l’eau, s’enroule autour de lui, puis disparaît. Des voix lui promettent un grand pouvoir.
Devenu jeune homme, Chaka tue un lion qui a attaqué un homme, puis une hyène qui a emporté une fillette, alors que les autres s’enfuient. Son courage ne fait qu’accroître la jalousie de ses demi-frères. Après une dispute, son père ordonne sa mort et Chaka prend la fuite. Seul dans la nature, persuadé que la justice n’existe pas et que la force fait le droit, il rencontre Isanusi, un puissant devin et guérisseur qui connaît ses secrets. Isanusi attise son ambition, lui donne un remède qui lui fait aimer le sang versé et fabrique pour lui une courte sagaie destinée à frapper d’estoc.
Chaka rejoint l’armée de Dingiswayo, chef suprême des Mthethwa, et devient un commandant renommé. Deux étranges serviteurs envoyés par Isanusi, le beau et féroce Malunga et Ndlebe, un espion aux grandes oreilles, l’aident en toute chose. Il tombe amoureux de Noliwa, la sœur de Dingiswayo, qui l’aime aussi. Avec l’appui de Dingiswayo, il vainc son demi-frère et devient le chef du peuple de son père. Lorsque Dingiswayo est tué par son ennemi Zwide, Chaka lui succède et donne à sa nation le nom d’amaZulu, le « peuple des cieux ».
Isanusi lui propose alors une royauté encore plus grande, mais exige un prix : Chaka doit sacrifier la personne qu’il aime le plus. Après des mois de lutte intérieure, Chaka tue Noliwa, qui porte son enfant. Dès lors, dit le narrateur, la dernière étincelle d’humanité en lui s’éteint. Son règne devient une période de terreur : il fait exécuter les soldats qui montrent de la peur, tue ses propres enfants, envoie des généraux fidèles accomplir des missions impossibles et finit par tuer sa mère. Tourmenté par des cauchemars où apparaissent les morts, il est finalement poignardé par ses demi-frères Dingana et Mhlangana. Isanusi paraît alors pour réclamer sa récompense.
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Le Shaka historique
Le véritable Shaka kaSenzangakhona naquit vers 1787. Il était le fils de Senzangakhona, chef des Zoulous, et de Nandi. Selon les traditions, sa mère et lui durent quitter la maison de son père. Il grandit auprès d’autres peuples et finit par servir dans l’armée de Dingiswayo, chef des Mthethwa. Vers 1816, il devint chef des Zoulous, alors peu nombreux. Après la mort de Dingiswayo, tué par Zwide des Ndwandwe, il fit des Zoulous la puissance dominante de la région.
On attribue à Shaka des réformes militaires telles que la courte sagaie d’estoc (iklwa), des tactiques de combat rapproché, la formation dite « cornes du taureau » et l’organisation des régiments par classes d’âge. Sa mère Nandi mourut en 1827, et des récits décrivent une période de deuil collectif violent. Le 24 septembre 1828, Shaka fut assassiné par ses demi-frères Dingane et Mhlangana, avec l’aide de son serviteur Mbopa. Dingane devint alors roi.
Une grande partie de ce que l’on sait du caractère de Shaka provient de quelques commerçants européens, notamment Henry Francis Fynn et Nathaniel Isaacs. Ils l’ont connu pendant ses dernières années et avaient des raisons de le présenter comme un tyran sanguinaire. Les traditions orales zouloues, recueillies plus tard dans des sources telles que les archives James Stuart, offrent un portrait plus complexe. Les historiens débattent aussi du Mfecane, une période de guerres et de migrations en Afrique australe au début du XIXe siècle. Les récits anciens en attribuaient largement la responsabilité à Shaka ; à partir de la fin des années 1980, l’historien Julian Cobbing et d’autres ont soutenu que cette interprétation était exagérée et servait les intérêts coloniaux.
Le roman de Mofolo associe ces traditions à des éléments inventés. Noliwa, Isanusi, Malunga et Ndlebe n’ont pas de fondement dans les sources historiques. Le roman présente aussi comme des faits certaines affirmations que beaucoup d’historiens mettent en doute, par exemple l’idée que Chaka aurait tué sa propre mère. Mofolo écrivait un drame moral et psychologique, pas un ouvrage d’histoire.
