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Pour les jeunes lecteurs
Il y a plus de 400 ans, en 1592, une immense armée japonaise traversa la mer et envahit la Corée, qui était alors le royaume de Joseon. Sur terre, les Japonais avancèrent très vite. En trois semaines environ, ils atteignirent la capitale, Hanseong (l’actuelle Séoul), et le roi dut s’enfuir tout au nord du pays.
En mer, ce fut une autre histoire. Un amiral coréen nommé Yi Sun-sin avait bien entraîné ses marins et possédait de grands navires de guerre solides, armés de nombreux canons. À l’été 1592, une flotte japonaise d’environ soixante-dix navires partit à sa recherche. Elle jeta l’ancre dans un passage étroit plein de rochers, appelé Gyeonnaeryang, où les gros navires avaient bien du mal à tourner.
Yi n’entra pas dans ce passage étroit. Il envoya plutôt quelques navires en avant, puis leur fit faire demi-tour, comme s’ils s’enfuyaient. Les Japonais les poursuivirent jusqu’en pleine mer, près d’une petite île appelée Hansan. Là, les navires de Yi se déployèrent en arc de cercle, comme les deux ailes d’une grue, et tirèrent au canon de tous les côtés. Le soir venu, la plupart des navires japonais avaient été brûlés, coulés ou capturés.
Deux jours plus tard, Yi battit une autre escadre japonaise dans un port appelé Angolpo. Après cela, le chef japonais Toyotomi Hideyoshi ordonna à ses commandants de ne plus chercher de batailles en mer et de se défendre plutôt depuis le rivage.
Pourquoi est-ce important ? Les armées ont besoin chaque jour de nourriture et de provisions. L’armée japonaise était loin de chez elle, et les navires sont un bon moyen de transporter de lourdes charges. Comme la flotte de Yi contrôlait la mer à l’ouest du lieu de la bataille, les navires japonais ne pouvaient pas longer sans danger les côtes de la Corée pour rejoindre leur armée dans le nord, une route que, selon certains historiens, ils espéraient utiliser. Les historiens discutent encore de l’importance exacte de cette bataille, mais beaucoup la comptent parmi les tournants de la guerre.
En bref
- Date
- 8e jour du 7e mois lunaire de 1592 selon le calendrier de Joseon = 14 août 1592 (calendrier grégorien, conversion selon la table de l’Institut coréen d’astronomie et de sciences spatiales). De nombreux ouvrages de référence, dont Wikipédia, donnent le 15 août ; les récits japonais donnent le 7e jour du 7e mois
- Lieu
- La mer au large de l’île de Hansan (aujourd’hui rattachée à Tongyeong, province du Gyeongsang du Sud), après que les Japonais eurent été attirés hors du détroit de Gyeonnaeryang, entre l’île de Geoje et le continent
- Guerre
- Première invasion japonaise de la guerre d’Imjin (1592–1598)
- Commandants
- Joseon : Yi Sun-sin (marine de gauche du Jeolla), Yi Eok-gi (marine de droite du Jeolla), Won Gyun (marine de droite du Gyeongsang) / Japon : Wakisaka Yasuharu
- Forces
- Joseon : environ 55–56 navires de guerre (55 selon l’Encyclopédie de la culture coréenne, 56 selon Hawley), dont deux ou trois bateaux tortues / Japon : 73 navires (36 grands, 24 moyens, 13 petits) selon le rapport de Yi Sun-sin
- Pertes
- Japon : 59 navires détruits ou capturés à Hansan selon le décompte coréen ; environ 400 hommes s’enfuirent à terre et 14 navires s’échappèrent / Joseon : aucun navire perdu ; pour Hansan et Angolpo réunis, Hawley donne 19 tués et 114 blessés
- Suite
- Bataille d’Angolpo, 10e jour du 7e mois lunaire (16 août 1592), contre l’escadre de Kuki Yoshitaka et Katō Yoshiaki, forte de 42 navires selon le décompte de Yi Sun-sin
- Principales sources
- Rapport de Yi Sun-sin à la cour (dans les Imjin jangcho), Annales révisées du roi Seonjo, Jingbirok de Yu Seong-ryong, archives familiales japonaises de la maison Wakisaka
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Que s’est-il passé à l’île de Hansan ?
La bataille de l’île de Hansan fut une bataille navale de la guerre d’Imjin, l’invasion japonaise de la Corée commencée en 1592. Elle fut livrée le 8e jour du 7e mois lunaire de 1592 selon le calendrier de Joseon. Converti à l’aide de la table de l’Institut coréen d’astronomie et de sciences spatiales (KASI), ce jour correspond au 14 août 1592 ; de nombreux ouvrages de référence, dont Wikipédia, donnent le 15 août, et les récits japonais, qui suivaient le calendrier propre au Japon, la datent du 7e jour du 7e mois. Les combats eurent lieu en pleine mer au large de l’île de Hansan, une petite île située entre l’île de Geoje et la côte de l’actuelle Tongyeong, dans la province du Gyeongsang du Sud.
D’un côté se trouvait une flotte combinée de Joseon d’environ 55 navires de guerre, issus de trois commandements navals : la marine de gauche du Jeolla sous Yi Sun-sin, la marine de droite du Jeolla sous Yi Eok-gi et les restes de la marine de droite du Gyeongsang sous Won Gyun. De l’autre se trouvait une escadre japonaise menée par Wakisaka Yasuharu, que le rapport de Yi évaluait à 73 navires. Yi attira les Japonais hors de l’étroit détroit de Gyeonnaeryang vers le large, les encercla dans une formation courbe appelée « aile de grue » et détruisit ou captura 59 navires, selon les archives coréennes.
Deux jours plus tard, le 10e jour du mois (16 août), la flotte de Joseon attaqua une seconde escadre japonaise commandée par Kuki Yoshitaka et Katō Yoshiaki dans le port d’Angolpo et, selon le rapport de Yi, en détruisit la plus grande partie. Samuel Hawley estime les pertes japonaises des deux batailles réunies à une centaine de navires environ. Peu après, Toyotomi Hideyoshi, le maître du Japon qui avait lancé l’invasion, ordonna à ses commandants de cesser de chercher le combat en mer.
