Guerre

Conquête mongole de la dynastie Jin

蒙金戰爭 (Méng–Jīn zhànzhēng)

1211–1234 ·

En une phrase

Entre 1211 et 1234, les Mongols dirigés par Gengis Khan puis par son fils Ögedeï menèrent une longue guerre dévastatrice contre la dynastie Jin, fondée par les Jürchen, qui régnait sur le nord de la Chine. La chute des Jin donna aux Mongols une base à partir de laquelle ils conquirent ensuite toute la Chine.

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Pour les jeunes lecteurs

Il y a environ 800 ans, la dynastie Jin régnait sur le nord de la Chine. Ses chefs étaient des Jürchen, un peuple de Mandchourie qui avait conquis cette région environ cent ans plus tôt. Leur empire était vaste et riche. Il comptait de grandes villes entourées de murailles et des millions de paysans.

Au nord, dans les prairies, vivaient les Mongols. Ils élevaient des chevaux et des moutons et se déplaçaient au fil des saisons. Pendant longtemps, les Jin avaient encouragé les peuples des prairies à se battre entre eux. Mais en 1206, un chef nommé Temüjin unit les tribus mongoles et prit le titre de Gengis Khan.

En 1211, Gengis Khan conduisit ses cavaliers vers le sud. Les Mongols montaient très bien à cheval et tiraient à l’arc. Ils vainquirent une grande armée des Jin. Quelques années plus tard, ils prirent Zhongdu, la capitale des Jin, située là où se trouve Pékin aujourd’hui. L’empereur Jin partit plus au sud, à Kaifeng, mais la guerre continua pendant de nombreuses années.

Gengis Khan mourut en 1227, mais son fils Ögedeï termina la guerre. Les Mongols encerclèrent Kaifeng. Pour défendre la ville, les soldats Jin utilisèrent certaines des premières bombes à poudre du monde. Le dernier empereur Jin s’enfuit. En 1234, quand sa dernière ville tomba, il mit fin à ses jours.

La guerre dura plus de vingt ans et fit beaucoup souffrir la population. Des villes furent détruites. Beaucoup de personnes moururent à cause des combats, de la faim ou des maladies, ou s’enfuirent vers le sud. Ensuite, les Mongols régnèrent sur le nord de la Chine. Plus tard, Kubilai, petit-fils de Gengis Khan, fonda la dynastie Yuan et fit de Pékin sa capitale.

En bref

Dates
1211–1234, avec des interruptions ; principales phases en 1211–1215, 1217–1223 et 1229–1234
Lieu
Nord de la Chine : régions correspondant aujourd’hui au Hebei, à Pékin, au Shanxi, au Shandong, au Henan et aux territoires voisins
Belligérants
Empire mongol, avec des alliés khitans, chinois han et d’autres peuples, ainsi que les Song du Sud à la fin, contre la dynastie Jin
Chefs mongols
Gengis Khan, Muqali, Djebé, Subötaï, Tolui et Ögedeï Khan
Chefs des Jin
Les empereurs Wanyan Yongji, Xuanzong et Aizong ; le général Wanyan Heda
Événements clés
Yehuling (1211), chute de Zhongdu (1215), Sanfengshan (1232), siège de Kaifeng (1232–1233), chute de Caizhou (1234)
Issue
Disparition de la dynastie Jin ; domination mongole sur le nord de la Chine
Principales sources
Histoire secrète des Mongols, Jin shi, Yuan shi, rapports des envoyés Song et chroniques persanes

Facile

Qu’est-ce que la conquête mongole des Jin ?

La conquête mongole des Jin fut une guerre de plus de vingt ans entre le nouvel Empire mongol et la dynastie Jin, qui régnait sur le nord de la Chine. Elle commença avec l’invasion menée par Gengis Khan en 1211 et se termina en 1234, lorsque le dernier empereur Jin mourut à Caizhou, dans l’actuel Henan.