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Écriture, attente et publication
Mofolo commença à rassembler des éléments pour Chaka alors qu’il se trouvait encore à Morija. Selon des récits de sa vie, il se rendit vers 1909 au Natal. Il y visita des lieux associés à Shaka, notamment la région de sa tombe, et recueillit des traditions orales. Il acheva le manuscrit et le remit au Morija Book Depot en 1910.
Les missionnaires qui dirigeaient l’imprimerie avaient des réserves. Les livres précédents de Mofolo étaient clairement des récits moraux chrétiens, tandis que Chaka décrivait avec précision les croyances traditionnelles, la divination et la magie sans les condamner explicitement. Il faisait aussi d’un guerrier non chrétien un héros tragique. Certains missionnaires doutaient qu’un roman qui glorifiait, ou même décrivait simplement, la violence de Shaka convienne aux lecteurs convertis au christianisme. Le manuscrit attendit environ quinze ans. Il fut enfin imprimé en 1925, longtemps après que Mofolo eut quitté son emploi à la mission.
Des chercheurs se sont demandé si le texte avait été modifié pendant cette longue attente. L’histoire du manuscrit n’étant pas entièrement documentée, on ignore dans quelle mesure la version publiée reflète l’original de Mofolo. Le retard de publication est aussi souvent cité pour expliquer pourquoi il cessa d’écrire des œuvres de fiction. Malgré ces débuts, le livre se vendit largement : en 1962, plus de 40 000 exemplaires avaient été imprimés en sesotho.
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Thèmes : ambition, destin et perte de l’humanité
Au cœur de Chaka se trouve l’étude d’un homme blessé qui retourne sa cruauté contre le monde. Mofolo montre avec soin les causes de sa transformation : la trahison de son père, la persécution exercée par ses demi-frères et l’injustice de sa société. Le lecteur comprend pourquoi Chaka fait ses choix, tout en étant horrifié par l’homme qu’il devient. Cet équilibre entre compassion et condamnation contribue à la force du livre.
Le pacte avec Isanusi marque un tournant du roman. Isanusi offre le pouvoir en échange d’un renoncement moral, puis en augmente progressivement le prix jusqu’à exiger la vie de Noliwa. Les critiques ont souvent comparé Isanusi à Méphistophélès dans la légende de Faust, et le parcours de Chaka à celui de Macbeth, que l’ambition encouragée par une prophétie mène au meurtre et à la folie. L’interprétation du roman proposée par Daniel P. Kunene suggère un autre sens : Isanusi, Malunga et Ndlebe peuvent être vus comme des aspects de la personnalité de Chaka — son ambition, sa fierté farouche et sa méfiance vigilante — auxquels le récit donne un corps.
La morale chrétienne façonne la voix du narrateur. Mofolo parle de « péché » et décrit le cœur de Chaka comme rempli de ténèbres. En même temps, dans l’univers du roman, les croyances africaines, les remèdes et les esprits des ancêtres agissent comme des forces réelles, ce qui inquiétait les missionnaires. Les critiques se demandent si, en définitive, le roman condamne Chaka d’un point de vue chrétien ou le présente comme un héros tragique dans un cadre africain.
Le livre réfléchit aussi au pouvoir et à la nation. Chaka crée une nation et lui donne un nom dont elle peut être fière, mais il détruit son propre peuple dans le même temps. Pour les lecteurs basotho, dont le royaume avait été fondé par Moshoeshoe Ier en partie en réponse aux guerres du Mfecane, son histoire avait une signification particulière.
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Langue et forme
Mofolo écrivait dans un sesotho riche et rythmé. Il puise dans les ressources du récit oral et de la poésie de louange : répétitions, verbes et adverbes redoublés, ainsi qu’idéophones, des mots expressifs qui évoquent un son, un mouvement ou une sensation. Ces procédés rendent des scènes comme l’apparition du monstre de la rivière à l’aube particulièrement vivantes et saisissantes.