En Corée, la bataille est comptée, avec la défense de Jinju en 1592 et la bataille de Haengju en 1593, parmi les « trois grandes victoires » de la guerre. Elle est largement considérée comme le moment où Joseon s’assura la maîtrise des eaux côtières méridionales à l’ouest de Geoje. L’importance qu’elle eut pour l’effort de guerre japonais dans son ensemble est une question que les historiens discutent encore ; les sections suivantes de cette page exposent les éléments de preuve et les différents points de vue.
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Été 1592 : victoire sur terre, difficultés en mer
L’invasion commença le 13e jour du 4e mois lunaire de 1592 (23 mai), lorsque la première division japonaise débarqua à Busan. Selon le récit de la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est, l’armée de terre de Hideyoshi était organisée en neuf divisions d’un effectif théorique d’environ 158 700 hommes, auxquelles s’ajoutait une force navale organisée séparément d’environ 5 000 hommes ; le même récit précise que les effectifs réels étaient inférieurs, car de nombreux daimyō ne remplirent pas entièrement leurs quotas. Les Japonais prirent la capitale, Hanseong, environ trois semaines après leur débarquement (2e–3e jour du 5e mois, 11–12 juin), puis Pyongyang au milieu du 6e mois (vers le 21 juillet ; les sources diffèrent de quelques jours). Le roi Seonjo s’enfuit à Uiju, à la frontière chinoise.
Prendre des villes n’était cependant pas la même chose que contrôler un pays. Les Japonais tenaient les grandes routes et les villes fortifiées, mais une grande partie de ce dont une force de cette taille avait besoin, de la poudre aux troupes fraîches, devait être acheminée par un long couloir depuis Busan à travers un pays hostile, tandis que la nourriture était aussi saisie sur place. Des « armées vertueuses » (uibyeong) locales commencèrent bientôt à attaquer ces lignes.
En mer, les Japonais subirent leurs premières véritables défaites. Yi Sun-sin, commandant de la marine de gauche du Jeolla basée à Yeosu, fit voile vers l’est et, le 7e jour du 5e mois (16 juin), détruisit des navires japonais ancrés à Okpo, sur l’île de Geoje. Lors d’une deuxième sortie, il l’emporta à Sacheon le 29e jour du 5e mois (8 juillet), où le bateau tortue entra en action pour la première fois et où Yi fut blessé par une balle, puis à Dangpo et à Danghangpo au début du 6e mois (10 et 13 juillet). Plusieurs de ces raids surprirent des navires japonais au mouillage le long de la côte alors qu’une grande partie de leurs équipages se trouvait à terre.
Hideyoshi réagit en ordonnant à trois daimyō, Wakisaka Yasuharu, Kuki Yoshitaka et Katō Yoshiaki, de détruire la flotte de Joseon. Ils se rassemblèrent à Busan, mais Wakisaka prit la mer avant les deux autres ; selon les récits japonais, il voulait s’attribuer seul le mérite de la victoire. Pendant ce temps, sur terre, une armée japonaise avançait vers Jeonju, la capitale de la province de Jeolla. Le jour même de la bataille de Hansan, le commandant de Joseon Gwon Yul lui tint tête au col d’Ichi. Les troupes japonaises occupèrent bien certaines parties de Jeolla, comme Geumsan, mais la résistance sur terre, notamment à Ichi, contribua à maintenir hors du contrôle japonais Jeonju et la plus grande partie de la province, la plus riche région rizicole de Joseon et la base de la flotte de Yi.
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La bataille : attirer la flotte hors de Gyeonnaeryang
Yi Sun-sin et Yi Eok-gi rassemblèrent leurs flottes à Yeosu, les exercèrent ensemble le 5e jour du 7e mois (11 août) et appareillèrent le lendemain. À Noryang, Won Gyun les rejoignit avec sept navires, ce qui porta la flotte combinée à 55 navires de guerre selon le décompte de l’Encyclopédie de la culture coréenne (56 dans l’histoire de Samuel Hawley). Le soir du 7e jour (13 août), à Dangpo, un bouvier local nommé Kim Cheon-son leur apprit que plus de soixante-dix navires japonais avaient jeté l’ancre dans le détroit de Gyeonnaeryang.
Gyeonnaeryang est un chenal étroit entre l’île de Geoje et le continent, semé de rochers cachés. Dans son rapport, Yi expliqua que ses grands navires de guerre ne pouvaient pas y manœuvrer sans se heurter, et que les Japonais, s’ils étaient acculés, s’échapperaient tout simplement à terre. La mer devant l’île de Hansan, au contraire, était dégagée et éloignée du continent, de sorte que les hommes qui gagneraient la terre à la nage s’y trouveraient bloqués. Les Annales révisées du roi Seonjo, compilées des décennies plus tard, ajoutent que Won Gyun voulait attaquer immédiatement et que Yi passa outre ; ce récit doit être lu avec prudence, car la rivalité entre les deux commandants a coloré de nombreux récits ultérieurs.
Au matin du 8e jour, cinq ou six navires de guerre de Joseon s’avancèrent vers le mouillage japonais, puis firent demi-tour comme s’ils fuyaient. Les navires japonais les poursuivirent hors du détroit, vers le large. Là, Yi ordonna à sa flotte de se déployer en « aile de grue », une large courbe qui se refermait autour de la tête de la colonne japonaise, et d’ouvrir le feu. Après que les deux ou trois premiers navires japonais eurent été fracassés, les autres perdirent leur ordre de bataille, et le combat se poursuivit pendant le reste de la journée.