Ce fut l’une des premières grandes campagnes de l’Empire mongol et la plus longue des guerres de Gengis Khan. Au cours de cette guerre, les Mongols apprirent progressivement à assiéger des villes fortifiées et à administrer des populations agricoles sédentaires. Elle ouvrit aussi la voie à la conquête mongole des Song du Sud et à la fondation de la dynastie Yuan.

La guerre se déroula dans les plaines densément peuplées du nord de la Chine. Outre les combats, elle provoqua de vastes destructions, des famines et des épidémies. Son souvenir diffère beaucoup selon qu’on se trouve en Mongolie, en Chine ou ailleurs.

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Facile

L’empire des Jin

La dynastie Jin fut fondée en 1115 par Wanyan Aguda, un chef jürchen de Mandchourie révolté contre la dynastie Liao des Khitans. Les Jürchen détruisirent les Liao en 1125, puis attaquèrent les Song. En 1127, ils prirent leur capitale, Kaifeng, et capturèrent deux empereurs Song. Les Song se replièrent au sud du fleuve Huai, tandis que les Jin régnèrent sur le nord de la Chine. Le nom « Jin » signifie « or ».

L’empire Jin rassemblait plusieurs peuples. Les Jürchen formaient une petite minorité dirigeante organisée militairement en unités héréditaires. Les Khitans, les Bohai et d’autres peuples occupaient des fonctions importantes, mais la grande majorité des habitants étaient des paysans et des citadins chinois han. Les Jin adoptèrent de nombreuses institutions chinoises, dont les examens de recrutement des fonctionnaires, et transférèrent leur capitale principale à Zhongdu, sur le site de l’actuelle Pékin, en 1153.

Vers 1200, l’empire Jin était vaste et peuplé, mais il affrontait de graves difficultés : un changement désastreux du cours du fleuve Jaune en 1194, des problèmes financiers dont l’inflation du papier-monnaie, des tensions entre les sujets jürchen et les autres, ainsi qu’une guerre contre les Song de 1206 à 1208.

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Facile

Pourquoi les Mongols attaquèrent-ils ?

Les Jin cherchaient depuis longtemps à contrôler les peuples de la steppe mongole en soutenant certaines tribus contre d’autres et en menant parfois des expéditions punitives. Selon la tradition mongole rapportée dans l’Histoire secrète des Mongols, un empereur Jin avait fait exécuter le chef mongol Ambaghai, parent des ancêtres de Gengis Khan. Ce grief fut invoqué pour justifier une vengeance.

En 1206, Temüjin unit les tribus mongoles et turciques de la steppe et fut proclamé Gengis Khan. Il attaqua ensuite le royaume tangoute des Xia occidentaux, qui se soumit en 1209–1210. Les Jin perdirent ainsi l’État qui protégeait leur frontière occidentale. Quand le nouvel empereur Jin, Wanyan Yongji, monta sur le trône et envoya des émissaires exiger sa soumission, Gengis Khan aurait répondu par un refus méprisant.

Les historiens relèvent plusieurs motifs au-delà de la vengeance : les richesses du nord de la Chine, qui pouvaient récompenser les chefs mongols et leurs hommes ; la nécessité de maintenir unie et fidèle la nouvelle confédération grâce à des campagnes victorieuses ; et la volonté de mettre fin aux interventions des Jin dans la steppe. Certains spécialistes de l’histoire environnementale ont aussi suggéré qu’un climat exceptionnellement favorable dans la steppe au début du XIIIe siècle avait accru les pâturages et le nombre de chevaux disponibles pour les Mongols. Cette hypothèse reste toutefois à l’étude.

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Facile

1211–1215 : Yehuling et la chute de Zhongdu

En 1211, Gengis Khan conduisit son armée à travers le désert de Gobi. Lors de la campagne de Yehuling, la « crête du Renard sauvage », au nord-ouest de Zhangjiakou dans l’actuel Hebei, les Mongols vainquirent des forces Jin bien plus nombreuses. Les sources Jin et mongoles donnent des effectifs très élevés et contradictoires : la taille des armées demeure donc incertaine. Les Mongols percèrent en direction du col de Juyong, qui donnait accès à Zhongdu.