Le narrateur prend souvent du recul pour commenter les événements, expliquer les coutumes ou réfléchir à leur sens. Il rappelle ainsi à la fois un conteur qui s’adresse à son public et un prédicateur qui tire une leçon morale. Les critiques soulignent que Chaka contient moins de sermons explicites que les romans précédents de Mofolo, tout en conservant un solide cadre moral.
Le roman emploie aussi des noms de louange et décrit Chaka comme un lion, un éléphant ou une bête sauvage, selon le langage héroïque de la poésie de louange d’Afrique australe. Même à la fin, lorsque Chaka est affaibli et hanté, le narrateur continue de parler de lui sur ce ton héroïque, ce qui donne à sa chute la grandeur d’une tragédie.
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Traductions et influence
La première traduction anglaise, due à F. H. Dutton, parut en 1931 sous le titre Chaka: An Historical Romance, pour l’International African Institute. Une traduction française suivit en 1940, puis d’autres en allemand, en afrikaans, en italien, en espagnol, en swahili et dans d’autres langues. En 1981, le chercheur mosotho Daniel P. Kunene publia une nouvelle traduction anglaise intégrale, qui reste la plus lue.
Grâce à la traduction française, Chaka devint une figure importante pour les écrivains du mouvement de la Négritude et de l’Afrique francophone. Léopold Sédar Senghor écrivit un poème dramatique intitulé « Chaka », où le roi devient un poète et un héros qui doit sacrifier l’amour pour libérer son peuple. D’autres écrivains, comme le Malien Seydou Badian dans sa pièce La mort de Chaka, réimaginèrent Shaka comme un symbole de résistance et d’unité africaines. Plus tard, le poète sud-africain Mazisi Kunene écrivit en zoulou l’épopée Emperor Shaka the Great.
Chaka figure régulièrement parmi les livres africains les plus importants du XXe siècle. En 2002, il fut classé parmi les douze meilleurs ouvrages de la liste des cent meilleurs livres africains du XXe siècle. Il est largement étudié au Lesotho, en Afrique du Sud et dans les cours de littérature africaine à travers le monde. Il a contribué à montrer qu’une grande littérature moderne s’écrivait dans les langues africaines bien avant l’essor, après les années 1950, des œuvres africaines en anglais et en français.
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Débats critiques
Allégorie chrétienne ou tragédie africaine ? Les premiers lecteurs européens ont souvent vu dans Chaka une fable morale chrétienne dénonçant le paganisme, voire une confirmation des stéréotypes coloniaux sur les souverains africains. Certains lecteurs basotho de l’époque accusèrent Mofolo d’être antichrétien parce qu’il représentait si vivement la religion traditionnelle ; d’autres trouvèrent le livre profondément chrétien. Plus tard, des critiques africains mirent l’accent sur ses racines dans l’épopée orale et virent en Chaka un héros tragique dont la chute résulte de ses propres choix, et non de son identité africaine. De nombreux critiques actuels estiment que le roman maintient ces points de vue en tension sans les départager.
Héros ou tyran ? Le sens politique donné à Shaka a changé avec l’histoire. Pour les écrivains coloniaux, il symbolisait souvent la sauvagerie ; pour le nationalisme zoulou et les panafricanistes, il est devenu un symbole du génie militaire et de l’unité de l’Afrique. Le roman de Mofolo a été lu dans les deux sens, et des écrivains comme Senghor l’ont délibérément réinterprété. Les chercheurs se demandent dans quelle mesure Mofolo, chrétien mosotho écrivant sur un roi zoulou, s’intéressait à Shaka comme personnage historique plutôt qu’aux questions universelles du pouvoir et de la conscience.
Le contrôle des missionnaires. L’attente de quinze ans avant la publication de Chaka en a fait un cas important dans les discussions sur les imprimeries missionnaires, qui ont à la fois rendu possible et limité la première littérature africaine écrite. La SMEP donna à Mofolo une éducation, une imprimerie et des lecteurs, mais décidait aussi de ce qui pouvait être imprimé. Des critiques comme Daniel Kunene ont étudié la manière dont Mofolo conciliait l’enseignement chrétien et la culture sotho, ainsi que l’influence des conditions de publication sur le texte.