Selon les chiffres du rapport de Yi, tels que les résume l’Encyclopédie de la culture coréenne, 47 navires japonais furent brûlés ou brisés et 12 capturés. Environ 400 Japonais abandonnèrent leurs navires et s’enfuirent sur l’île de Hansan, tandis que 14 navires de l’arrière-garde s’échappèrent. Wakisaka lui-même parvint à s’enfuir. Aucun navire de guerre de Joseon ne fut perdu, même s’il y eut des tués et des blessés ; pour Hansan et Angolpo réunis, Hawley donne 19 morts et 114 blessés.
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Navires, canons et formation en « aile de grue »
L’épine dorsale de la flotte de Joseon était le panokseon, un grand navire de guerre doté d’un pont supérieur surélevé. Sa coque haute et lourde le rendait difficile à aborder, et il pouvait porter de nombreux canons. La plupart des navires japonais, au contraire, étaient plus légers, avaient été rassemblés en grande partie pour transporter des troupes et du ravitaillement et, au début de la guerre, ne portaient que peu de canons, voire aucun. Les équipages japonais comptaient sur leurs arquebuses et sur l’abordage des navires ennemis pour combattre au corps à corps, la méthode qui leur avait bien réussi dans les guerres que le Japon avait lui-même connues.
Les navires de guerre de Joseon portaient des canons de plusieurs calibres, désignés par les caractères d’une séquence traditionnelle, cheonja (« ciel »), jija (« terre ») et hyeonja (« noir »), qui pouvaient tirer de grosses flèches aussi bien que des boulets. Yi pouvait ainsi combattre à distance, hors de la portée efficace des mousquets japonais, et détruire les navires avant que leurs équipages ne puissent monter à l’abordage. Le récit de la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est indique que Yi adopta la formation en « aile de grue » à Hansan pour augmenter le taux de coups au but de ses canons ; disposer la ligne de navires en courbe autour de l’ennemi permettait aussi à davantage de canons de tirer en même temps sur la tête d’une colonne qui avançait.
Les reconstitutions modernes de l’« aile de grue », comme celle de l’article de Wikipédia en anglais, placent les navires les plus lourds, dont les bateaux tortues, au centre et les navires plus légers sur les deux ailes ; le rapport de Yi nomme la formation mais ne décrit pas la position de chaque navire. Le nombre de bateaux tortues engagés est lui aussi incertain : certains récits en mentionnent deux, d’autres trois. Le bateau tortue, navire de guerre couvert dont la conception exacte fait encore débat, est le symbole le plus célèbre de la bataille, mais il ne représentait qu’une petite partie d’une flotte qui l’emporta surtout grâce au feu des panokseon ordinaires.
Le commandement compta aussi. Les trois commandants de Joseon agirent ensemble sous la direction de Yi, tandis que le camp japonais n’avait pas de commandant naval unique : Wakisaka, Kuki et Katō étaient des daimyō distincts, chacun avec ses propres forces et ses propres intérêts, et la décision de Wakisaka de partir seul en avant fit qu’il affronta la flotte unie de Joseon avec une partie seulement des forces japonaises disponibles.
Intermédiaire
Angolpo et le changement de cap japonais
Le 9e jour, des éclaireurs signalèrent une quarantaine de navires japonais à Angolpo, un port proche de l’actuelle Jinhae. C’étaient les navires de Kuki Yoshitaka et de Katō Yoshiaki, qui avaient suivi Wakisaka. Le 10e jour (16 août), Yi attaqua. Cette fois, les Japonais, qui savaient ce qui s’était passé à Hansan, maintinrent leurs navires près du rivage, en eaux peu profondes, et refusèrent de sortir. Les navires de Yi entrèrent à tour de rôle pour tirer et, le soir venu, selon Yi, presque tous les navires japonais avaient été détruits ; les survivants s’échappèrent par voie de terre et, pendant la nuit, par mer. Yi écrivit qu’il avait délibérément laissé quelques embarcations intactes pour que les Japonais restés à terre repartent par mer plutôt que de s’en prendre aux réfugiés coréens cachés dans les collines voisines.
La cour récompensa ces victoires. Yi fut élevé au rang de jeongheon daebu, le deuxième rang supérieur, et Yi Eok-gi et Won Gyun furent eux aussi promus.
Les Japonais réagirent en changeant de tactique. Hideyoshi ordonna à ses commandants navals de cesser de chercher le combat en mer et de tenir plutôt leurs mouillages autour de Busan et de Geoje depuis des positions fortifiées à terre. L’historien japonais Ogawa Takaaki (2022) cite une lettre portant le sceau vermillon de Hideyoshi, adressée à Wakisaka et datée du 14e jour du 7e mois selon le calendrier japonais, qui lui ordonnait de construire des forts sur l’île de Geoje et d’y tenir garnison avec Kuki et Katō, et lui interdisait d’engager séparément le combat contre la flotte de Joseon. Lorsque Yi attaqua la principale base japonaise de Busan le 1er jour du 9e mois (5 octobre 1592), il détruisit de nombreux navires au mouillage mais ne put prendre le port. Ogawa note que Yi n’attaqua plus Busan par la suite, et que cinq attaques contre les positions japonaises fortifiées d’Ungcheon au début de 1593 ne parvinrent pas à y anéantir les Japonais.
En 1593, Yi transféra son quartier général sur l’île de Hansan, d’où il pouvait surveiller la route de Gyeonnaeryang vers Jeolla, et devint le premier Samdo sugun tongjesa, commandant naval des Trois Provinces. Lorsqu’il fut plus tard arrêté, son protecteur Yu Seong-ryong aurait averti que si Hansan était perdue, Jeolla ne pourrait pas être tenue. En 1597, après la destruction de la flotte de Won Gyun à Chilcheollyang, la base fut abandonnée.