Pendant les deux années suivantes, des colonnes mongoles menèrent des raids dans le Hebei, le Shanxi et le Shandong. Elles prirent de nombreuses villes, mais les quittèrent souvent ensuite. Certains officiers Jin et sujets khitans passèrent du côté mongol. Un Khitan nommé Yelü Liuge se révolta en Mandchourie et s’allia à Gengis Khan. En 1213, le général Jin Hushahu assassina l’empereur Wanyan Yongji, et un nouvel empereur, Xuanzong, monta sur le trône.

En 1214, Xuanzong conclut la paix : il envoya une princesse épouser Gengis Khan et lui remit d’importantes quantités d’or, de soie et de chevaux. Puis, craignant pour sa sécurité, il transféra sa cour vers le sud, à Kaifeng. Gengis Khan y vit une rupture de l’accord et reprit la guerre. Après un long siège marqué par la famine dans la ville, Zhongdu se rendit en 1215. La ville fut pillée et en grande partie incendiée. Les récits évoquent de nombreux morts, mais leur nombre exact est inconnu.

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Intermédiaire

1217–1227 : la guerre d’usure de Muqali

En 1217, Gengis Khan se tourna vers l’ouest pour combattre l’Empire khwarezmien. Il confia la guerre en Chine à son général de confiance Muqali, auquel il donna le titre de guowang, « prince de l’État », et une armée mongole relativement modeste, renforcée par des troupes khitanes, jürchen et chinoises han. Muqali avança méthodiquement, prenant les villes du Hebei, du Shanxi et du Shandong les unes après les autres.

Les chefs locaux jouèrent un rôle essentiel pendant cette période. À mesure que l’autorité des Jin s’effondrait, de puissantes familles du nord de la Chine levèrent des milices pour défendre leurs districts. Beaucoup, notamment Shi Tianze, Zhang Rou et Yan Shi, passèrent aux Mongols, qui confirmèrent leur pouvoir héréditaire sur leurs territoires. D’autres, comme les rebelles aux « manteaux rouges » du Shandong, changèrent plusieurs fois de camp entre Jin, Song et Mongols. La guerre devint ainsi une lutte complexe pour la survie dans le nord.

Les Jin aggravèrent leur situation en déclenchant de nouvelles guerres contre les Song, de 1217 à 1224, et contre les Xia occidentaux. Ils espéraient trouver dans le sud les ressources perdues dans le nord. Muqali mourut en 1223 et l’avancée mongole ralentit. Gengis Khan mourut à son tour en 1227, pendant une dernière campagne contre les Xia occidentaux, détruits cette année-là.

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Intermédiaire

1229–1234 : Ögedeï, Sanfengshan et la chute de Kaifeng

Ögedeï fut choisi comme grand khan en 1229 et décida d’en finir avec les Jin. Ceux-ci avaient rétabli leurs défenses le long du fleuve Jaune et dans les cols de l’ouest. Ils remportèrent plusieurs victoires, notamment à Daohuigu en 1231. Les Mongols préparèrent alors une attaque sur trois fronts. Ögedeï avança depuis le nord, tandis que son frère Tolui mena une armée dans une vaste marche de contournement à travers le territoire Song, dans la région de Hanzhong, afin d’entrer dans le Henan par le sud-ouest.

Au début de 1232, la force plus réduite de Tolui, suivie par la principale armée Jin commandée par Wanyan Heda, évita le combat jusqu’à ce que les soldats Jin soient épuisés et manquent de nourriture. À Sanfengshan, pendant une tempête de neige, les Mongols attaquèrent et détruisirent cette armée. La bataille mit pratiquement fin à la capacité des Jin de combattre en rase campagne.

Les Mongols, désormais commandés par Subötaï, assiégèrent Kaifeng à partir du printemps 1232. Les défenseurs employèrent des armes à poudre, notamment des « bombes au fracas du tonnerre » lancées par des catapultes et des « lances à feu volantes ». Ces armes comptent parmi les premiers exemples attestés d’un tel usage à la guerre. Une épidémie éclata dans la ville surpeuplée. L’histoire officielle des Jin affirme qu’en une cinquantaine de jours, plus de 900 000 corps furent emportés hors des portes. Les historiens accueillent ce chiffre avec prudence, mais il témoigne de l’ampleur de la catastrophe.