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Sources, éditions et recherches
Le texte de référence est l’édition en sesotho publiée à Morija en 1925 et réimprimée de nombreuses fois depuis. Comme le manuscrit original et la correspondance concernant le retard de publication ne sont pas entièrement accessibles, les chercheurs reconstituent l’histoire de cette publication à partir des archives de la mission, de la biographie de Mofolo et de témoignages ultérieurs. C’est pourquoi la question d’éventuelles modifications éditoriales reste ouverte.
Les premières traductions doivent être utilisées avec prudence. La version anglaise de Dutton, parue en 1931, est généralement jugée moins complète et moins proche du style de Mofolo. Chaka the Zulu (1949) était une version abrégée. La traduction de Kunene, publiée en 1981, visait à restituer l’intégralité du texte et le style de Mofolo, notamment ses idéophones et ses répétitions. Elle était accompagnée d’une introduction sur l’auteur et l’œuvre. Kunene a également écrit des résumés et des analyses critiques de toutes les œuvres de Mofolo (1967), ainsi qu’une étude entière intitulée Thomas Mofolo and the Emergence of Written Sesotho Prose (1989).
Parmi les études plus générales, Four African Literatures (1971), d’Albert Gérard, a situé Mofolo dans l’histoire des littératures en sesotho, en xhosa, en zoulou et en amharique. Cet ouvrage a contribué à faire reconnaître l’importance des littératures en langues africaines. Pour distinguer les inventions de Mofolo des faits historiques, les lecteurs peuvent comparer le roman aux recherches historiques sur Shaka, notamment aux débats sur la fiabilité de Fynn et d’Isaacs et sur le Mfecane.
Idées clés
- La tragédie de l’ambition
- Le désir de Chaka d’obtenir toujours plus de pouvoir le conduit à sacrifier l’amour, sa famille et, finalement, son humanité.
- Le pacte avec Isanusi
- Chaka accepte le pouvoir en échange d’un renoncement moral, dans un pacte souvent comparé à celui de la légende de Faust.
- Blessure et vengeance
- Le roman montre comment le rejet et l’injustice subis pendant l’enfance amènent Chaka à croire que la force fait le droit.
- Les personnages inventés
- Isanusi, Malunga, Ndlebe et Noliwa sont fictifs ; ils peuvent représenter différentes facettes de la personnalité de Chaka.
- La tradition orale dans l’écriture
- Mofolo emploie les répétitions, les idéophones et le langage de la poésie de louange des traditions orales sotho et zouloue.
- Les univers chrétien et africain
- Le narrateur parle de péché, tandis que les croyances et les remèdes africains agissent comme des forces réelles dans l’histoire.
- La littérature en langues africaines
- Chaka montre que des œuvres majeures de la littérature moderne étaient écrites en langues africaines dès le début du XXe siècle.
Notices
- v. 1787 — Naissance de Shaka, fils de Senzangakhona, chef des Zoulous, et de Nandi.
- v. 1816 — Shaka devient chef des Zoulous.
- 1828 — Shaka est assassiné par ses demi-frères Dingane et Mhlangana.
- 1833 — La Société des missions évangéliques de Paris fonde sa mission à Morija.
- 1876 — Thomas Mofolo naît le 22 décembre à Ha Khojane, au Basutoland.
- 1907 — Publication du premier roman de Mofolo, Moeti oa Bochabela.
- v. 1909 — Mofolo se rend au Natal pour faire des recherches sur Shaka.
- 1910 — Mofolo remet le manuscrit de Chaka et quitte Morija ; Pitseng est publié.
- 1925 — Chaka paraît en sesotho à Morija en décembre.
- 1931 — Parution de la traduction anglaise de F. H. Dutton.
- 1948 — Mofolo meurt le 8 septembre à Teyateyaneng.
- 1981 — Publication de la traduction anglaise intégrale de Daniel P. Kunene.
Glossaire
- Sesotho
- Langue sotho du Sud parlée au Lesotho et dans certaines régions d’Afrique du Sud ; elle appartient aux langues bantoues.
- Basotho / Mosotho
- Les Basotho sont le peuple du Lesotho ; une personne de ce peuple est un Mosotho.