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Pourquoi la mer comptait : ravitaillement, contrôle et la longue route depuis Busan
Pourquoi une armée qui avait pris Hanseong en trois semaines et Pyongyang en deux mois ne put-elle pas achever la conquête ? Une partie de la réponse tient au ravitaillement. Une force de bien plus de cent mille hommes a besoin de nourriture chaque jour. Dans les premiers mois, les Japonais vécurent en partie de ce qu’ils capturaient, notamment dans des greniers publics comme ceux de Pyongyang, mais plus ils avançaient, plus la ligne qui les reliait à Busan devenait longue et exposée. Le récit de la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est note que cette route de ravitaillement terrestre de Busan à Pyongyang était harcelée par des armées vertueuses sur les arrières japonais.
Les auteurs coréens relient depuis longtemps Hansan à ce problème. Yu Seong-ryong, conseiller d’État en chef pendant la guerre, rapporte dans ses mémoires, le Jingbirok, qu’après avoir pris Pyongyang, le commandant japonais Konishi Yukinaga envoya au roi Seonjo une lettre annonçant que « plus de cent mille hommes des forces navales du Japon arrivent aussi par la mer occidentale » et lui demandant où il irait désormais. Yu en conclut que les Japonais avaient voulu avancer vers l’ouest par terre et par mer à la fois, et que cette seule bataille « leur coupa un bras » : Konishi, bien qu’il tînt Pyongyang, se retrouva isolé et n’osa pas avancer davantage. Des ouvrages de référence coréens, comme l’Encyclopédie de la culture coréenne et l’histoire publiée par la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est, appellent cette stratégie projetée suryuk byeongjin, une « avance combinée par terre et par mer », et estiment que Hansan la fit échouer.
Tout aussi important était ce que les défenseurs conservèrent. Yu écrivit que grâce à la bataille, Joseon put tenir Jeolla et Chungcheong ainsi que les côtes de Hwanghae et de Pyongan, transporter des grains et transmettre des ordres. Le Jingbirok donne un exemple datant des mêmes semaines : un chargement de 1 200 seok de riz de l’impôt parti d’Asan, dans le Chungcheong, atteignit par mer Jeongju, à l’extrême nord-ouest, et Yu s’en servit pour aider à nourrir les troupes ming qui arrivaient de Chine. Ce chargement arriva à peu près au moment de la bataille ; il illustre donc la valeur de la route maritime de l’ouest plutôt qu’un effet de la victoire : les voies maritimes servaient le camp qui les contrôlait.
Les limites sont tout aussi claires. Hansan ne coupa pas la principale traversée de l’armée japonaise entre Tsushima et Busan, que les Japonais continuèrent d’utiliser ; Yi lui-même apprit après Angolpo que des dizaines d’embarcations japonaises allaient et venaient encore chaque jour près de Gimhae. Les forces japonaises du nord continuèrent d’être ravitaillées, mal, par des communications terrestres vulnérables et par ce qu’elles pouvaient prendre sur place. Ce que fit la bataille, ce fut de refuser aux Japonais l’usage sûr de la route longeant la côte sud-ouest, un accès potentiellement précieux vers le nord, et de maintenir la plus grande partie de Jeolla et la mer occidentale aux mains de Joseon. En ce sens, elle creusa l’écart entre la distance que les Japonais pouvaient parcourir et la part du pays qu’ils pouvaient réellement tenir.
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Compter les navires et les hommes : ce que disent les sources
Même la taille de la flotte de Joseon varie selon les sources. L’Encyclopédie de la culture coréenne compte 48 navires pour les deux commandements de Jeolla, plus les 7 de Won Gyun, soit 55 ; Hawley en donne 56 ; le Jingbirok de Yu Seong-ryong évoque Yi à la tête de quarante panokseon. Ces écarts tiennent probablement aux commandements et aux types de navires pris en compte.
Pour l’escadre japonaise, le rapport de Yi donne 73 navires : 36 grands, 24 moyens et 13 petits. Les Annales révisées parlent de « plus de soixante-dix ». Une traduction anglaise du rapport de Yi imprime 82 navires (36 grands, 34 moyens, 12 petits), un chiffre repris dans certains récits de langue anglaise, mais 73 est le total qui concorde avec le propre décompte du rapport : 59 navires détruits ou capturés, plus 14 qui s’échappèrent. Un récit japonais du côté Wakisaka, cité par Wikipédia en japonais, indique que Wakisaka emmena soixante ou soixante-dix navires et que 39 d’entre eux furent brûlés. Pour Angolpo, les chiffres divergent encore : Yi écrivit que la quasi-totalité des 42 navires qu’il trouva furent fracassés, à part quelques-uns qu’il laissa délibérément ; les Annales révisées disent que 40 furent brûlés ; l’article de Wikipédia en anglais sur Angolpo indique que 22 navires, dont le navire amiral de Kuki, le Nihon Maru, s’échappèrent. Ces récits impliquent des pertes différentes ; pour les concilier, il faudrait savoir comment chacun traitait les navires endommagés, abandonnés ou récupérés plus tard.
Les pertes humaines sont encore moins certaines. Pour Hansan et Angolpo réunis, Yi rapporta que les hommes des trois commandants avaient pris près de 250 têtes et que beaucoup d’autres Japonais s’étaient noyés. Les Annales révisées reprennent une rumeur venue des camps japonais selon laquelle 9 000 Japonais seraient morts à Hansan, ce qui est invérifiable ; une liste de mobilisation japonaise attribuait à Wakisaka 1 500 hommes pour la campagne, bien que les rameurs et les marins ne soient peut-être pas entièrement pris en compte dans de tels chiffres. Du côté de Joseon, Hawley donne 19 tués et 114 blessés pour les deux batailles réunies. Le rapport de Yi énumère les morts et les blessés par nom et par fonction, dont des marins, des artilleurs et des plongeurs, certains inscrits comme esclaves privés ou esclaves de temple, ce qui rappelle qui ramait et combattait dans la flotte.
Les dates exigent le même soin. Joseon utilisait un calendrier luni-solaire, et la conversion du 8e jour du 7e mois de 1592 à l’aide de la table du KASI donne le 14 août 1592, la date retenue sur ce site. De nombreux livres et Wikipédia indiquent le 15 août ; la raison de cet écart d’un jour n’est pas établie dans les sources utilisées ici. Les récits japonais, qui suivent le calendrier japonais de l’époque, donnent le 7e jour du 7e mois.