L’empereur Aizong quitta Kaifeng à la fin de 1232. En 1233, Cui Li, le commandant laissé sur place, rendit la ville. Selon des récits postérieurs, Yelü Chucai persuada Ögedeï de ne pas massacrer sa population. Les Song du Sud, qui voyaient une occasion de venger la perte du nord un siècle plus tôt, s’allièrent aux Mongols. Une armée Song commandée par Meng Gong participa au siège de Caizhou, où Aizong s’était réfugié. Au début de 1234, tandis que la ville tombait, Aizong transmit le trône à un parent et se donna la mort. Son successeur mourut au combat le même jour : la dynastie Jin avait pris fin.

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Intermédiaire

Le coût humain

La guerre fut dévastatrice pour les habitants du nord de la Chine. Les villes qui résistaient subissaient parfois des massacres destinés à intimider les autres. Des prisonniers étaient poussés devant les armées pour combler les fossés ou manœuvrer les machines de siège. Des champs furent abandonnés lorsque les paysans s’enfuirent ou furent enrôlés. Les sièges et l’exode entraînèrent famines et épidémies, qui firent probablement plus de morts que les batailles.

L’ampleur des pertes démographiques est très débattue. Les registres Jin du début du XIIIe siècle recensaient plusieurs millions de foyers, et des chercheurs estiment que la population atteignait peut-être quarante à cinquante millions de personnes. Le premier recensement mongol du nord de la Chine, dans les années 1230, ne releva qu’environ un million de foyers. Cet écart considérable ne représente pas simplement le nombre de morts : beaucoup de gens s’étaient enfuis vers les territoires Song au sud, d’autres étaient devenus les dépendants de nobles mongols ou de seigneurs locaux et avaient disparu des registres de l’État, tandis que le désordre administratif empêchait d’en compter beaucoup. Des historiens comme James Waterson mettent en garde contre l’idée d’assimiler cette différence au nombre de morts, tout en reconnaissant que la mortalité fut énorme.

Une histoire célèbre, racontée dans l’inscription funéraire de Yelü Chucai, affirme que certains responsables mongols proposèrent de vider le nord de la Chine de ses habitants pour en faire des pâturages. Chucai aurait convaincu Ögedeï qu’imposer les paysans rapporterait davantage. Que ce récit soit exact ou non, il reflète un véritable passage du pillage à la fiscalité et à l’administration.

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Intermédiaire

Conséquences

La chute des Jin donna aux Mongols le contrôle du nord de la Chine, de sa population, de ses réserves de céréales, de ses artisans et de ses ingénieurs. Les spécialistes chinois et khitans des sièges, ainsi que les administrateurs, devinrent indispensables aux campagnes mongoles suivantes. Dès 1234, une tentative des Song pour reprendre les anciennes capitales de Kaifeng et de Luoyang provoqua une guerre entre les Mongols et les Song. Ce conflit ne s’acheva qu’avec la conquête mongole de toute la Chine en 1279.

La conquête façonna aussi l’administration de la Chine mongole. Sous Ögedeï, Yelü Chucai organisa des bureaux fiscaux et un recensement. Des terres et des foyers furent attribués en apanage aux princes mongols. Les familles des chefs locaux ralliés aux Mongols conservèrent leur puissance pendant des générations. Quand Kubilai Khan fonda la dynastie Yuan en 1271, il bâtit sa capitale, Dadu, près des ruines de Zhongdu. C’est de là que vient le rôle de Pékin comme capitale du pays.

Pour les Jürchen, la chute des Jin marqua la fin de leur premier empire, mais pas de leur histoire. Près de quatre siècles plus tard, le chef jürchen Nurhaci donna à son nouvel État le nom de Jin postérieurs, en 1616, en souvenir de l’ancienne dynastie. Ses successeurs renommèrent leur peuple « Mandchous » et leur État « Qing », puis conquirent la Chine.