- Basutoland
- Nom du Lesotho sous la domination britannique, jusqu’à son indépendance en 1966.
- Société des missions évangéliques de Paris
- Mission protestante française (SMEP) active au Lesotho à partir de 1833, qui dirigeait des écoles et l’imprimerie de Morija.
- Devin (sangoma / isanusi)
- Dans les traditions d’Afrique australe, guérisseur qui communique avec les esprits des ancêtres et recherche les causes des malheurs ; le nom d’Isanusi vient de ce mot.
- Idéophone
- Mot expressif qui évoque un son, un mouvement ou une sensation, fréquent dans les langues bantoues et les récits oraux.
- Poésie de louange
- Forme traditionnelle de poésie orale d’Afrique australe célébrant les chefs, les guerriers et les ancêtres (izibongo en zoulou, lithoko en sesotho).
- Mfecane
- Période de guerres et de migrations en Afrique australe au début du XIXe siècle ; ses causes font débat.
- Négritude
- Mouvement né dans les années 1930 parmi des écrivains noirs francophones, qui affirmait l’identité et la culture africaines.
- Roman historique
- Roman situé dans le passé qui mêle des personnes et des événements réels à des éléments fictifs.
Questions et réponses
Chaka raconte-t-il une histoire vraie ?
En partie. Shaka était un vrai roi et le roman suit les grandes étapes de sa vie. Mais Thomas Mofolo a inventé de nombreux personnages et événements, notamment le magicien Isanusi et Noliwa, la femme aimée de Chaka.
Pourquoi le livre s’appelle-t-il Chaka et non Shaka ?
En sesotho, la langue dans laquelle Mofolo écrivait, le nom du roi s’écrit Chaka. En zoulou et en anglais, il s’écrit généralement Shaka.
Pourquoi a-t-il fallu quinze ans pour le publier ?
Les missionnaires qui dirigeaient l’imprimerie de Morija étaient mal à l’aise devant la description des croyances traditionnelles et de la magie, que le livre ne condamnait pas clairement. Ils hésitaient aussi à présenter un guerrier non chrétien comme un héros tragique. L’histoire complète de ce retard n’est pas documentée.
Qui est Isanusi ?
C’est un mystérieux devin qui promet à Chaka la grandeur en échange d’un prix terrible. Les critiques le comparent à Méphistophélès dans l’histoire de Faust ; certains voient en lui une partie de l’esprit de Chaka.
Chaka est-il le premier roman africain ?
Non. Moeti oa Bochabela (1907), également écrit par Mofolo, est souvent considéré comme le premier roman publié dans une langue africaine. Chaka est toutefois l’un des premiers grands romans écrits dans une langue africaine.
Quelle influence Chaka a-t-il eue sur d’autres écrivains ?
Il a notamment inspiré, grâce à sa traduction française, des écrivains comme Léopold Sédar Senghor et Seydou Badian, qui ont réimaginé Shaka comme un symbole de la résistance africaine.
Le roman donne-t-il un portrait fidèle du Shaka historique ?
Non. Il s’inspire de traditions et de récits publiés, dont certains étaient hostiles à Shaka, et contient beaucoup d’éléments inventés. Les historiens considèrent aujourd’hui ce roman comme une œuvre littéraire, et non comme une source historique.
Sources et lectures complémentaires
- Chaka (novel). Wikipedia
- Thomas Mofolo. Wikipedia
- Shaka. Wikipedia
- 샤카. 위키백과 (Korean Wikipedia)
- Mfecane. Wikipedia
- Morija. Wikipedia
- Daniel P. Kunene, The Works of Thomas Mofolo: Summaries and Critiques (Occasional Paper No. 2). African Studies Center, University of California, Los Angeles, 1967
- Thomas Mofolo, trans. Daniel P. Kunene, Chaka (English translation). Heinemann (African Writers Series), 1981
- Daniel P. Kunene, Thomas Mofolo and the Emergence of Written Sesotho Prose. Ravan Press, 1989
- Albert S. Gérard, Four African Literatures: Xhosa, Sotho, Zulu, Amharic. University of California Press, 1971
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Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.