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Pendant ce temps dans le monde, en 1592
La Chine des Ming, alliée de Joseon, connut sa propre crise en 1592. Au printemps, une révolte de garnison éclata à Ningxia, sur la frontière nord-ouest, et les rebelles tinrent la ville pendant des mois. Les Ming l’avaient réprimée en octobre 1592, ce qui permit à la cour de tourner ses forces vers la Corée ; la même année, le chef jürchen Nurhaci proposa d’envoyer des troupes pour aider la Corée contre le Japon, mais le gouvernement de Joseon refusa, et le 28 novembre 1592 naquit le fils de Nurhaci, Hong Taiji, l’homme qui fonderait plus tard la dynastie Qing. Rien ne relie sa naissance à la guerre ; elle eut simplement lieu la même année.
À Nankin, 1592 vit aussi l’impression de la plus ancienne édition conservée de La Pérégrination vers l’Ouest, le grand roman du pèlerinage du moine Xuanzang et du roi des singes Sun Wukong. Le livre n’avait rien à voir avec la guerre ; il rappelle que l’édition et la culture urbaine des Ming se poursuivaient pendant que l’empire combattait sur deux frontières.
Loin à l’ouest, en 1592, Galilée s’installa à l’université de Padoue, où il allait enseigner pendant les dix-huit années suivantes ; l’essayiste français Michel de Montaigne mourut le 13 septembre 1592 ; et à Londres, un pamphlet publié sous le nom de Robert Greene, enregistré le 20 septembre 1592, se moquait d’un « corbeau parvenu » (« upstart crow »), ce que l’on lit généralement comme la première mention conservée de William Shakespeare en tant qu’auteur dramatique. Aucun de ces événements n’était lié à la Corée. Les mettre côte à côte montre seulement que l’année de Hansan fut aussi, ailleurs dans le monde, une année de science nouvelle, de littérature nouvelle et de théâtre nouveau.
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Se souvenir de Hansan
En Corée, Hansan est l’une des batailles les plus connues de l’histoire du pays et occupe une place centrale dans la mémoire de Yi Sun-sin en tant que héros national. Le site de son quartier général sur l’île de Hansan, le Jeseungdang, est aujourd’hui signalé par une stèle commémorative et des bâtiments de sanctuaire, et la bataille est commémorée comme le moment où la guerre en mer tourna en faveur de Joseon.
Des admirateurs étrangers contribuèrent à répandre la renommée de la bataille, ainsi que certaines de leurs erreurs. Dans The Passing of Korea (1906), le missionnaire et historien américain Homer Hulbert qualifia la victoire de Yi de « tournant de la guerre », mais la décrivit comme un affrontement avec une flotte japonaise « amenant soixante mille hommes de renfort », éperonnée par le bateau tortue de Yi ; l’Encyclopédie de la culture coréenne attribue aussi à Hulbert une comparaison avec la victoire grecque de Salamine. L’amiral britannique George Ballard, dans un livre de 1921 sur la mer et l’histoire du Japon, écrivit que même Nelson n’aurait pu faire davantage, et décrivit lui aussi un convoi de plusieurs centaines de transports passant par la route occidentale, attaqué par des navires coréens qui s’y frayèrent un chemin en l’éperonnant. Le rapport de Yi lui-même décrit une escadre de 73 navires attirée hors d’un détroit et détruite principalement au canon. Une partie de l’image populaire de Hansan comme destruction d’un grand convoi de renforts remonte à ces premiers récits de langue anglaise.
Au Japon, la bataille a laissé un souvenir moins vif, sans être ignorée. L’histoire du journaliste et historien Tokutomi Sohō, citée par la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est d’après une édition de 1935, faisait de la supériorité navale de Joseon l’une des trois principales raisons de l’échec de l’invasion, avec les armées vertueuses et l’arrivée de l’armée ming. Une tradition de la famille Wakisaka veut que Wakisaka, après la défaite, se soit caché sur une île et ait vécu d’algues pendant des jours ; il s’agit d’une histoire familiale, non d’un fait documenté.
La bataille est aussi devenue un sujet de la culture populaire. Elle a fait l’objet du film sud-coréen de 2022 Hansan : La Bataille du dragon, réalisé par Kim Han-min, et a été mise en scène à de nombreuses reprises à la télévision coréenne.
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Hansan fut-elle décisive ? Interprétations et débats
L’interprétation la plus forte remonte à Yu Seong-ryong. Dans le Jingbirok, il soutint que Hansan brisa un plan japonais d’avance vers l’ouest par terre et par mer à la fois, laissa Konishi isolé à Pyongyang, sauva Jeolla, Chungcheong et les côtes occidentales, et épargna même toute alarme aux côtes chinoises autour du Liaodong et de Tianjin, de sorte que l’armée ming put venir en Corée par voie de terre. Les ouvrages de référence coréens modernes suivent cette ligne : l’Encyclopédie de la culture coréenne affirme que la bataille fit échouer le plan japonais d’avance combinée par terre et par mer et tourna la guerre en faveur de Joseon, et la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est, citant la série nationale d’histoire de la Corée, y voit le tournant décisif de la guerre. En anglais, Samuel Hawley (2005) interprète la stratégie japonaise comme exigeant une route de ravitaillement maritime longeant la côte sud-ouest de la Corée jusqu’à Pyongyang, et considère que la campagne navale de 1592 a mis un terme aux opérations navales japonaises le long de la côte sud. Certains historiens japonais adoptent une vue semblable : Kasaya Kazuhiko et Kuroda Keiichi (2000), cités par Ogawa, écrivent que la flotte de Yi porta un coup décisif à l’armée japonaise en coupant ses lignes de ravitaillement.