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Intermédiaire

Comment différents peuples se souviennent de la guerre

En Mongolie, la guerre fait partie du récit de la création de l’État mongol par Gengis Khan. Celui-ci est honoré comme le fondateur de la nation, particulièrement depuis la fin du régime socialiste en 1990. L’Histoire secrète présente les campagnes en partie comme une vengeance des torts commis autrefois par les Jin, en soulignant l’unité et la loyauté des Mongols.

Dans la tradition historique chinoise, le tableau est plus complexe. Dans les années 1340, la dynastie Yuan elle-même fit rédiger les histoires officielles des Liao, des Jin et des Song, considérant les trois comme des dynasties légitimes. Gengis Khan reçut le nom de temple Taizu en tant que fondateur de la lignée Yuan. Par la suite, des auteurs chinois déplorèrent souvent la destruction du nord. Le poète Yuan Haowen, qui survécut à la chute de Kaifeng, écrivit des poèmes émouvants sur la ruine des Jin et s’efforça de préserver leur histoire. Aujourd’hui, en République populaire de Chine, les Jürchen et les Mongols sont tous deux considérés comme faisant partie du passé pluriethnique de la Chine. Gengis Khan est parfois présenté comme une figure de l’histoire chinoise, une interprétation contestée en Mongolie.

Pour les Song du Sud, la chute des Jin apparut d’abord comme une revanche après l’humiliation de 1127. Les restes d’Aizong auraient été rapportés et présentés au temple des ancêtres de la famille impériale Song. Mais les Song se retrouvèrent bientôt face à un voisin bien plus dangereux. En Corée, l’effondrement de la puissance Jin poussa des réfugiés khitans et les représentants de l’éphémère royaume des Xia orientaux vers la péninsule. Cela entraîna les premiers contacts du royaume de Goryeo avec les troupes mongoles et une opération commune en 1218–1219, puis les invasions mongoles du Goryeo à partir de 1231.

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Avancé

Sources primaires

L’Histoire secrète des Mongols, seul grand récit rédigé par des Mongols au XIIIe siècle, présente leur point de vue, mais reste brève et parfois vague sur les campagnes contre les Jin. Sa date de composition est elle-même débattue. Le Shengwu qinzheng lu chinois, « Relation des campagnes personnelles de l’empereur sacré et martial », et l’histoire persane de Rashid al-Din, écrite au début du XIVe siècle, conservent des traditions mongoles apparentées.

Le Jin shi, ou Histoire des Jin, et le Yuan shi, ou Histoire des Yuan, sont les histoires dynastiques officielles. Le Jin shi fut compilé en 1343–1344 sous la direction du principal ministre Yuan, Toqto’a, à partir d’archives Jin et de documents recueillis par des survivants comme Yuan Haowen. Le Yuan shi fut compilé à la hâte en un an environ par la cour des premiers Ming, en 1369–1370, et comporte des incohérences. Les deux ouvrages emploient des chiffres et des formules conventionnels qu’il faut examiner avec esprit critique.

Les témoins de l’époque apportent des précisions précieuses. Des envoyés Song rédigèrent des rapports sur les Mongols, notamment le Mengda beilu de Zhao Hong, en 1221, et le Heida shilüe de Peng Daya et Xu Ting, dans les années 1230. Des témoins Jin, comme Liu Qi dans ses mémoires Guiqian zhi, décrivirent le siège et la chute de Kaifeng. Des inscriptions, telle l’épitaphe de Yelü Chucai, conservent la biographie de responsables, même si elles tendent à faire leur éloge.

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Avancé

Historiographie et débats

Pourquoi les Jin sont-ils tombés ? Les explications traditionnelles insistaient sur la supériorité militaire mongole : cavalerie mobile, discipline et stratégie impitoyable. Les historiens actuels ajoutent les faiblesses internes des Jin — coups d’État à la cour, crise financière, inflation du papier-monnaie et poids des guerres sur plusieurs fronts — et surtout le ralliement de chefs khitans, chinois han et même jürchen. Ceux-ci apportèrent aux Mongols de l’infanterie, des ingénieurs et une connaissance du terrain. L’adaptation des Mongols à la guerre de siège, grâce à des techniques chinoises et centrasiatiques, est considérée comme un tournant dans l’histoire de leur empire.