D’autres historiens émettent des doutes de nature différente. L’historien naval Yi Min’ung met en question la cohérence de la planification navale initiale du Japon, en soutenant que la marine japonaise manquait au départ d’un plan d’ensemble pour vaincre la marine coréenne et s’assurer la maîtrise de la mer ; cela concerne un autre aspect de la planification que l’interprétation de Hawley sur la route de ravitaillement, et ne montre pas à lui seul si une route maritime par l’ouest était prévue. La note de recherche d’Ogawa Takaaki (2022) met en doute les preuves mêmes d’un plan de ravitaillement par la côte ouest : il rapporte que la stratégie d’avance combinée par terre et par mer n’apparaît ni dans les grandes études de Kitajima Manji et de Nakano Hitoshi ni dans l’histoire de la guerre de Yi Hyeong-seok, et qu’aucun ordre de Hideyoshi d’envoyer la flotte remonter la côte ouest ne figure dans les études de Nakano sur les ordres militaires de Hideyoshi ; il lit la lettre de Konishi comme un bluff, comparable à la menace de 400 000 soldats ming brandie par l’émissaire ming Shen Weijing, et suggère que Yu, qui avait recommandé Yi pour son commandement, a pu surestimer ses victoires. Ogawa cite aussi l’opinion de Tokutomi Sohō selon laquelle Hideyoshi, du moins au début de la guerre, n’attendait guère plus de sa marine que l’escorte des transports entre Nagoya et Busan. Les éléments de preuve eux-mêmes présentent des limites qui vont dans le sens de ces doutes : l’escadre de Wakisaka à Hansan était une force de combat envoyée pour détruire la flotte de Yi, non un convoi transportant du ravitaillement vers Pyongyang, et les Japonais n’avaient levé qu’une petite force navale dédiée.
Une deuxième question est de savoir quel poids accorder à la marine par rapport à d’autres causes. Konishi s’était en fait arrêté à Pyongyang au milieu du 6e mois, environ trois semaines avant Hansan, si bien que la bataille ne peut expliquer sa première halte ; l’argument de Yu porte sur la raison pour laquelle il ne repartit pas ensuite. D’autres pressions comptèrent ici aussi : les attaques contre le couloir situé derrière lui ; la première attaque ming contre Pyongyang au 7e mois lunaire (le 17 selon le récit de la Fondation pour l’histoire de l’Asie du Nord-Est, le 19 dans le Jingbirok), que ce récit compte parmi les raisons pour lesquelles les Japonais renoncèrent à avancer plus au nord ; l’approche de l’hiver ; et les pourparlers de trêve que l’émissaire ming Shen Weijing ouvrit avec lui à l’automne. L’étude de Kenneth Swope consacrée au camp ming (2009) soutient que c’est l’intervention ming sur terre, surtout la reprise de Pyongyang au début de 1593, qui fit basculer la guerre, et que les récits centrés sur Yi Sun-sin et les armées vertueuses la sous-estiment ; il considère néanmoins Hansan comme une victoire importante qui priva le Japon de la maîtrise de la mer. Démêler l’effet d’une seule bataille de tous ces facteurs est difficile.
Les historiens divergent donc à la fois sur l’importance relative de la marine et sur la solidité des preuves d’un plan japonais de ravitaillement par la côte ouest. Ce sur quoi les sources citées ici s’accordent est plus restreint. Hansan donna à Joseon la maîtrise de la mer à l’ouest de Geoje pour le reste de la première invasion et contribua à protéger la plus grande partie de Jeolla et la côte occidentale, tandis que la traversée entre le Japon et Busan restait ouverte et que les armées japonaises du nord dépendaient de communications terrestres vulnérables et de l’approvisionnement local. Combinée aux armées vertueuses, à l’intervention ming et à l’hiver, la maîtrise de ces eaux par Joseon fut l’une des conditions dans lesquelles les Japonais renoncèrent au nord en 1593.
Avancé
Les sources et leurs problèmes
La source la plus détaillée est le propre rapport de Yi Sun-sin à la cour sur la bataille, rédigé dans les jours qui suivirent et plus tard réuni avec ses autres rapports dans les Imjin jangcho. Il donne les itinéraires, les dates, les noms des capitaines qui se distinguèrent et ceux des morts. Il est proche des événements, mais reste le récit qu’un commandant fait de sa propre victoire, et ses chiffres de navires ennemis et de têtes servaient à appuyer des demandes de récompense.
Les archives de la cour coréenne demandent une prudence d’un autre ordre. Les Annales révisées du roi Seonjo furent compilées des décennies après la guerre et incluent des informations de seconde main, comme la rumeur des 9 000 morts japonais. Le Jingbirok de Yu Seong-ryong, écrit après la guerre par un ministre qui avait recommandé Yi pour son commandement, est une interprétation inestimable, mais fusionne parfois des événements : dans son récit de la bataille près de Gyeonnaeryang, il décrit le bateau tortue et Yi atteint à l’épaule gauche par une balle, une blessure que d’autres sources situent à Sacheon, au 5e mois.
Les sources japonaises comprennent les ordres de Hideyoshi et des archives de la maison Wakisaka, comme le récit cité par Wikipédia en japonais sous le titre Kōraisen senki, qui parle des soixante ou soixante-dix navires de Wakisaka et de 39 navires brûlés. Sa date et sa transmission ne sont pas exposées dans les sources utilisées ici ; ses chiffres peuvent donc être placés à côté de ceux du rapport de Yi, mais difficilement mis en balance avec eux. Les deux camps comptaient aussi des choses différentes, comme les navires brûlés, les navires capturés et les navires qui s’échappèrent, si bien que même une comparaison attentive donne des estimations plutôt que des totaux fermes.
Même le lieu exact est incertain. Les cartes et reconstitutions publiées diffèrent : Wikipédia en anglais situe la bataille au large de la côte orientale de l’île de Hansan, et le repère sur la carte de ce site est approximatif. Un reportage de 2019 du Weekly Kyunghyang présente plusieurs propositions antérieures situées dans les eaux entre Tongyeong et Mireukdo, ainsi que la thèse de Park Jong-pyeong, traducteur du journal de guerre de Yi, qui s’appuya sur le Hwagukji, récit du Japon rédigé au XVIIIe siècle par Won Jung-geo, et sur les archives Wakisaka pour situer l’essentiel des combats dans les eaux au nord de l’île, à environ vingt li de Gyeonnaeryang. Cette thèse dépend de la manière dont on convertit les anciennes mesures de distance et n’a pas tranché la question.
Idées clés
- Choisir le champ de bataille
- Yi refusa de combattre dans le détroit étroit et rocheux où les Japonais avaient l’avantage et les attira en pleine mer, où ses navires plus grands et ses canons pouvaient être utilisés.
- La puissance de feu contre l’abordage
- Les navires de guerre de Joseon combattaient à distance, au canon ; les équipages japonais comptaient sur les mousquets et sur l’abordage. Garder la distance décida de la bataille.
- La maîtrise de la mer
- Après Hansan, les Japonais cessèrent de chercher le combat en mer, et Joseon contrôla les eaux à l’ouest de Geoje pendant le reste de la première invasion.
- Avance combinée par terre et par mer (suryuk byeongjin)
- Les auteurs coréens depuis Yu Seong-ryong, ainsi que Hawley, estiment que le Japon entendait faire avancer des forces et du ravitaillement vers l’ouest par mer, parallèlement à ses armées. Ogawa Takaaki met en doute les preuves d’un tel plan de ravitaillement par la côte ouest ; Yi Min’ung, de son côté, met en question la cohérence de la planification navale initiale du Japon.
- Conserver Jeolla
- La maîtrise de la mer par la flotte, jointe à la résistance sur terre comme la défense du col d’Ichi le même jour, contribua à maintenir hors du contrôle japonais Jeonju et la plus grande partie de Jeolla, principale province rizicole et base navale de Joseon, bien que certaines parties, comme Geumsan, aient été occupées.
- L’adaptation
- Les Japonais réagirent en défendant leurs mouillages depuis des positions fortifiées à terre ; les attaques ultérieures de Yi contre Busan et Ungcheon détruisirent des navires mais ne purent briser les positions japonaises.
- Les chiffres dépendent de qui compte
- La taille des flottes, les pertes et même la date diffèrent entre les sources coréennes, japonaises et anglaises ; chaque chiffre doit être lu en tenant compte de son origine.
Notices
- 1591 — Yi Sun-sin devient commandant de la marine de gauche du Jeolla à Yeosu et commence à renforcer ses navires et ses canons.
- 1592 — 13e jour du 4e mois lunaire (23 mai) : la première division japonaise débarque à Busan ; Hanseong tombe environ trois semaines plus tard.
- 1592 — 7e jour du 5e mois lunaire (16 juin) : première victoire de Yi, à Okpo.
- 1592 — 29e jour du 5e mois lunaire (8 juillet) : bataille de Sacheon, première action attestée du bateau tortue.
- 1592 — 8e jour du 7e mois lunaire (14 août) : bataille de l’île de Hansan ; le même jour, Gwon Yul tient le col d’Ichi sur la route de Jeonju.
- 1592 — 10e jour du 7e mois lunaire (16 août) : bataille d’Angolpo. Hideyoshi ordonne ensuite à ses commandants d’éviter le combat en mer.
- 1592 — 1er jour du 9e mois lunaire (5 octobre) : Yi attaque le principal mouillage japonais à Busan mais ne peut prendre le port.
- 1593 — Yi transfère son quartier général sur l’île de Hansan et devient le premier commandant naval des Trois Provinces.
- 1597 — La flotte de Joseon commandée par Won Gyun est détruite à Chilcheollyang, et la base de Hansan est abandonnée.
- 1598 — Yi Sun-sin est tué à la bataille de Noryang alors que les Japonais se retirent.
- 1921 — Le livre de l’amiral George Ballard sur la mer dans l’histoire du Japon fait l’éloge de Yi et diffuse en anglais une version romancée de Hansan.
- 2022 — Sortie du film Hansan : La Bataille du dragon.
Glossaire
- Île de Hansan (Hansando)
- Petite île au large de Tongyeong, sur la côte méridionale de la Corée ; la bataille se déroula dans la mer voisine, et Yi en fit plus tard son quartier général.
- Gyeonnaeryang
- Détroit étroit entre l’île de Geoje et le continent, où l’escadre japonaise mouillait avant la bataille.
- Panokseon
- Principal navire de guerre de Joseon : grand, à hauts bordages et armé de nombreux canons.
- Bateau tortue (geobukseon)
- Navire de guerre de Joseon au pont couvert, avec des canons sur tous les côtés. Seuls quelques exemplaires furent construits, et leur conception exacte fait débat.
- Formation en « aile de grue » (hagikjin)
- Ligne de bataille courbe, comme les ailes déployées d’une grue, utilisée pour encercler l’ennemi et concentrer le feu des canons.
- Chongtong
- Canons de Joseon, de calibres nommés cheonja, jija et hyeonja, tirant de grosses flèches et des boulets.
- Suryuk byeongjin
- « Avance combinée par terre et par mer » : terme employé par les historiens coréens pour désigner la stratégie japonaise que Hansan aurait fait échouer.
- Imjin jangcho
- Recueil des rapports de Yi Sun-sin à la cour de 1592 à 1594, principale source sur ses batailles.
- Samdo sugun tongjesa
- Commandant naval des Trois Provinces (Jeolla, Gyeongsang et Chungcheong), poste confié pour la première fois à Yi Sun-sin en 1593.
- Calendrier luni-solaire
- Calendrier utilisé par Joseon : les mois suivent la lune, et un mois supplémentaire est ajouté de temps à autre pour rester en accord avec l’année solaire. Ses dates doivent être converties dans le calendrier occidental (grégorien), et les ouvrages de référence diffèrent parfois d’un jour.
Questions et réponses
Pourquoi Yi Sun-sin n’a-t-il pas combattu dans le détroit ?