Gengis Khan avait-il dès le départ l’intention de conquérir le territoire ? Les premières campagnes mongoles en Chine ressemblaient souvent à de grands raids : les Mongols prenaient des villes, puis repartaient avec du butin et des captifs. Certains historiens, dans la lignée de l’étude classique de H. Desmond Martin publiée en 1950, décrivent une évolution progressive des raids vers la conquête systématique sous Muqali et Ögedeï. D’autres soulignent que les ambitions de Gengis Khan à l’est furent toujours vastes, mais que les Mongols ne disposèrent des moyens nécessaires pour occuper le territoire qu’après avoir recruté des alliés locaux.

L’ampleur des destructions reste contestée, comme le montrent les chiffres de population. Les récits anciens présentaient les Mongols comme exceptionnellement destructeurs. Les travaux plus récents, sans minimiser les atrocités, étudient les migrations, les méthodes de recensement et les effets des épidémies, et comparent les pratiques mongoles à celles des autres armées de l’époque. Le concept de « dynasties de conquête », introduit par Karl Wittfogel et Feng Jiasheng dans leur étude des Liao publiée en 1949, a structuré les débats sur les Liao, les Jin, les Yuan et les Qing, ainsi que sur la mesure dans laquelle leurs dirigeants se sont « sinisés » ou ont conservé des identités distinctes. Les Jin, à la fois dynastie conquérante et dynastie conquise, occupent une place centrale dans ces discussions.

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Batailles (4)

  1. bataille de Yehuling1211
  2. Bataille de Zhongdu1215
  3. siège de Kaifeng1232–1233
  4. siège de Caizhou1233–1234

Idées clés

Steppe et terres cultivées
La guerre opposa un empire de cavaliers nomades à un État agricole très peuplé.
Du raid à la conquête
Les campagnes mongoles en Chine évoluèrent des raids de pillage vers une occupation organisée.
Ralliements et chefs locaux
Les chefs khitans, chinois han et jürchen qui changèrent de camp jouèrent un rôle crucial dans la victoire mongole.
Guerre de siège et poudre à canon
Les sièges de Zhongdu et de Kaifeng conduisirent les deux camps à employer des techniques de siège élaborées et les premières armes à poudre.
Pillage ou impôt
Des conseillers comme Yelü Chucai encouragèrent les Mongols à imposer les paysans plutôt qu’à détruire la population agricole.
Dynasties de conquête
Les dynasties Jin et Yuan furent toutes deux fondées par des peuples venus d’au-delà de la frontière nord de la Chine.
Des chiffres incertains
Les effectifs des armées et les nombres de morts donnés par les sources sont peu fiables ; les historiens les traitent donc comme des indications approximatives.

Notices

  1. 1115 — Wanyan Aguda fonde la dynastie Jin.
  2. 1127 — Les Jin prennent Kaifeng et capturent deux empereurs Song ; les Song se replient vers le sud.
  3. 1206 — Temüjin est proclamé Gengis Khan.
  4. 1210 — Les Xia occidentaux se soumettent aux Mongols ; Gengis Khan rejette l’exigence de soumission du nouvel empereur Jin.
  5. 1211 — Les Mongols envahissent le territoire des Jin et les vainquent lors de la campagne de Yehuling.
  6. 1214 — Les Jin concluent la paix au moyen d’une alliance matrimoniale et d’un tribut, puis transfèrent leur cour à Kaifeng.
  7. 1215 — Zhongdu se rend et est mise à sac.
  8. 1217 — Muqali reçoit le commandement de la guerre en Chine.
  9. 1227 — Gengis Khan meurt ; les Xia occidentaux sont détruits.
  10. 1232 — Les Mongols détruisent l’armée Jin à Sanfengshan et assiègent Kaifeng.
  11. 1233 — Kaifeng se rend ; les Song s’allient aux Mongols.
  12. 1234 — Caizhou tombe ; l’empereur Aizong meurt et la dynastie Jin prend fin.