Gyeonnaeryang était étroit et plein de rochers : ses grands navires ne pouvaient pas y tourner facilement, et les Japonais auraient pu s’échapper à terre. En pleine mer, au large de l’île de Hansan, il pouvait utiliser tous ses navires et tous ses canons.
Les bateaux tortues ont-ils gagné la bataille ?
Ils y ont contribué, mais seuls deux ou trois y prirent part. L’essentiel du travail fut accompli par les panokseon ordinaires, qui tiraient au canon.
Combien de navires japonais furent perdus ?
Selon les archives coréennes, 59 navires sur 73 furent détruits ou capturés à Hansan, et Yi écrivit que presque tous les navires, un peu plus de quarante, trouvés à Angolpo deux jours plus tard furent fracassés. Hawley estime le total des deux batailles à une centaine environ. D’autres récits, dont une archive familiale japonaise et l’article de Wikipédia en anglais sur Angolpo, donnent des pertes japonaises plus faibles.
Hansan a-t-elle coupé tout le ravitaillement japonais ?
Non. La principale traversée du Japon vers Busan resta ouverte, et le ravitaillement continua de circuler par voie de terre. Hansan bloqua la route longeant la côte sud-ouest de la Corée et conserva la mer occidentale à Joseon.
Hansan explique-t-elle que les Japonais se soient arrêtés à Pyongyang ?
En partie, tout au plus. Konishi s’était déjà arrêté à Pyongyang environ trois semaines avant la bataille. Yu Seong-ryong pensait que Hansan était la principale raison pour laquelle il n’alla jamais plus loin, mais les attaques de guérilla, la menace ming, l’hiver et les pourparlers de trêve jouèrent aussi un rôle, et certains historiens doutent qu’une route de ravitaillement maritime vers Pyongyang ait jamais été fermement prévue.
Pourquoi certains livres donnent-ils le 15 août, et cette page le 14 août ?
La bataille est datée du 8e jour du 7e mois lunaire. Sa conversion à l’aide de la table de l’institut coréen d’astronomie donne le 14 août 1592. De nombreux ouvrages de référence donnent le 15 août ; la raison de cet écart d’un jour n’apparaît pas clairement dans les sources utilisées ici. Les archives japonaises donnent le 7e jour, selon le calendrier propre au Japon.
Qu’advint-il des Japonais qui s’enfuirent sur l’île de Hansan ?
Environ 400 d’entre eux selon le rapport de Yi Sun-sin (une archive japonaise citée dans une note de la traduction anglaise du rapport en donne environ 200) s’y retrouvèrent bloqués. Won Gyun fut chargé de s’en occuper, mais, selon le récit de Hawley, il se retira après une fausse alerte annonçant l’approche d’une flotte japonaise, et les Japonais gagnèrent l’île de Geoje sur des radeaux faits d’épaves.
Sources et lectures complémentaires
- 조성도, 한산도대첩 (閑山島大捷). Encyclopedia of Korean Culture (Academy of Korean Studies)
- 이장희, 임진왜란 (壬辰倭亂). Encyclopedia of Korean Culture (Academy of Korean Studies)
- 이순신 (李舜臣). Encyclopedia of Korean Culture (Academy of Korean Studies)
- Revised Annals of King Seonjo (선조수정실록), vol. 26, 1st day of the 7th month of the 25th year of Seonjo (1592), entry 9: “Yi Sun-sin defeats the Japanese at Gyeonnaeryang, Goseong”. Annals of the Joseon Dynasty database, National Institute of Korean History
- Yu Seong-ryong (柳成龍), 懲毖錄 (Jingbirok), vol. 1 (classical Chinese text). Wikisource
- Yi Sun-sin, translated by Ha Tae-hung, Imjin Changch’o: Admiral Yi Sun-sin’s Memorials to Court. Yonsei University Press (Internet Archive copy), 1981
- 제1차 침략 (The first invasion), in 동아시아의 역사 (History of East Asia), ch. 4. Northeast Asian History Foundation (동북아역사넷)
- Battle of Hansan Island. Wikipedia
- 閑山島海戦. Wikipedia (Japanese)
- Battle of Angolpo. Wikipedia
- Imjin War. Wikipedia
- Battle of Ichi. Wikipedia
- Samuel Hawley, The Imjin War: Japan’s Sixteenth-Century Invasion of Korea and Attempt to Conquer China. Royal Asiatic Society, Korea Branch; Institute of East Asian Studies, University of California, Berkeley, 2005
- Kenneth M. Swope, A Dragon’s Head and a Serpent’s Tail: Ming China and the First Great East Asian War, 1592–1598. University of Oklahoma Press, 2009
- Ogawa Takaaki (小川隆章), 李舜臣と文禄・慶長の役の海戦に関する考察 (Some Notes on Admiral Yi Sunsin and Naval Battles in Imjin War), research note. Bulletin of International Pacific University 20: 83–88, 2022
- James B. Lewis (ed.), The East Asian War, 1592–1598: International Relations, Violence and Memory (incl. Yi Min’ung, “The role of the Chosŏn navy and major naval battles during the Imjin Waeran”, pp. 120–140). Routledge, 2015
- G. A. Ballard, The Influence of the Sea on the Political History of Japan. John Murray, London (Internet Archive), 1921
- Homer B. Hulbert, The Passing of Korea. Doubleday, Page & Company, New York (Internet Archive), 1906
- 윤호우, 한산대첩 ‘정확한 위치’ 찾았다. Weekly Kyunghyang (주간경향), 2019
- 음양력 변환 계산 (Lunar–solar calendar conversion). Korea Astronomy and Space Science Institute
- Wanli Emperor. Wikipedia
- Nurhaci. Wikipedia
- Hong Taiji. Wikipedia
- Journey to the West. Wikipedia
- Galileo Galilei. Wikipedia
- Michel de Montaigne. Wikipedia
- Greene’s Groats-Worth of Wit. Wikipedia
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Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.