Glossaire

Jürchen
Peuple de Mandchourie qui fonda la dynastie Jin et dont les Mandchous furent plus tard les descendants.
Dynastie Jin
Dynastie fondée par les Jürchen qui régna sur le nord de la Chine de 1115 à 1234.
Khan / grand khan
Titre porté par un souverain des peuples de la steppe ; le grand khan régnait sur l’ensemble de l’Empire mongol.
Khitans
Peuple qui fonda la dynastie Liao avant d’être conquis par les Jürchen.
Xia occidentaux
État tangoute du nord-ouest de la Chine, détruit par les Mongols en 1227.
Zhongdu
La « capitale centrale » des Jin, située sur le site de l’actuelle Pékin.
Song du Sud
Dynastie chinoise qui régna sur le sud de la Chine après 1127, puis fut conquise par les Mongols en 1279.
Apanage
Terres et foyers accordés à des membres de la famille régnante pour assurer leurs revenus.
Bombe au fracas du tonnerre
Ancienne arme explosive à poudre employée par les défenseurs Jin.

Questions et réponses

Qui étaient les Jin ?

Les Jin formaient une dynastie fondée par les Jürchen, un peuple de Mandchourie. Ils régnèrent sur le nord de la Chine de 1115 à 1234.

Pourquoi la guerre dura-t-elle si longtemps ?

Le nord de la Chine comptait de nombreuses villes fortifiées et des millions d’habitants. Au début, les Mongols menaient des raids sans occuper durablement les territoires. Gengis Khan partit combattre en Asie centrale. Pour vaincre les Jin, les Mongols durent apprendre à conduire des sièges et recruter des alliés locaux.

Les Mongols utilisaient-ils la poudre à canon ?

À Kaifeng, ce furent surtout les défenseurs Jin qui utilisèrent des bombes à poudre et des lances à feu. Les Mongols adoptèrent bientôt ces techniques et recrutèrent des ingénieurs capables de les mettre en œuvre.

Combien de personnes moururent ?

Personne ne le sait. Les chiffres des registres de population chutèrent fortement, mais cette baisse tient en partie aux fuites et à la disparition de personnes des registres. Les historiens s’accordent à dire que la guerre, les famines et les maladies causèrent un très grand nombre de morts.

Quel rôle les Song jouèrent-ils ?

À la fin de la guerre, les Song du Sud s’allièrent aux Mongols et aidèrent à prendre Caizhou en 1234. Mais presque aussitôt après, les Song et les Mongols entrèrent en guerre.

Les histoires officielles des Yuan et des Jin sont-elles fiables ?

Elles sont indispensables, mais furent compilées un siècle plus tard, très rapidement dans le cas du Yuan shi. Elles contiennent des chiffres conventionnels et des contradictions. Les historiens les comparent donc aux sources mongoles, persanes et song.

La dynastie Jin était-elle chinoise ?

Elle fut fondée par les Jürchen, mais régnait sur une population majoritairement chinoise han et utilisait de nombreuses institutions chinoises. La tradition chinoise la considère comme une dynastie légitime. Les historiens débattent du degré de sinisation de ses dirigeants.

Sources et lectures complémentaires

  1. Mongol conquest of the Jin dynasty. Wikipedia
  2. Jin dynasty (1115–1234). Wikipedia
  3. Battle of Zhongdu. Wikipedia
  4. Siege of Kaifeng (1232). Wikipedia
  5. Yelü Chucai. Wikipedia
  6. The Secret History of the Mongols. Wikipedia
  7. Yuan Haowen. Wikipedia
  8. History of Jin. Wikipedia
  9. Herbert Franke and Denis Twitchett (eds.), The Cambridge History of China, Vol. 6: Alien Regimes and Border States, 907–1368. Cambridge University Press, 1994
  10. H. Desmond Martin, The Rise of Chingis Khan and His Conquest of North China. Johns Hopkins Press, 1950

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Rédigé avec l’aide de l’IA à partir des sources publiées ci-dessus et révisé au fil des nouvelles recherches.

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